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Le Puy-en-Velay : la librairie Les arts enracinés aux racines bien fascistes
« Je lève la main façon salut hitlérien dans une vidéo, mais je ne suis pas nazi »… C’est juste de l’humour, affirmait le gérant de l’officine « les arts enracinés » au Puy-en-Velay. Comme Dieudonné, en 2012, faisant monter sur scène un homme déguisé en déporté pour remettre au négationniste Faurisson le « prix de l’infréquentabilité » il s’agissait d’humour ! Disons le clairement nous ne partageons pas tous les formes « d’humour » surtout quand elle révèle la véritable personnalité de son auteur.
Maxime Sanial est le numéro trois d’une liste, « Europe forteresse », très marginale dans le lot des prétendant-es aux sièges européens.
Cette liste est portée par Pierre-Marie Bonneau, avocat au barreau de Toulouse, et si elle ne recueillera que quelques miettes de suffrages des nostalgiques de la France de Pétain, le gérant de cette librairie ponote ne peut plus se cacher derrière sa couverture d’un honorable commerce. Derrière l’avocat, qui n’hésite pas à citer Hitler ou Maurras lors de ses plaidoiries en défense des bébés nazillons et autres négationnistes, qui ne cache pas non plus sa filiation avec les mouvements fascistes français de l’entre-deux-guerres, l’engagement du soi-disant libraire est clair.
Il ne peut plus se cacher son adhésion aux pires idéologies meurtrières derrière une banale librairie défendant les traditions françaises. Le triste sire de l’idéologie national-socialiste usait et abusait de la liberté de commerce pour cacher ses penchants nauséabonds. Il se dévoile lui-même disant, dans un article paru sur Zoom 43 (« Européennes : L’ultra nationalisme a son candidat ponot ») : « Mon commerce a pignon sur rue. Et il commence à fédérer un certain nombre de personnes de la région. Si mettre ma vie professionnelle au service de la cause politique que nous défendons, si ma boutique permet d’établir un relais pour les nationalistes, alors c’est parfait. ». Il reconnaît comme les militant-es antifascistes le disent depuis l’ouverture de son commerce que son officine est bien le lieu de relais de tous les fachos du coin qui s’y sentent comme un poisson dans l’eau, béant d’admiration devant toute la littérature terrifiante que l’on croyait reléguée dans les caves des suprémacistes.
La liste « Europe forteresse » n’est qu’une insupportable attaque contre étranger-es et leurs descendant-es, mais aussi les femmes.
Quelques morceaux choisis :
« Non seulement nous voulons arrêter l’immigration, mais plus encore l’inverser, lance le patron de la librairie ponote. C’est ça que nous appelons la remigration. C’est organiser le retour des populations étrangères dans leur pays d’origine de la manière la plus pacifiée possible. » dit Maxime Sanial. Remarquons dans ce projet de déportation l’utilisation du « possible » pour ce qu’il appelle la « remigration ». Il est clair que la force est sous-entendue. C’est ce qu’on fait les nazis en Allemagne poussant les juifs à quitter le pays « pacifiquement » par des lois racistes, la peur et les spoliations, avant de les déporter.
« Nous n’allons pas les envoyer au Groenland, mais les ramener là où ils devraient être. C’est rétablir ce qui est de la normalité, à savoir que les peuples vivent sur leurs terres, tout simplement » rajoute-t-il. Tout simplement… aveu d’une paresse intellectuelle pour qui travaille avec des livres ! Les peuples et les cultures ne sont pas figés et la « normalité » n’est pas plus la fixation sur un territoire que l’enfermement derrière des forteresses. D’ailleurs tous ceux qui l’ont voulu, comme la Chine avec sa grande muraille, l’Empire romain avec son limes et les pays de l’Est avec le Rideau de fer ont fini par s’écrouler.
À propos des couples, il ne craint pas de vouloir contrôler la vie privée des personnes… comme les idéologies totalitaires en s’appuyant sur un ordre soi-disant naturel. « Les lois doivent être en accord avec la nature. Et l’ordre naturel des choses sur le sujet, c’est un homme avec une femme ». Son « ordre naturel » n’est qu’une resucée des veilles théories de quelques intellectuels fatigués du 21e siècle qui ne voyait le couple uniquement comme une force de reproduction de la « race » pour les nationalistes ou comme une reproduction de la force de travail pour les capitalistes. Dans les deux cas les femmes à la maison faisant téter un lait pur aux futurs soldats pour l’un, libérant les bras de l’homme pour qu’il se tue à l’usine pour les autres. D’ailleurs, celui qui se voit peut-être déjà siéger à Strasbourg parle d’une « aide aux mères de famille ». Il s’agit bien d’une aide pour que ces sauvageonnes libérées d’un mâle dominant restent à la maison pour torcher le cul des marmots. Puis « l’abolition de l’avortement » et probablement plus tard des moyens de contraceptions et pourquoi un retour à la ceinture de chasteté ?
Le programme de cette liste, qui tiendrait sur un vieux timbre-poste, vantant les mérites de la France coloniale n’oublie pas de demander l’abrogation des lois mémorielles et antiracistes. Une idée fine pour ces fadas de la liberté d’expression quand elle est limitée à leurs seules opinions ; tout contrôler permettant de lâcher complètement leur racisme et leur antisémitisme.
Réaffirmons notre exigence de fermeture de ces locaux fascistes !
