COMMUNIQUÉ UCL NANTES
Depuis plusieurs jours se jouent devant nos yeux des événements qui appellent à une organisation conséquente du camp de l'égalité et de l'émancipation.
Un mouvement de protestation de policiers, ayant commencé à Marseille et s’étendant à plusieurs villes, s'installe avec l'appui de leur hiérarchie. D'abord à travers le directeur général de la police national, Frédéric Veaux et l'approbation du préfet de Paris, Laurent Nuñez. Ensuite par le ministre de l'Intérieur, qui dit comprendre la "colère" et la "tristesse" des policiers.
Cette protestation, se concrétise entre autre par des arrêts maladies déposés de manière collective sans que le pouvoir actuel n'y trouve quelque chose à y dire. Là où les travailleurs.ses grévistes sont jeté.es en pâture, traité.es de preneur d'otage, coupables d'utiliser un droit légitime.
Nous rappelons que les victimes des exactions de la police sont souvent, mutilées, traumatisées, et meurent sous les coups et les tirs de la Police. Pourtant, la simple application de la loi face à ces abus et ces violences est contestée par ces policiers. Au point que des magistrats se sentent obligés de rappeler l'existence de la séparation des pouvoirs en France.
Le séparatisme dont fait état ce corps, censé en République française garantir l'état de droit, est sans contrôle.
Rappelons nous les syndicats de police appelant au "combat contres [l]es nuisibles", il y a moins d'un mois. Ils réclament désormais entre autres choses, la "sauvegarde de l'intégralité des revenus du policier poursuivi", la mise en place d'une justice d'exception en adaptant, aux bénéfices des policiers, l'article 144 du code de procédure pénale relatif au placement en détention provisoire, ou encore la "généralisation de l'anonymisation". Là encore, le ministre de l'Intérieur soutiendrait ces revendications.
Avec un gouvernement qui sait qu'il ne tient que par la répression policière, et qui assume tout, les policiers savent qu'ils ont le pouvoir de leur côté, pour se penser hors de tout contrôle.
Il n'y a pas de fatalité, notre camp social a su maintenir pendant des mois une lutte massive et d'ampleur face à ce pouvoir.
Tirons les leçons de nos échecs passés et organisons-nous en conséquence pour mettre en œuvre une riposte populaire et de masse
Il est du devoir des révolutionnaires d'unir leurs forces pour contribuer à cette lutte, parmi celles et ceux qui subissent ce système policier répressif, et arracher les victoires nécessaires qui nous permettrons d'aller plus loin : en finir avec ce système.
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Racisme d’État à Mayotte : Obsédés par le ventre des femmes
A Mayotte, alors que l’opération Wuambushu fait ses ravages sur les populations comoriennes, l’Agence régionale de santé cible le ventre des femmes en annonçant un programme de proposition massive de stérilisations.
Depuis fin avril, le département français de Mayotte est le théâtre de l’opération répressive dite Wuambushu, visant à expulser 10 000 personnes étrangères en situation irrégulière en deux mois, à créer deux centres provisoires de rétention et à détruire des quartiers entiers au prétexte qu’il s’agit « d’habitations informelles » [1].
Simultanément à cette opération militaro-policière, l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte présentait un plan d’action « sur la maîtrise de la natalité à Mayotte ».
La natalité des comoriennes pointée du doigt
Le département mahorais connaît le taux de natalité le plus élevé de France : en 2022, il a vu naître 10 730 bébés pour un territoire de 310 000 habitant·es. Le taux de fécondité y est de 4,2 enfants par femme tandis qu’il est de 1,8 en métropole. Trois quarts des naissances y sont données par des femmes étrangères Comoriennes, la plupart arrivées clandestinement dans le département, ce qui n’a rien d’étonnant puisque la moitié des habitant·es de l’île de Mayotte seraient de nationalité étrangère, c’est-à-dire originaires de l’une des trois autres îles de l’archipel des Comores.
Mayotte est aussi le département le plus pauvre de France (77 % des habitant·es vivent sous le seuil de pauvreté national) et un département où règne une loi d’exception : en 2018, la loi « Asile et immigration » a instauré une modification du double droit du sol (qui attribue la nationalité française aux enfants nés en France dont l’un·e des parents au moins est également né·e en France) en y ajoutant un frein spécifique au territoire mahorais. Il faut désormais que l’un des deux parents puisse prouver qu’il ou elle réside en France de manière régulière et ininterrompue depuis plus de trois mois pour que l’enfant puisse prétendre naître français.
