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Retraites, austérité, services publics et économie de guerre… Quel chemin pour une mobilisation victorieuse ?
Alors que se prépare le trentième anniversaire de la dernière grève reconductible qui dura trois semaines durant l’hiver 1995, il est bon d’en rappeler le bilan : retrait d’une réforme des retraites, chute du gouvernement Juppé, paralysie politique des ambitions patronales jusqu’à la dissolution du Parlement décidée par le Président Chirac amenant au pouvoir une majorité PS/PC/Verts et Jospin au poste de Premier ministre. Une grève reconductible, c’est comme un tsunami en faveur des travailleurs et travailleuses !
L’ambition de Juppé était de faire subir aux fonctionnaires et aux travailleureuses du secteur public la même défaite que Balladur avait imposée, hélas sans résistance, aux seuls salarié·es du privé deux ans plus tôt. Diviser pour mieux régner, classique. Mais voilà cheminot·es, salarié·es d’Edf, enseignant·es, fonctionnaires territorialeaux et hospitalier·es refusent de plier. Trois semaines de grève reconductible, avec autant d’Assemblées générales dans les services, de manifestations monstres sous la neige, de blocages audacieux autour des préfectures et au bout la dernière victoire syndicale sérieuse avant de repartir sur des journées de grève isolées dès 2010 qui finiront par échouer…jusqu’à aujourd’hui.
La guerre ? Quelle chance !
Sur fond de crise majeure provoquée par une rivalité exacerbée entre bourgeoisies internationales dominantes et expansions impérialistes décomplexées, le risque accru de guerre offre au gouvernement Macron le motif idéal pour aggraver les politiques d’austérité, de destruction des services publics et des acquis sociaux. La fanfare patriotique se déchaîne : mais êtes-vous prêt·es à vous sacrifier pour les parts de marchés des multinationales et des actionnaires gavés de dividendes ?
Un calendrier pour mobiliser
En 2023 malgré des journées de manifestations monstres Macron a pu imposer la retraite à 64 ans avec 43 années de cotisations pour un taux plein. La cause de la défaite est connue : pas de grève reconductible, pas d’AG démocratiques pour décider du lendemain. Pas d’impulsion suffisante de l’intersyndicale mais pas d’élan non plus venant de la base. Comment reconstruire la confiance collective, celle qui fit merveille en 1995 ? En redonnant voix à la colère populaire, en retrouvant le chemin de la grève pour les salaires et contre les injustices patronales, en reconstruisant un réseau de solidarité autour des syndicats combatifs, entreprise par entreprise, ville par ville. Les fédérations syndicales de la fonction publique doivent donner une pleine dimension à la journée du 3 avril qui manque cruellement de visibilité alors que la date approche. Le secteur privé peut profiter de cette date pour rejoindre les cortèges. Le Premier Mai, pour rituel qu’il soit trop souvent devenu, doit être préparé d’une manière exceptionnelle. Reste la date du 5 juin qui est dans le viseur. A l’occasion d’une niche parlementaire le NFP déposerait un projet de loi abrogeant la réforme des retraites. Si nous n’avons aucune illusion sur l’efficacité des joutes parlementaires pour gagner, cette date offre cependant une visibilité sur laquelle s’appuyer pour relancer la nécessité de la lutte. Et pourquoi pas réussir un mouvement de grève prolongé et victorieux avant l’été !