En piochant ses trois idées dans les eaux nauséabondes d’un passé qui n’est pas passé, le numéro trois de cette liste ultra-nationaliste ne cache pas ses intentions. Les quelques miettes d’adeptes du bras levé qu’il ramassera lors des élections ne devraient pas nous inquiéter, ni même faire l’objet d’un article. Pourtant : l’officine continue d’exposer, de vendre toute cette littérature qui influence aussi les auteurs d’attentats terroristes d’extrême droite, les attaques contre les personnes racisées. Depuis deux ans le valeureux croisé, avec ses conférences, monte régulièrement d’un cran dans la surenchère provocatrice. Malgré les alertes et les rassemblements, pourquoi les autorités d’État, la mairie du Puy et la justice laissent-elles faire ?
Enfin, si cette librairie ravit les amateurs de chants hitlériens, de beuverie sous les drapeaux de la Waffen SS, le véritable danger n’est pas leur folklore viriliste de suprémaciste. Ils sont le petit arbrisseau qui cache la vaste forêt du RN et de ses alliés qui disent la même chose mais d’une manière plus nuancée, plus soft et surtout qui risque un jour d’être à la tête de l’état.
Demander la fermeture de ces lieux immondes que sont les locaux fascistes n’est pas une atteinte aux libertés, mais une manière de les sauver.
Union communiste libertaire, 4 juin 2024
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Agressions par des neo-nazis à Montpellier : l’extrême droite n’aura jamais sa place dans nos fêtes populaires
Ce samedi soir 1er juin, pendant la fête des fanfares, fête populaire vieille de 30 ans à Montpellier, une dizaine d’individus du Bloc Montpelliérain, groupuscule neo-nazi local, masqués et encapuchonnés, ont arpenté les rues des quartiers des Beaux-Arts et de Boutonnet, ciblant des personnes à violenter en raison de leurs origines, leur confessions religieuses, leurs orientations sexuelles ou leurs engagements politiques.
Cette milice fasciste a encore laissé libre cours à sa haine : altercation avec des festivalier·es supposé·es de gauche ou racisé·es, agression violente dans le dos d’un syndicaliste, lancers de projectiles sur un stand tenu par des femmes voilées, téléphone cassé d’une passante qui filmait. Plus tôt dans la journée, c’est une personne transgenre et syndicaliste qui a été menacée, prise à partie et filmée par le même groupe au Parc Meric.
Après avoir imposé leur terreur pendant plusieurs dizaines de minutes, ils ont fui les lieux sans être interpellés ou contrôlés.
Ces agressions font suite à de nombreuses autres violences et intimidations dont la liste s’est allongée cette dernière année en toute impunité, encouragées par l’inaction du gouvernement et les dérives islamophobes de différents partis. Nous sommes et resterons pleinement mobilisé·es pour renvoyer aux poubelles de l’histoire ces idéologies rances et ceux qui tentent de propager et d’imposer un ordre de terreur ancien et funeste.
Nous dénonçons les agissements violents, racistes, sexistes, homophobes et transphobes de l’extrême-droite, qu’ils s’expriment derrière un costume trois-pièces à l’Assemblée nationale ou sous forme d’expéditions punitives de gros bras dans nos rues. Ce n’est pas la première action du Bloc Montpelliérain : ils s’affichent sur internet agressant des individus isolés à plusieurs reprises et ont menacé des journalistes sur une manifestation des Agriculteurs en début d’année.
Nous apportons toute notre solidarité aux personnes agressées hier lors d’une fête populaire qui rassemble les habitants et habitantes de Montpellier autour de la musique et de valeurs humanistes et de partage.
Nous nous interrogeons sur la facilité avec laquelle ces individus dangereux ont passé les contrôles pour s’introduire et surtout s’enfuir de l’évènement. Nous serons particulièrement vigilant·es sur les suites que le procureur de la République donnera aux plaintes qui ont été et qui seront déposées.
Pas de fascistes dans nos quartiers !
Signataires :
Athlétique club Asteras Montpellier, la Carmagnole, CNT 34 ESS, Football du peuple, FSU 34, Gauche Écosocialiste 34, Jeune Garde Montpellier, LDH Montpellier, LFI 34, MRAP de Montpellier, NPA L’Anticapitaliste 34, Parti de Gauche 34, Révolution Permanente 34, SUD éducation 34, Solidaires étudiant-e-s 34, ,Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo,; Union communiste libertaire, Union Départementale Solidaires 34, UL CGT Montpellier, Rusf 34, Le Poing Levé Montpellier
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Netanyahou sur LCI : la France tend le micro à un génocidaire
On croit rêver, ils osent tout. Alors que l’écrasement sanglant de la Palestine se poursuit, le Premier ministre israélien a été invité à défendre sa politique à une heure de grande écoute, sur une chaîne du Groupe Bouygues.
Jeudi 30 mai, les chaînes TF1 et LCI, toutes deux propriétés du goupe Bouygues ont consacré trente minutes de leur JT de 20 heures à un « entretien exclusif » avec Benyamin Netanyahou, Premier ministre d’Israël contre lequel la Cour pénale internationale envisage de délivrer un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Cette invitation est une honte absolue.
Darius Rochebin, le journaliste qui a mené l’interview, a repris telle quelle la rhétorique israélienne, en qualifiant d’« erreur » le bombardement d’un camp de refugié·s le 26 mai, qui a tué plus de 45 personnes et fait plus de 200 blessés. Il ne s’agit pas d’une erreur. L’armée israélienne ne commet pas d’erreurs. Elle commet un génocide.
Mais qu’a dit Netanyahou durant trente minutes ? Il s’est adressé directement aux Français, dans leur langue, en adaptant sa rhétorique au contexte français. Il parle de Samuel Paty, d’islamisme, mettant sur le même plan le Hamas (mouvement nationaliste religieux mais correspondant à une résistance anticoloniale) et Daech (mouvement djihadiste totalitaire et de caractère colonial).