A ces restrictions discriminatoires du droit du sol, l’Agence régionale de santé de Mayotte vient de proposer d’ajouter, pour limiter la « croissance démographique », une mesure visant spécifiquement les femmes : fin mars, elle a annoncé que des stérilisations (ligature des trompes) seraient systématiquement proposées aux jeunes mères, mahoraises et comoriennes, venant accoucher au Centre hospitalier de Mayotte (CHM), prises en charge dans les services de Protection maternelle et infantile (PMI) ou par les sages-femmes du secteur libéral.
Les discours développés après 1945, mettant en avant la natalité des colonisé·es comme cause de la misère, et la « surpopulation des DOM » comme frein à leur modernisation et à leur développement, sont toujours aussi vivaces [2]. Cette rhétorique désigne les femmes comoriennes et mahoraises comme responsables de la situation sociale de l’archipel. Sur cette base, l’État colonial français s’octroie le droit de contrôler leurs corps et leur natalité ! Ainsi l’Agence régionale de santé de Mayotte vient d’annoncer pour limiter la « croissance démographiqie » que des stétilisations seraient systématiquement proposées aux jeunes mères mahoraises et comoriennes.
Destruction des services publics
L’ARS avance même que la croissance démographique engendrerait une « pression importante » sur les services de santé mahorais, alors que c’est le manque de moyens – généré par la destruction systématique des services publics de soins, et une gestion néocoloniale et raciste - qui est à l’origine de cette situation. Une seule maternité est fonctionnelle à Mayotte, et elle est en sous-effectif chronique de soignant·es [3].
Ce sont les Comoriens et Comoriennes, et parmi elles les Mahoraises et Mahorais, qui en font les frais : le taux de mortalité infantile est, à Mayotte, de 10,1 pour 1 000 enfants, contre 3,7 en métropole. Au-delà des chiffres de la natalité, c’est la mort que la présence française produit : la Cimade estimait en 2016 à plus de 12 000 le nombre de personnes décédées en tentant de traverser la mer entre Anjouan et Mayotte [4].
Si l’ARS du département promet d’améliorer « la sensibilisation et l’accès à la contraception masculine et féminine » et de massifier la distribution gratuite de préservatifs sur le territoire, on peut être sûr que la proposition phare et le levier central de cette politique demeurera la stérilisation, moins coûteuse, plus rentable, définitive...
Cette mesure s’inscrit dans l’histoire longue du contrôle racialisé de la natalité dans les (ex)-colonies françaises, étudiée par Myriam Paris en ce qui concerne la Réunion (voir encadré). S’il ne peut être assimilé purement et simplement aux avortements et stérilisations forcées pratiquées à l’époque à la Réunion, le projet de l’ARS de proposer systématiquement la stérilisation en constitue sans aucun doute une version actualisée néolibérale.
Dans celle-ci, on se paie le luxe de faire croire que le consentement des femmes serait recueilli : rassurons-nous, l’opération sera réalisée uniquement sur « celles qui le souhaitent ». On peut faire l’hypothèse que la réalité du dispositif sera toute autre : pression (« bienveillante » ou plus directement contraignante), mensonges ou approximations sur l’opération, ses conséquences et son irréversibilité, fausses promesses ou flou laissé sur la perspective d’obtenir une régularisation administrative... tout sera fait pour qu’elles cèdent.
Mais ne nous y trompons pas : on ne peut pas consentir quand on est aux prises avec le pouvoir colonial.
Camille (UCL Paris Nord-Est)
QUAND L’HISTOIRE COLONIALE SE REPETE
Le travail de Myriam Paris (docteure en sciences politiques), paru dans son livre Nous qui versons la vie goutte à goutte, met en lumière les pratiques qui ont cours à partir des années 1960 et pendant plus de vingt ans : alors qu’en France dite métropolitaine, les pouvoirs publics promeuvent une politique nataliste et, pour ce faire, maintiennent l’interdiction de l’avortement et la pénalisation de la publicité pour les produits contraceptifs, la réduction de la natalité est au contraire, encouragée à la Réunion.
Des dispositifs de contrôle de la fécondité des Réunionnaises pauvres et racisées sont mis en place tant par les pouvoirs publics que par des acteurs privés. Ces dispositifs prennent la forme de multiples violences qui leur sont infligées, notamment l’injection de produits ayant des effets indésirables graves et avérés, des stérilisations et des avortements forcés et cachés. Ces pratiques ont lieu au moins jusqu’aux années 1980.
Myriam Paris, Nous qui versons la vie goutte à goutte. Féminismes et économie reproductive : une sociohistoire du pouvoir, Dalloz, 2020
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Дезертиры всех стран, соединяйтесь!
Дезертириі всіх країн, єднайтеся!
Deserters of the world, unite!
#NoWarButClassWar #NeitherWashingtonNorMoscow #deserters #saboteurs #WarResisters #DropFoodNotBomb
#ClassUnity #ClassPride #ClassWar
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#PresseLibre
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En mai des travailleur·ses de la santé #BlackRoseRosaNegra sont allé·es à la Convergence pour une santé autonome, voici le résultat de leur réflexion : S'emparer de l'hôpital mais comment ? en écho à la revendication #UnionCommunisteLibertaire de socialisation du secteur de la santé.
blackrosefed.org/seize-the-hos…
Seize the Hospitals! …But How?
In May of 2023 several Black Rose / Rosa Negra (BRRN) militants organizing in the healthcare sector attended the Health Autonomy Convergence (HAC) in Durham, North Carolina. This is their collective reflection on and analysis of the event and of the prospects for radical labor organizing in healthcare more generally.
By Healthcare Worker Members of BRRN Labor Committee
Last May, 200 anti-authoritarian healthcare workers gathered together in Durham, North Carolina for the first Health Autonomy Convergence. With many more healthcare workers wanting to attend but unable to, because capacity was reached within a day of registration opening, this event speaks to a huge desire for radical political approaches among healthcare workers. This is unsurprising, given what we have been through since the beginning of the pandemic, and the failures of the racist capitalist system we see everyday as we try to provide care in this broken world.
The fact that this was a conference specifically for healthcare workers, rather than a gathering to discuss healthcare abstractly or theoretically, was an important feature. We believe it is critical to encourage an organizing orientation among radicals, which means shifting the focus from the WHAT (like the issue of healthcare), to the WHO (like healthcare workers). As healthcare workers, we need spaces to connect with others who share the same needs and struggles as us, and who face the same healthcare industry bosses that we need to build power against.
Among anarchists in the US, an organizing orientation is rare. It is more common for anarchists and the anarchist-adjacent to be oriented toward the activist world of issue-based projects and ideologically-closed collectives. This is neither surprising nor limited just to anarchists, given that most communities in the US today are cut off from any memory of sustained and transformative collective struggle. The norm in the US left is spectacle: protests or marches, often organized by professional activists, that appeal to the media or “the public” without a critical engagement with who has the power to meet our demands. US anarchists may take these protests up a notch on the street, but many still lack a coherent sense of how a demonstration might build power for the mass of people. More recently, anti-authoritarian political projects are largely internally focused, with emphasis on how we speak and how to decolonize our individual thoughts and social relations. There is an unquestioned sense of resignation that the thing we need — an actual anarchist social revolution — is a hopelessly unrealistic vision to be invoked only as rhetoric, rather than something toward which we can make practical progress here and now.
Among anti-authoritarian healthcare workers, political projects tend toward street medic collectives, DIY herbalism projects, efforts to change the way we speak with our patients, or maybe a writing and propaganda project with other radical healthcare workers. These kinds of activist projects made up the majority of the sessions at HAC as well. These projects can indeed make useful contributions, but without a conscious plan for how to connect them with a broader movement that builds and wields the power of healthcare workers, and without an active process for reaching out to and bringing in previously unpoliticized healthcare workers, these projects often end up creating an insular subculture: separated from society, rather than engaged in struggle within it. Without a mass movement that can actively embrace the vast swaths of dissatisfied health workers by offering a genuine strategy to challenge the horrific conditions we face and, more broadly, to attack the murderous capitalist healthcare system that creates these conditions, we will remain isolated and largely powerless.
As BRRN members, we were motivated to participate in HAC to share what an organizing perspective within healthcare can look like. We wanted to show that there is an alternative to the default activist model, and share how healthcare workers can take simple steps toward organizing — a necessary step in a strategy for systemic change and ultimately social revolution.