La théorie du « choc des civilisations » nous a été servie sur un plateau télé directement par un criminel de guerre. C’est du jamais-vu, le Premier ministre d’un État terroriste s’adressant directement au peuple d’un autre pays pour l’assurer que : « Notre victoire, c’est votre victoire. C’est la victoire des civilisations judéo-chrétiennes, contre la barbarie, c’est la victoire de la France. »
Quand Netanyahou amalgame antisionisme et antisémitisme, quand il enrôle, malgré elles et eux, les Juifs du monde entier dans sa croisade meurtrière, quand il les enjoint de soutenir l’État et la politique d’Israël, il les prend en otage et les met en danger.
Nous ne sommes pas dupes et voyons bien le double standard dont font preuve les élites politiques et médiatiques. Jamais cet autre criminel qu’est Poutine n’aurait pu être invité en prime time sur nos médias nationaux.
Pendant ce temps, les militants sont réprimés par la police et la justice. Les manifestations sont systématiquement gazées. Le député Sébastien Delogu est exclu quinze jours de l’Assemblée nationale pour avoir brandi le drapeau palestinien.
Il y a un continuum impérialiste dans la politique macroniste qui va de la répression coloniale de la Kanaky au soutien à Israël, en passant par les discours racistes sur l’immigration et l’islam.
Face à ce scandale absolu, boycott des chaînes TF1 et LCI, soutien à la lutte des Palestiniens contre le génocide et contre le colonialisme. Rejoignons les rassemblements organisés partout en France pour exiger un cessez-le-feu immédiat, permanent et sans conditions.
Rassemblement francilien ce soir et samedi 1er juin à 14 heures à Paris, place de la République.
Union communiste libertaire, 31 mai 2024
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Le banissement des firmes israéliennes d'€urosatory ne reste qu'un symbole, amplifions les mobilisations pour un cessez le feu immédiat et #StopArmingIsrael !
Il faut ancrer le mouvement dans la durée et sur le terrain : dans les quartiers, les entreprises et lieux d'étude ! Il faut le lier à la nécessité de finir la décolonisation : en #Kanaky, à #Mayotte, dans les #Antilles... !
De #Gaza à #Noumea, il est fini le temps des colonies !
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Lazarou Monkey Terror 🚀💙🌈 reshared this.
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La bande son du génocide israélien
Depuis plus de six mois, Israël mène une opération génocidaire à Gaza, accompagnée d’une intense propagande à la télévision, à la radio ou dans les discours officiels. La musique en est un des leviers : de nombreuses chansons glorifient le massacre et déshumanisent les Palestiniens et Palestiniennes. Plongée dans les propos extrêmement violents du rap génocidaire israélien, dont la lecture peut s’avérer particulièrement éprouvante.
Avec 22 millions de vues [1], le clip de rap Harbu Darbu connaît une diffusion massive. Nes et Stilla y crachent sur la « bande de rats sortie du tunnel », et le refrain fait appel aux différentes unités de l’armée, sur fonds de bruit d’armes : « Golani, 1,2, shoot, nakhlawi, 1,2, shoot, Shirion,1,2 shoot, où est Givati ? 1,2, shoot ». Des dizaines de hits de ce type ont fait leur apparition sur les plateformes israéliennes.
La célébration du massacre
Alors que l’armée israélienne a longtemps cherché à euphémiser son action, le rap génocidaire décrit la réalité sans fard. Dans 7 octobre (1,3 millions de vues), EZ résume cet état d’esprit : « Il n’y a plus d’armée la plus morale du monde, “morale” mon cul, “morale” finit au placard ». Dans Shager (2 millions de vues avant sa suppression par Youtube [2]), Raski rappe : « Il n’y a plus de “coup sur le toit” : aujourd’hui on ne prévient plus. » [3] Mi mechuga de Duda Gang (2,3 millions de vues) s’achève sur : « Vous n’avez pas de pain et d’eau, ah ! et vous n’avez pas de maison. » Lorsque ces chansons ont été publiées, toutes ces informations étaient vraies.
Comme on peut s’y attendre, le racisme est omniprésent. Dans Mi Mechuga par exemple, la déshumanisation passe par les clichés sur le corps : « Toutes vos fatmas ressemblent à des p… » ; « votre leader ressemble à un chimpanzé », etc.
Mais le rap génocidaire sert surtout à galvaniser. Des dizaines de vidéos de soldats postant leurs crimes sur les réseaux sociaux passent ces chansons en fond. Sur l’une d’elles, un bulldozer détruit des oliviers sur fond du couplet de Harbu Darbu où Stilla rappe : « On envoie toute l’armée sur vous et il n’y aura pas de pardon. » Sur une autre, on voit le cadavre d’un Palestinien, au milieu des décombres, avec comme bande-son un couplet d’insultes contre les « terroristes » dans Mi Mechuga.
L’enfer militariste
Ces chansons célèbrent un État profondément militarisé où chacune et chacun doit pouvoir prendre les armes à tout moment. Giborei al, du groupe Hatikva 6, célèbre cet enrôlement de masse : « C’est vrai, tout le monde a l’air normal, mais nous sommes un peuple de super-héros. Derrière chacun de nous se cache un soldat. »
Ces chansons décrivent la majorité et l’opposition unies dans le génocide [4]. Ratski le dit clairement, dans Shager : « L’armée s’unit quand il faut liquider. Il n’y a pas de gauche, pas de droite, tout le monde : tirez ! » De même dans Harbu Darbu : « En une demi-seconde tout le pays est en uniforme. Réservistes, en service militaire : tout le monde, un, deux, shoot ! »
Les enfants ne sont pas épargnés. Pour Pourim, fête où l’on se déguise traditionnellement, de nombreuses vidéos montrent de petits enfants déguisés en soldats ou jouant avec de fausses armes. La chaîne Kahn News a publié, le 19 novembre dernier, un clip présenté comme la « chanson de l’amitié 2023 », supprimé au bout de quelques heures. On y voit de très jeunes enfants qui chantent : « D’ici un an, il n’y aura plus rien là-bas, et nous retournerons en sécurité chez nous. D’ici un an, nous les éliminerons tous, et nous retournerons labourer nos champs. »
Fascisme, fanatisme religieux et culte de la force
La nation militariste unie pour « se défendre » par les armes est une idée enracinée au cœur du récit national sioniste. Dans les premières années de la création d’Israël, le discours dominant opposait les sionistes puissants qui ne se laissent pas faire aux victimes de la Shoah, qui seraient allé·es dans les camps « comme des moutons à l’abattoir ». On en retrouve l’écho dans Ze alheinou : « Pas un petit juif peureux avec les genoux qui claquent, un juif avec puissance de feu, fumée et épées. »
Les épisodes les plus violents de la Bible sont convoqués à l’appui du nationalisme. La destruction d’Amalek par les Hébreux (Exode, 17,8) est partout, les Palestiniens et Palestiniennes étant souvent appelés « fils d’Amalek ». Les dix plaies imposées par Dieu aux Égyptiens servent aussi de référence. Comme on peut l’entendre dans la chanson Shager : « Tsahal comme les dix plaies. […] On tire comme une pluie d’obus et Jénine est sous la plaie des premiers nés. »
[5]Le plus souvent, les chanteurs présentent ce massacre comme l’occasion de finaliser le nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie. « Ils me crient dessus “Palestine gratuite” [jeu de mot sur « free Palestine »], mais bizarrement ça me fait penser aux soldes des fêtes » (Harbu Darbu) ; « 2,3, tirez ! C’est parti pour occuper ! » (Shager).
Si les génocidaires ne se cachent pas, c’est aussi parce que leurs soutiens internationaux n’y voient aucun problème. Un couplet de Mi mechuga le dit clairement : « On sortira de Gaza quand il ne restera plus rien. Les États-Unis sont derrière nous, vous avez entendu Biden vous dire de faire attention ? “I have one word : don’t” [6]. Yallah ! Vous aurez du mal à voir les photos de Gaza, il n’y a plus de quartiers qui restent à Gaza, vous ne pouvez plus rien boire à Gaza, vous n’arriverez plus à enterrer les corps à Gaza. »
Voilà ce que signifie le « soutien inconditionnel » des États-Unis, de la France ou de l’Allemagne, à Israël. À l’heure où Israël menace de provoquer une guerre régionale, il y a urgence à démilitariser cet État génocidaire et à lutter contre la complicité de l’État français.
Daniel (UCL Lyon)
[1] Sauf précision contraire, le nombre de vues sur youtube a été vérifié pour la dernière fois le 17 avril 2024.
[2] Toutes les autres chansons citées sont encore disponibles sur youtube à l’heure de l’écriture de cet article. Visiblement, la plateforme considère que ces vidéos n’enfreignent pas leur politique relative aux discours de haine, ce qui laisse songeur.
[3] Le « roof knocking » était une pratique de l’armée israélienne lors des précédents massacres à Gaza pour « prévenir » les habitantes et habitants d’un immeuble avant de le bombarder, en envoyant dessus un premier obus vide. Cela permettait à l’armée de prétendre se soucier des civils, tout en continuant à commettre des massacres de masse. Aujourd’hui, de nombreuses bombes ont été envoyés sans être précédées d’un coup de semonce, donc sans laisser aucun délai pour fuir.
[4] En mai 2023, un article d’Ory Noy critiquait déjà l’opposition institutionnelle pour son silence lors des massacres à Gaza. Voir l’article du 9 mai 2023, « War on Gaza is the glue that binds Israel’s opposing camps », sur 972mag.com.
[5] La plaie des premiers-nés est la dernière des dix plaies d’Égypte, celle qui conduit finalement le Pharaon à libérer le peuple : il s’agit de la mort de tous les nouveaux-nés Égyptiens. Il est important de noter que Jénine n’est pas dans la bande de Gaza : c’est l’ensemble des Palestiniennes et Palestiniens qui sont visé·es, de la Mer au Jourdain.
[6] « Je ne dirai qu’une chose, ne faites pas ça. » Extrait du discours de Biden du 10 octobre 2023.
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Palestine : 1947, la Nakba, la France et la gauche
La France porte une responsabilité historique dans la réalisation du projet d’État juif qui conduit à la Nakba : l’expulsion des Palestinien·nes de leurs terres. La classe politique française et la gauche, communistes compris, convergent alors dans un unanimisme sioniste toujours prégnant aujourd’hui.
En 1942 a lieu la conférence de l’Hôtel Biltmore, à New York, où les représentants du mouvement sioniste international revendiquent la création d’un État juif. La priorité est alors de combattre le « Livre blanc » de 1939 qui limite l’immigration en Palestine à 15 000 personnes par an, seule concession des Britanniques à la révolte arabe de 1936-1939 [1].
Si l’Agence Juive, organisation sioniste créée en 1929 et alors dirigée par David Ben Gourion, ne s’oppose pas frontalement aux Britanniques [2], ce n’est pas le cas de la droite sioniste : l’Irgoun et le Lehi – dit aussi groupe Stern du nom de son fondateur Avraham Stern – multiplient les assassinats et les attentats meurtriers.
C’est à cette période que remontent les liens entre les Forces françaises libres du Levant, alors basées en Palestine, et le mouvement sioniste, notamment lors de la campagne de Syrie. La Haganah (milice sioniste contrôlée par l’Agence Juive) fournit des facilités logistiques aux gaullistes ainsi qu’une assistance technique.