At HAC, the slogan chosen by the conference organizers was: “Seize the Hospitals”. We agree wholeheartedly, both in sentiment and real practical terms. We agree because seizing hospitals is something that we actually can do, if we are powerful and organized enough to pull it off. If we are going to liberate our healthcare system and turn it into something that is controlled by the workers, patients, and neighborhoods, then as healthcare workers we do need to physically seize the hospitals. But at HAC we unfortunately did not see how this slogan could become reality, outside of a couple historical discussions of past movements. The idea of radical change, of mass collective action, of seizing the hospitals, of revolution, remains an abstract slogan if there isn’t an explicit connection to what we are doing in the here and now.
To build our vision of collective organization in healthcare, we put together a panel for the convergence during which healthcare workers shared their experiences with organizing at work. With panelists speaking to a range of experiences — a unionized nurse in a major urban hospital striking and organizing to transform the union, a non-union nurse in a home care setting talking about her first steps in organizing, a social worker discussing a successful campaign to unionize in a right-to-work state, and a nurse talking through the challenges of a stalled campaign at an academic hospital in the south — our hope was to give practical examples of what organizing in healthcare can look like and motivation to start something similar. From the conversation during the workshop and responses after, it seems to have worked: people were able to make connections to their own workplace experiences and asked for advice on dealing with their own challenges. After seeing how other healthcare workers managed to build power and make changes in their hospitals, they said that they felt more inspired and capable to take action themselves.
We paired this panel on organizing experiences with a workshop breaking down the steps of workplace organizing in healthcare and showing how it is an essential part of revolutionary struggle. Workplace organizing is outside of most healthcare workers’ experiences in an era when unionization is near rock-bottom lows and online activism often takes the place of rooted social movements. We believe it is important to re-introduce workers to basic tools like workplace mapping, one-on-ones, and building an organizing committee, and to practice these together so we can work through the anxieties of doing this challenging work with our co-workers. This workshop landed a little more unevenly. A couple of people in the workshop expressed discomfort with the model of organizing one-on-ones, when we have intentional conversations with our co-workers to listen, agitate, and invite them to take action. Their concern was that it felt manipulative to go into a conversation with a goal and with the intention of asking somebody to join an organizing campaign. Since we can’t do much in life without asking other people to do things with us, this felt like a disempowering and disappointing response. But other workshop participants said they found the organizing skills to be useful and practical.
Not only are these skills often not available to radicals, but when they are available, they are usually disconnected from any revolutionary project. Unions use and teach organizing skills, but most often to grow their own top-down bureaucracies, and they pointedly separate these practical skills from any kind of political content. Our intervention at HAC aimed to demonstrate how organizing skills can be used to build democratic self-organization, and how they can be combined with political education and class-wide fights to create movements that challenge the state and capitalism.
Participating in HAC was also an opportunity for us to understand the conditions of healthcare workers across the country, as well as opportunities and challenges for organizing. We learned there is a strong desire for radical and militant organizing from within healthcare. We saw that a group of healthcare workers were willing to put in months of labor to create this three day conference, and that hundreds were excited to travel from across the country to participate. We met a few comrades who do movement organizing with unions or campaigns like the Do No Harm Coalition and DPH Must Divest. However, the majority of anarchist-sympathizing conference attendees were not oriented toward mass organizing, or strategically building power, whether for lack of interest or lack of opportunity.
We see this orientation as reflecting a huge unmet need to build structures for mass organizing, for organizing outside of our narrow social circles, for organizing that aims to build power. We believe we should continue to develop and promote real-world examples of radical organizing models in healthcare, so that we can show how organizing can be both a more sustainable way of developing supportive culture and a way to build and wield our own power. Relatedly, the relatively small number of attendees who were union members speaks to the low union density in healthcare (even though it is higher than in many industries). We need to organize in spaces like this where we reach non-union healthcare workers, along with organizing within union member spaces like Labor Notes.
Approaching the convergence with our orientation toward mass organizing for power, we saw the trends in left and anarchist activism reflected at HAC concerning and sobering. At the same time we see the existence of such a conference, and the work the organizers and participants were willing to put in to make it happen, to be a hopeful sign of the potential for healthcare workers to fight together for a revolutionary future. We hope that HAC is part of a growing and developing trend toward militant organizing in healthcare.