La France, soutien des sionistes
Le conflit mondial terminé, la guerre entre Britanniques et groupes sionistes se poursuit en Palestine. La France, déjà évincée de la Syrie et du Liban par les nationalistes arabes grâce au soutien des Britanniques, n’entend pas être exclue de la région et apporte ainsi son soutien aux groupes sionistes. En 1945, Ben Gourion est à Paris où il organise le combat contre les Britanniques. Il retrouve de nombreux alliés de la cause sioniste dans la classe politique, tel Léon Blum, alors à la direction de la SFIO. Le Lehi installe de son côté un centre opérationnel dans la capitale française. De là, il coordonne une campagne de lettres piégées à destination d’officiels britanniques [3]. La France est alors une base logistique des troupes sionistes, elle héberge de nombreux camps d’entrainement de la Haganah [4].
Le soutien français passe aussi par l’appui à l’immigration juive en Palestine depuis la côte varoise. André Blumel, proche de Blum et délégué officieux de la Haganah, intervient auprès du ministère de l’Intérieur pour accélérer le transit des immigrants ainsi que des armes transportées par bateau. Il héberge chez lui une antenne émettrice à disposition du réseau de surveillance de la Haganah, tolérée par le ministère de l’Intérieur, qui permettra au « Mossad pour l’immigration clandestine » d’affréter plusieurs navires [5].
À la libération, les gouvernements européens s’inquiètent du devenir des réfugiés des camps nazis, notamment des troubles que pourrait créer leur retour chez eux, alors que l’antisémitisme est encore virulent en Europe (comme en témoigne en 1946 le pogrom de Kielce en Pologne). Le projet d’État juif en Palestine est perçu comme un moyen de « se débarrasser » des réfugiés. Les États occidentaux, États-Unis inclus, maintiennent leurs portes fermées aux réfugiés juifs durant et après la guerre, écartant de fait « toute solution à la question des Juifs rescapés du nazisme qui ne fut pas celle du retour à la “terre promise” » [6].
Le plan de partage : une convergence impérialiste
Un nouvel événement vient choquer l’opinion. Le 18 juillet 1947, L’Exodus, bateau de réfugiés juifs affrété par la Haganah et parti de Sète quelques jours plus tôt, est arraisonné par les Britanniques au large de Haïfa.
Des enquêteurs de l’United Nations Special Committee on Palestine (UNSCOP, Comité spécial des Nations unies sur la Palestine), alors présents à Haïfa, sont témoins de l’assaut des Britanniques sur le navire.
L’opération de L’Exodus, « planifié[e] de telle sorte qu’un échec puisse se prêter à une utilisation fructueuse [...] fut un coup de maitre en matière de propagande » [7] : elle influe sur le rapport des enquêteurs.
À la suite du rapport de l’UNSCOP, l’ONU soumet au vote une proposition de partage de la Palestine le 29 novembre 1947. Celle-ci prévoit 55 % du territoire pour le mouvement sioniste, qui ne possède alors que 7 % des terres. La France est indécise. Dans un premier temps, Alexandre Parodi, représentant de la France à l’ONU, s’abstient sur consigne de George Bidault, le ministre des Affaires étrangères. Ce dernier, qui craint que le vote du plan de partage provoque des troubles en Afrique du Nord, propose d’ajourner le vote d’une journée.
Ce temps est mis à profit par le président de la République, Vincent Auriol, et Léon Blum, qui s’activent pour que la France se prononce favorablement : Blum, dans une lettre à Bidault, écrit « rien n’est pire pour nous, du point de vue de nos territoires d’Afrique du Nord, qu’une marque de faiblesse et de peur vis à vis du fanatisme panarabe » [8].
Le vote de la France entraine celui de pays catholiques du Benelux et d’Amérique latine. Les États-Unis, où Truman, pour des raisons électorales, vote le plan de partage, font pression pour que celui-ci soit voté par Haïti, les Philippines et le Liberia (avec des menaces de Firestone, le géant du pneu, de ne plus acheter l’hévéa du pays [9]).
L’URSS le vote également : ce sont les premiers à reconnaitre Israël le 15 mai 1948, et à lui livrer des armes, Staline voyant derrière le projet sioniste un moyen de s’implanter dans la région [10]. Le plan de partage est refusé par le Haut Comité arabe ce qui déclenche les hostilités en Palestine : c’est le début de la Nakba, la « Catastrophe » en arabe (voir encadré).
Les relations entre Israël et la France sont distantes durant les premières années. La France exige que Jérusalem soit sous contrôle international, comme le stipule le plan de partage, afin de garantir la protection des lieux saints. Israël refuse, ce qui explique sa reconnaissance tardive par la France, le 1er mai 1949. Des comités pro-israéliens se créent alors en France, faisant valoir que l’établissement de relations étroites avec le nouvel État lui permettrait de « retrouver son influence au Levant ».
Après l’agression tripartite israélienne et franco-britannique de 1956 contre l’Égypte de Nasser, alors soutien du FLN algérien, la France devient, jusqu’à 1967, le principal appui et fournisseur d’armes d’Israël.
Gauche pro-sioniste, antisionisme nord-africain
La gauche française porte une responsabilité politique dans l’appui au projet sioniste : en 1947 est créée la Ligue française pour la Palestine libre sous l’impulsion de Sartre, alors affilié au Comité hébreux de libération nationale sous l’influence de l’Irgoun. Elle réussit à s’imposer grâce au recrutement de personnalités intellectuelles et politiques de premier plan telles Simone de Beauvoir, Jules Romain, Louis Jouvet ou Edgar Faure.
Seuls le journal Témoignage Chrétien et Daniel Guérin prennent position pour les Palestiniens [11].
Si le projet sioniste trouve écho de la droite à la gauche, ce n’est pas le cas auprès des Juifs de France : en 1948, seuls 640 Juifs français migrent en Israël et, jusqu’en 1968, jamais plus d’une centaine par an. Lucide, Raymond Aron pressent « la suite inévitable, une guerre prolongée entre les Juifs devenus Israéliens et le milieu musulman » [12].
Chez les Juifs de France surgit au contraire la peur qu’on leur impose la Palestine alors qu’ils viennent tout juste de retrouver leur citoyenneté. L’engouement à gauche interroge : alors que le combat de la Résistance était de réaffirmer l’unité républicaine des Juifs comme étant des Français comme les autres, la gauche s’engouffre dans une lecture ethniciste et généalogiste des Juifs.
Ce n’est pas un trope uniquement français : une motion de la Conférence syndicale internationale de 1945 déclare que « le peuple juif soit mis dans la possibilité de poursuivre la reconstruction de la Palestine en tant que son foyer national, et cela par l’immigration, la colonisation et le développement industriel » [13].
Le nationalisme arabe est, de son côté, décrété infâme, étant perçu tout à la fois comme « un sous-produit du nazisme et une invention de l’impérialisme britannique » [14]. Si « la résistance des indigènes restait insaisissable aux catégories de la gauche » [15], les représentants du Parti du Peuple Algérien (héritier de l’Étoile Nord-Africaine de Messali Hadj qui avait dénoncé le colonialisme sioniste dès les années 1920) soulignent la proximité entre la lutte des Palestiniens contre le sionisme et celle des Magrébins contre l’impérialisme français, « le “foyer national juif” préfigurait le “foyer national français” en Afrique du Nord » [16]. Lors du vote du plan de partage, Abdel-Krim-el-Khatabi, leader de la République du Rif dans les années 1920, exilé au Caire avec d’autres dirigeants nord-africains, câble à Alexandre Parodi que le vote de ce plan aurait « de graves répercussions en Afrique du Nord ».
Le rôle de la France
Rivalités franco-britanniques, réactions face aux menaces du panarabisme pour l’Empire, antisémitisme soucieux de se débarrasser des réfugiés d’Europe de l’Est : voilà les déterminants fondamentaux du soutien français à la création de l’État d’Israël, enfant de l’impérialisme et non d’une prétendue mauvaise conscience ou autres réparations. Le soutien de la gauche s’explique par un « européocentrisme qui n’était pas encore honteux et qui faisait que les Juifs en Palestine incarnaient le progrès et, distinction suprême, les idéaux socialistes […] opposition entre ces pionniers et un monde immobile, arriéré féodal, fanatique » [17]. Si se solidariser avec la Palestine est encore compliqué aujourd’hui, c’est que cet épisode historique a déterminé en grande partie la vision de la France et de la gauche sur le sionisme.
Encombré de cet héritage colonial, l’expression d’une solidarité internationaliste solide avec le peuple palestinien reste difficile ; il devient urgent de le dépasser.
Nicolas Pasadena (UCL Montreuil)
Chronologie
-* 1942 : conférence de l’Hôtel Biltmore, revendication officielle de création d’un « État juif ».
-* 1942-1947 : guerre civile entre groupes sionistes et Britanniques.
-* 22 JUILLET 1946 : attentat de l’hôtel King David par l’Irgoun faisant 91 morts dont 28 Britanniques, 41 Arabes et 17 Juifs.
-* ÉTE 1947 : arraisonnage par les Britanniques de L’Exodus provoquant une émotion mondiale.
-* 29 NOVEMBRE 1947 : vote de la proposition du plan de partage de la Palestine à l’ONU. Les sionistes acceptent, les Palestiniens refusent. Début de la guerre civile de 1947-1948 en Palestine et de l’exil des Palestinien·nes.
-* 14 MAI 1948 : proclamation de l’État d’Israël par Ben Gourion, déclaration de guerre des États arabes le lendemain.
-* AUTOMNE 1956 : agression tripartite franco-britannique et israélienne contre l’Égypte à la suite de la nationalisation du canal de Suez. La France devient le principal allié d’Israël.
La Nakba et la guerre de 1947-1948
Du 30 novembre 1947 au 14 mai 1948, date de la proclamation de l’État d’Israël, une première guerre a lieu entre des organisations armées sionistes (Haganah, Palmach, Irgoun et Lehi) et les Palestiniens soutenus par des volontaires venant de pays arabes. Le 1er décembre, le Haut Comité arabe décrète une grève générale de trois jours. La lutte est menée par Abd el Kader Al Husseini : à la tête de quelques milliers de volontaires, il organise un siège de Jérusalem durant plusieurs mois. De décembre 1947 à janvier 1948 environ 70 000 Palestinien·nes fuient les agglomérations. Fin mars, le total des réfugié·es se monte à environ 100 000. Le plan Dalet de périmétrisation militaire – en réalité plan global d’expulsion rédigé par la Haganah et adopté le 10 mars 1948 –, implique le déplacement de villages et de cibler les « centres ennemis » : « procéder à l’encerclement du secteur municipal arabe central et à son isolement des voies d’accès, ainsi qu’à l’arrêt de ses services essentiels (l’eau, l’électricité, le carburant) ».
Les troupes de la Haganah prennent militairement le contrôle du territoire qui avait été donné à l’État juif et l’élargissent. Dans la section 3b du plan, on trouve parmi les objectifs comment traiter les « centres de populations ennemis occupés » : « destruction de villages […], en particulier les centres de population dont le contrôle continu est difficile. [...] En cas de résistance, les forces armées doivent être détruites et la population expulsée en dehors des frontières de l’État hébreux » [18].