If you enjoyed this article, we also recommend Healthcare Workers: Back-to-Work Strikes Can Put Health Before Profit and How You and Your Co-Workers Can F*ck the Police.
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Hadjadji : « No Crypto. Comment Bitcoin a envoûté la planète »
Alors que les crypto-actifs (souvent mal nommés « cryptomonnaies ») servent concrètement, et malheureusement très efficacement, de véhicule de dissémination à l’idéologie libertarienne et de propagation d’une pensée économique très réactionnaire, trop peu de gens sont activement en lutte contre cette industrie, qui profite du flou laissé par la technique pour duper le grand public, et de la mode du solutionnisme technologique pour séduire les dirigeants.
Jusqu’à fin mai 2023, il n’y avait pas encore d’ouvrage de référence, un minimum critique, en français sur le sujet. C’est enfin le cas avec No Crypto. Comment Bitcoin a envoûté la planète, de Nastasia Hadjadji.
Dès l’introduction l’autrice situe son propos : « Ce livre propose une lecture politique des crypto-actifs ancrée dans la Théorie Critique d’Internet, une discipline des sciences sociales qui met en lumière les structures de pouvoir qui s’expriment à travers le code et les technologies, en insistant sur la place de l’idéologie dans la diffusion de ces objets ». Oui, le sujet des crypto-actifs est politique, et doit être traité comme tel. Ceux et celles pour qui ce n’est pas une évidence en seront convaincu·es par l’autrice au fil des six chapitres que comporte l’ouvrage et dont les titres laissent peu de place à l’ambiguïté : « Le culte de Bitcoin », « Les racines d’une e-déologie », « L’âge d’or de l’arnaque », « Le désastre écologique », « Crypto-colonialisme et inclusion prédatrice », et pour finir de planter le clou : « Politique du Bitcoin ».
En effet, No Crypto est un ouvrage complet, qui va de l’analyse sociologique des utilisateurs et utilisatrices des crypto-actifs jusqu’à l’analyse politique des principes intrinsèques au fonctionnement des technologies sous-jacentes, en passant par des analyses approfondies des usages qui en sont faits, à tous les niveaux : économique (arnaques), écologique (énergie et pollution), social (inclusion prédatrice), géopolitique (néo-colonialisme).
Le dernier chapitre est en quelque sorte une forme condensée et mise à jour du livre de 2016 de David Golumbia, The Politics of Bitcoin, Software as Right-Wing Extremisn, dont je recommande également la lecture.
Agréable surprise pour les libertaires, contrairement à la plupart des travaux critiques sur les crypto-actifs, ici l’autrice dit explicitement que la dichotomie présentée dans les discours des crypto-adeptes entre un État autoritaire et un marché libre dérégulé est une « alternative simplificatrice » qui sert à « éluder le fait que l’on peut tout à la fois critiquer la coercition organisée par les États et l’industrie des cryptos ». Nastasia Hadjadji montre effectivement très bien dans son livre les accointances des États capitalistes avec l’industrie des crypto-actifs au même titre qu’avec le reste de la finance, dont cette industrie ne se démarque finalement pas vraiment, si ce n’est en poussant à leur paroxysme ses concepts les plus pernicieux…
Ce n’est pas au lectorat d’Alternative libertaire qu’on va l’apprendre : une émancipation réelle n’est pas permise sans se défaire pour de bon de toutes formes d’autorités imposées, que ce soit par un État ou par une puissance privée à travers un marché. Par définition, s’émanciper nécessite en effet de se défaire de tout asservissement, quel qu’il soit. Refuser le monde ultra-individualiste de compétition sauvage promis par les technologies basées sur des blockchains ne veut pas dire faire l’apologie du système bancaire capitaliste, et ça ne veut certainement pas dire non plus faire l’apologie de l’État. En tant que libertaires, il nous est indispensable de lutter contre cette fausse dichotomie systématiquement présente dans les discours des crypto-adeptes. La lecture de No Crypto vous donnera tous les outils pour argumenter dans ce sens.
Pablo (UCL Saint-Denis)
Nastasia Hadjadji, No Crypto. Comment Bitcoin a envoûté la planète, Divergences, 2023, 220 pages, 16 euros.
#Melbourne #AustraliaAnarchy #AustraliaRevolution
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Dejean : « Sciences-Po, l’école de la domination »
Émile Boutmy, publiciste, en 1872, voulut réimplanter une élite en utilisant son réseau de connaissances et tisser une toile qui émettrait un modèle de pensées pour la nation. Cette école des sciences politiques naissait dans un contexte de reconquête de l’État après la Commune de Paris de 1871.