Le 9 avril 1948 a lieu le massacre de Deir Yassine à l’ouest de Jérusalem, perpétré par 120 combattants de l’Irgoun et du Lehi, qui provoque de 120 à 250 morts. D’autres massacres s’ensuivent, favorisant l’exil des Palestinien·nes. La guerre de 1948-1949 achève l’expulsion des 800 000 Palestinien·nes.
[1] Voir « La grande révolte palestinienne de 36-39 », Alternative libertaire, mars 2010.
[2] Ben Gourion déclare : « Nous aiderons les Britanniques dans la guerre comme s’il n’y avait pas de Livre blanc et nous lutterons contre le Livre blanc comme s’il n’y avait pas la guerre », « David Ben Gourion (1886-1973) », Hérodote.net, 13 octobre 2023.
[3] Charles Enderlin, Les Juifs de France, entre République et sionisme, Seuil, 2020.
[4] Samir Kassir et Farouk Mardam-Bey, Itinéraire de Paris à Jérusalem, la France et le conflit israélo-arabe. Tome 1, 1917-1958, Les livres de la revue d’études palestiniennes, 1992.
[5] Ibid.
[6] Ibid.
[7] Jacques Derogy, La Loi du retour, la secrète et véritable histoire de l’Exodus, Fayard, 1970.
[8] Samir Kassir et Farouk Mardam-Bey, op.cit
[9] Jean-Pierre Langelier, « Le partage de la Palestine », Le Monde, 30 novembre 1997.
[10] Le soutien du PCF découle de cet alignement de Staline : en 1941, l’ambassadeur soviétique à Londres Ivan Maïski déclare : « Si la Russie soviétique veut s’intéresser au futur du Moyen-Orient, il est évident que les Juifs avancés et progressistes de Palestine représentent plus de promesses pour nous que les Arabes retardataires contrôlés par les cliques féodales », Arnold Kramer, « Soviet Policy on Palestine. 1947-1948 », Journal of Palestine Studies, hiver 1973.
[11] Daniel Guérin, Ci-gît le colonialisme. Algérie, Inde, Indochine, Madagascar, Maroc, Palestine, Polynésie, Tunisie. Témoignage militant, De Gruyter/Mouton, 1973.
[12] Samir Kassir et Farouk Mardam-Bey, op.cit
[13] Ibid.
[14] Ibid.
[15] Ibid.
[16] Ibid.
[17] Ibid.
[18] 1. Ilan Pappé, La guerre de 1948 en Palestine, La Fabrique, 2000
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Pas de rassemblement à #Tours pour Rafah ce soir, peut être dans la semaine. Voici une liste provisoire chronoalphabétique des rassemblements (17-19h) en France. Mises à jour sur https://x.com/EnseignantsGaza
17h
Caen devant la Préfecture
Grenoble devant la Mairie
17h30
Lyon Pl. de la comédie
18h
Aix-en-Provence La Rotonde
Chambéry devant la fontaine des éléphants
Le Mans Pl. de la République
Limoges Pl. de la République
Nantes devant la Préfecture
Nice devant la Mairie
Strasbourg Place Kléber
Toulon Pl. de la Liberté
Toulouse Pl. Arnaud Bernard
18h30
Angers Pl. du ralliement
Annecy Préfecture
Bordeaux Pl. Pey Berland
Dijon Pl. d'Arcy
Lille République Beaux Arts
Montpellier devant la préfecture
Paris Pl. St Augustin
Perpignan Préfecture
Rennes Pl. de la mairie
Rouen Théâtre des arts
Saint-Etienne Pl. du peuple
19h
Arles Kiosque 18 Bd des Lices
Pau Préfecture
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#TransRightsAreHumanRights
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VSS : Le travail unitaire comme stratégie féministe
Si lutter contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) au sein de nos organisations apparaît comme une nécessité, le faire dans un cadre inter-organisations au niveau national permet une élaboration politique plus importante encore, des retours d’expérience, mais aussi de nouveaux moyens déployés. Zoom sur un travail unitaire qui ouvre de nombreuses perspectives.
En 2021, la direction confédérale de la CGT mandate la cellule de veille contre les violences sexistes et sexuelles (CVSS) pour faire le lien avec les cellules homologues existantes dans les partis et syndicats de gauche. Se crée alors un cadre unitaire inter-organisations pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, réunissant à ce jour organisations syndicales (CGT, Solidaires, CFDT, FSU, Union étudiante, Confédération paysanne), politiques (LFI, Ensemble !, EELV, NPA, UCL, PCF, Parti de gauche, Génération·s, la Gauche écosocialiste) et associatives (Attac, Amnesty International).
Malgré leurs engagements antipatriarcaux, nos organisations sont loin d’être épargnées par la violence envers les femmes et minorités de genre. L’inter-orga vise à améliorer ou créer nos procédures de signalement et cellules de gestion des VSS. Notre objectif est d’encourager la libération de la parole des victimes et de les accueillir au mieux grâce à des procédures solides et respectueuses. Promouvoir la formation féministe et la prévention des VSS en interne est indispensable pour toute organisation aux ambitions sociales émancipatrices. L’inter-orga invite d’ailleurs des intervenantes extérieures expertes du sujet pour que les déléguées puissent continuer de se former et d’enrichir leurs réflexions.
Lutter contre l’itinérance des agresseurs
En parallèle, il s’agit d’identifier, d’anticiper et de contrecarrer les stratégies des agresseurs pour que cesse l’impunité. Actuellement, l’inter-orga travaille à l’élaboration d’un protocole commun de signalement pour lutter contre l’itinérance des agresseurs, prévu pour novembre 2024. Cette réflexion entend formaliser politiquement les intentions exprimées dans la première tribune de l’inter-orga de 2021 [1]. Le déplacement des agresseurs d’une organisation vers une autre lorsqu’ils subissent des mesures d’exclusion ou de mise à l’écart est un phénomène connu. Le protocole prévoit de leur couper l’herbe sous le pied. Il permettrait du même coup de déjouer les menaces de plainte en diffamation voire en injure publique puisque nous n’aurions pas à communiquer leur identité en public pour informer les participant·es à l’inter-orga.