En 1945, elle obtint un statut hybride, entre le privé et le public. Sciences Po devint un pot d’incubation, une matrice d’une domination tentaculaire qui forma pléthore de hauts fonctionnaires, de cadres de partis ou de ministres. Sa sphère d’influence dépassa le cadre de l’administration publique et s’étendit aux médias, aux grandes entreprises et aux cabinets de conseil. Cette institution développa des concepts et des modes de pensées des classes supérieures, formant alors une complicité idéologique qui se partagea le spectacle politicien. Science-po est un appareil idéologique d’état pour une domination de classe, qui se caractérise par une absence de remise en cause du système global et du capitalisme.
Le projet de 1872 est sans ambiguïté : « Nos discordes civiles ont suggéré d’autres réflexions. La médiocrité des connaissances et des vues dans notre bourgeoisie nous ont paru l’une des causes principales qui expliquent son discrédit et sa faiblesse auprès des classes inférieures, et nous avons déploré qu’elle n’eût pas autre chose que des lieux communs conservateurs à opposer aux lieux communs révolutionnaires de la foule ». L’institution était bien une machine de guerre idéologique pour embastiller les classes dites inférieures dans un moule de pensées que distilleraient tous les rouages de la société. Former un bloc homogène, assurer une permanence d’une domination de classe telle devait être la force du projet, mais aussi sa faiblesse, entraînant une déconnexion avec la société civile. Un ouvrage à lire pour mieux combattre les formes et les conditions de la domination idéologique de la bourgeoisie.
Dominique Sureau (UCL Angers)
Mathieu Dejean, Sciences-po l’école de la domination, La Fabrique, mars 2023, 160 pages, 14 euros.
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Ain : Privé de manifestation, un député RN porte plainte
Dans l’Ain des camarades de l’UCL ont été poursuivi par le député Rassemblement National local après avoir empêché celui-ci ainsi que d’autres militants du RN, de se joindre à la manifestation intersyndicale contre la réforme des retraites. Chaque séquence de mobilisation fournit un test de la capacité des organisations du mouvement social à résister aux avancées du néo-fascisme.
Dans l’Ain, territoire gangrené par l’extrême droite, les fascistes sont réunis principalement autour du FN/RN, dont le chef de file local, Jérôme Buisson, est actuellement député. Ce dernier incarne plus largement une stratégie insidieuse de noyautage et de confusion. Aussi fait-il partie des quelques dirigeants de ce parti qui, en dépit des déclarations publiques des principaux syndicats refusant sans équivoque la présence du FN/RN dans les cortèges syndicaux, ont malgré tout tenté de s’y introduire. Le député s’est présenté dans la manifestation en arborant son écharpe tricolore, le tout accompagné d’une dizaine de ses sbires. Il s’agissait pour lui de se faire valoir ensuite sur les réseaux sociaux, opportunément et à moindre coût, comme un opposant à Macron et à sa contre-réforme des retraites.
Entrave à la liberté de circulation
Ayant constaté cette présence, plusieurs camarades, notamment de notre groupe local UCL Ain, ont empêché le député RN de réitérer cette provocation à partir de la manifestation du 31 janvier. Ce jour-là, les fascistes ont en effet été sortis du cortège, au simple moyen de la mise en place spontanée d’une chaîne humaine faisant face aux indésirables.
Sans surprise, la stratégie a consisté ensuite pour le RN à se victimiser et à intimider ses adversaires en tirant profit du nouveau statut « d’autorité publique » du député fasciste Buisson : dépôt de plainte pour entrave à manifester, pour injure, pour outrage et enfin pour violence sur personne dépositaire de l’autorité publique ; communication publique cherchant à isoler et diaboliser ses opposants, allant même jusqu’à invoquer sans rire la « liberté de circulation ». Sans surprise, le dossier contre les camarades étant vide, les poursuites ont été abandonnées depuis, ceux-ci n’écopant finalement que d’un « avertissement pénal probatoire » (nouvelle version du « rappel à la loi »).
Notons que cette décision revient à reconnaître malgré tout le délit d’ « entrave concertée avec voie de fait à l’exercice de la liberté de manifestation ». C’est un nouvel exemple du fonctionnement de la justice bourgeoise : à défaut d’un quelconque élément matériel (note : pour qu’il y ait un tel délit, il aurait fallu qu’il y ait des « menaces », lesquelles n’ont jamais été proférées), mais simplement pour ne pas perdre la face…
Fort soutien du mouvement social local
Quelle analyse effectuer de cet épisode au-delà de ces dimensions juridiques ? D’un côté, les camarades qui ont pris en charge l’éviction du FN/RN ont pu se sentir quelque peu isolés en situation pratique, notamment lorsqu’il s’est agi de s’interposer physiquement ou encore lorsqu’il a fallu expliquer le pourquoi de cette éviction à des manifestant.es parfois obnubilés par la cible « Macron » au point de ne pas comprendre le jeu d’alliance objective entre les néo-libéraux et l’extrême droite. Ces réactions (ou non-réactions) ont montré que les valeurs antifascistes sont fragiles si on les considère à un niveau individuel et sont donc toujours à défendre et à cultiver pratiquement, y compris par un travail au niveau de l’organisation des SO dans les cortèges intersyndicaux.
D’un autre côté, en particulier lorsque les militantes et militants syndicaux et antifascistes ont été ciblé·es par la répression policière, les différentes organisations du mouvement social, syndicats en tête, ont fait preuve d’un réflexe de solidarité salutaire : l’intersyndicale de l’Ain a soutenu sans réserve les camarades mis en cause, en appelant notamment à un rassemblement devant le commissariat le jour des convocations ; rassemblement qui s’est avéré être un succès, réunissant entre 50 et 100 personnes (syndicalistes de Solidaires, de la CGT ou encore de la FSU, militants et militantesS de diverses organisation de gauche, camarades de l’UCL Grenoble venus en soutien…).
En définitive, ces épisodes sont l’occasion pour le mouvement social dans son ensemble de réaffirmer la solidarité antifasciste. Ils donnent également l’occasion de réaliser un travail d’agit-prop en profitant d’une audience étendue. Car évidemment, les fascistes du RN ne seront jamais nos alliés, ils sont même le pire ennemi de la classe ouvrière. No pasaran !
UCL Ain
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Nos camarades d'#AnarchistCommunistGroup seront à plusieurs salons du livre radicaux et anarchistes, à Hull en le 12 août, à Dorset et à Londres le 7 octobre et à Peterborough le 14 octobre, à Manchester le 4 novembre et au London Radical Bookfair (? novembre) et à l'Amsterdam Anarchist Bookfair (25-26 novembre).
radar.squat.net/en/event/hull/…
dorsetbookfair.wordpress.com
anarchistbookfair.london
peterboroughradicalbookfair.co…
bookfair.org.uk
londonradicalbookfair.wordpres…
anarchistbookfairamsterdam.bla…
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n°20 du trimestriel #AnjouLibertaire
#Nahel ; Pas de fachos aux Halles d’#Angers, Retour sur le mouvement contre la réforme des retraites, Contre la guerre défendons nos intérêts de classe, Débrayages chez #Scania, Les intérimaires aussi peuvent lutter, Morts au travail ça suffit, Sous-effectifs insupportables au CHU, Clément Méric ni oubli ni pardon, Victoire pour Vincenzo
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Pour s'abonner à #AlternativeLibertaire c'est 20 ou 30€ #NoCrypto : boutique.unioncommunistelibert…
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#NoWarButClassWar #ClassUnity #ClassPride #ClassWar
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Si vous en connaissez d'autres, indiquez les en commentaires !
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Attaques en série contre des locaux syndicaux : construisons des ripostes unitaires de syndicalistes notamment via Vigilance et Initiative Syndicales Antifascistes (VISA) visa-isa.org/categorie/visa-lo… mais aussi les collectifs antifas locaux !
unioncommunistelibertaire.org/…
Attaques en série contre des locaux syndicaux
N’ayant pas réussi à récupérer à son compte la lutte contre la réforme des retraites, l’extrême droite a attaqué plusieurs fois depuis le début du mouvement, des blocages d’université ainsi que des piquets de grève.
Depuis quelques mois, les attaques se multiplient contre des syndicalistes et des locaux syndicaux.
Le 18 mars, à Fontaine, en banlieue grenobloise, un militant PCF, syndiqué à la CGT, a vu sa maison ciblée par des attaques antisémites.
La semaine suivante, des tags nazis étaient découverts sur le local de la CGT et le local PCF était victime d’une tentative d’incendie !
Le 19 juin, à Nantes, des syndicalistes de Solidaires reçoivent un appel d’un homme proférant des insultes racistes, antisémites, anti-syndicalistes et fascistes ainsi que des menaces de mort !
Le 21 juin, à Guingamp, les locaux de la CGT sont (encore une fois, après une première attaque début avril) la cibles de tags nazis (croix celtiques).
Récemment, suite à des affrontements après une dédicace de Zemmour à Brest, celui-ci a porté des attaques médiatiques contre la CGT demandant notamment l’arrêt de toutes les subventions à ce syndicat.
La multiplication de ces attaques, qui montrent que l’extrême droite est aussi l’ennemi mortel des travailleurs, doit nous alerter et nous appeler à la vigilance.
Construisons des ripostes unitaires de syndicalistes notamment via Vigilance et Initiative syndicales antifascistes (Visa).
Benjamin (UCL Orléans)
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#AustraliaAntifa #ClassUnity #ClassPride #Classwar
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Alors qu'une énième série d'#ArretsMaladie et de 562 touchent la #PoliceNationale l'édito d'#AlternativeLibertaire juillet/août : les factieux sont en réalité dans le camp du pouvoir tandis qu'Alliance et UNSA veulent éliminer les « nuisibles ».
Nos forma sécu militantes continuent !
unioncommunistelibertaire.org/…
Face aux factieux (25 juin)
Le parti au pouvoir avait beau avoir qualifier celles et ceux qui protestaient contre la réforme des retraites de « factieux » et de « factions », il ne trompe personne. Les factieux sont en réalité dans le camp du pouvoir.
L’énième meurtre policier, justifié par une armée d’éditorialistes et de communicants selon un schéma bien rodé, accentue les volontés factieuses de ceux qui appellent à la « guerre civile » ou à la « guerre raciale ». Les syndicats policiers ne se cachent plus et suggèrent, dans un vocabulaire génocidaire, d’éliminer les « nuisibles ».
De fait, le pouvoir, soutenu par une armée de fonctionnaires en arme et acquis largement aux idées factieuses, termine sa mue illibérale. Face à cette ces velléités, la protestation sociale, l’indignation, la colère ne suffisent pas. Car il faut que ce mouvement de fond, protéiforme, encore confus mais bien réel, se saisisse de la question démocratique. Non pas celle des vieux schémas éculés et de la culture de parti, ni même celle d’une vieille culture révolutionnaire amoureuse des leçons doctrinaires et des débats sur les virgules. Mais un saisissement démocratique qui prenne appui sur une culture qui reste à bâtir et qui puisse fédérer, structurer et éduquer les individus dans la lutte et dans la prise directe sur leur quotidien.
Les adhésions qui affluent dans les syndicats, ou les milliers de révolté·es dans la rue contre la violence policières, sont le signe de ces puissantes aspirations qu’il reste à façonner collectivement.
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Le sommaire du dossier d'#AlternativeLibertaire disponible encore 1 mois en kiosque ou auprès de groupes locaux (5€, pour s'abonner 20€ (tarif précaires) ou 30€ boutique.unioncommunistelibert…).
- Bilan d’un mouvement social exceptionnel : Podomètre explosé, grèvomètre mitigé
- Cinq mois de lutte sans répit
- La prochaine fois, on réussira (la grève reconductible) !
- Comme un disque rayé : Les discours sur “les-directions-syndicales-qui-trahissent”
- Réseau pour la grève générale : moins de bluff svp
- Union syndicale Solidaires, radicaliser sans perdre l’unité
- Une FSU qui oscille entre la cogestion et la lutte
- SNCF : On n’est pas fatigué·es !
- Pour accumuler des forces, la CGT doit changer par la base
- Mais quelle mouche a donc piqué la CFDT ?
- Cortège de tête et syndicats : À Lyon, ça bouge de part et d’autre de la ligne
- Violences policières : Ensauvagement de la répression macroniste
- Préparer les batailles futures : Il est grand temps d’opter pour le communisme et l’autogestion
- L’UCL dans la bataille des retraites
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à lire ou l'écouter sur notre site unioncommunistelibertaire.org/… surtout si tu souhaites nous rejoindre ou si tu as des questions.
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