Ce cadre permet à l’UCL de détailler le fonctionnement de sa procédure d’exclusion en cas d’agression sexuelle. Il s’agit aussi d’en diffuser la philosophie, à savoir l’importance du rapport de force féministe en interne. Nous faisons valoir que cet outil doit être la traduction pratique immédiate de nos principes : l’auto-organisation des femmes, la non-mixité et la lutte contre les rapports de domination. Simultanément, et parce que nos outils sont toujours à améliorer, l’UCL s’enrichit des réflexions et des pratiques des féministes d’autres organisations.
Une intervention féministe de classe
Dans le sillage du mouvement #MeToo, nous voyons régulièrement émerger des témoignages, des tribunes et des appels signés par des personnalités publiques. Certaines célébrités, comme Adèle Haenel, sont devenues des étendards de la libération de la parole. Si cette dynamique, tout à fait positive, révèle un véritable tournant dans la place accordée à la parole des victimes dans l’espace public, l’inter-orga contre les VSS permet une intervention sur un modèle différent. Elle reflète les aspirations féministes de la base militante, sans les faire incarner par des individus. C’est un espace prometteur pour un féminisme combatif et collectif qui renforce l’unité de notre classe.
Nous voyons bien que la question des VSS est étroitement liée à la médiatisation lorsque des organisations de gauche doivent traiter des cas d’agresseurs qui sont aussi des figures publiques, chargées de hautes fonctions politiques ou syndicales et bénéficiant d’un statut social privilégié tels Adrien Quatennens ou Julien Bayou. Ces cas comportent leur lot supplémentaire de complexité pour les camarades qui les gèrent, avec une pression accrue pour remettre l’affaire à la justice institutionnelle plutôt que les organisations s’en saisissent. Pour que les agresseurs, même puissants, ne soient jamais impunis, la solidarité féministe est la clé.
Billie (UCL Grenoble)
À l’UCL, une procédure vivante
Depuis la création de l’UCL, la procédure de gestion des cas de VSS en interne porte pour objectif la création d’un rapport de force féministe. Pour cette raison, la parole de la personne victime n’est pas remise en cause : le rôle des mandaté·es n’est pas d’établir la vérité des faits mais bien de recueillir la parole de la personne victime [2] et de permettre à l’organisation de prendre une décision qui assurera sa sécurité et celle de toutes les femmes et minorités de genre de l’organisation. À ce jour, pour faciliter la parole, la procédure est réalisée entièrement en non-mixité (de personnes subissant la misogynie et la transmisogynie). Elle est mise en œuvre lorsqu’une personne alerte l’organisation d’un cas de VSS. L’agresseur est alors immédiatement suspendu de l’organisation. Le Secrétariat fédéral mandate ensuite une commission pour réaliser la procédure. Ces personnes sont chargées, dans un premier temps, de prendre contact avec la victime et d’affirmer le soutien de l’organisation dans les démarches qu’elle souhaitera entreprendre.
Les mandaté·es recueillent son témoignage.
Dans un deuxième temps, les mandaté·es prennent contact avec la personne accusée afin d’obtenir sa version des faits, et surtout de lui demander ce qu’elle a mis en place depuis que ceux-ci ont été remontés à l’organisation. Ces deux entretiens permettent aux mandaté·es d’écrire un rapport qui contient une synthèse des faits, des propositions des mandaté·es sur la décision à prendre ainsi qu’une analyse politique des faits lorsque c’est possible. Ce rapport est soumis au vote de la Coordination fédérale [3] afin que l’ensemble de l’organisation puisse prendre une décision, qui peut aller de l’exclusion temporaire à l’exclusion définitive de la personne accusée.
Depuis le congrès d’Angers en 2023, les cas de VSS dans des cadres non-hétérosexuels sont gérés par les groupes locaux et non plus par la procédure fédérale. En effet, celle-ci a été construite pour s’opposer à l’asymétrie fondamentale du pouvoir entre les hommes et les femmes sous le patriarcat. Or, dans les cas de VSS en contexte non-hétérosexuel, ce cadre d’analyse est impuissant et la procédure dysfonctionne. L’objectif de cette décision est de laisser le temps à la commission antipatriarcat de l’UCL de se doter des outils théoriques et pratiques afin de penser les rapports de domination spécifiques qui se jouent dans ce type de cadres.
[1] « Tribune Inter-orgas “Ensemble contre les violences sexistes et sexuelles dans nos organisations !” »
[2] « Victime » n’étant pas une position essentialisée, mais l’état d’une personne a un moment donné.
[3] Instance qui se réunit tous les trois mois, au sein de laquelle les mandaté·es de chaque groupe local discutent un ensemble de textes préalablement débattus localement puis votent.
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Constance Bantman : Un premier exil libertaire. Les anarchistes français à Londres, 1880-1914, Libertalia
Après avoir été la terre d’asile des quarante-huitard·es, puis des communard·es en exil, la libérale Angleterre a accueilli des flopées d’anarchistes français·es. Et en particulier pendant la période de grande répression des années 1892-1895, où la proscription a été si nombreuse entre Soho et Fitzrovia qu’elle y formait une sorte de colonie surnommée « la Petite France ». En mai 1893, le quotidien Le Matin y voyait carrément « un foyer de propagande internationale », une « Mecque anarchiste » où il est « de bon ton de péleriner ».
Pendant longtemps, on n’a su du milieu de la proscription française à Londres que ce qu’en avait raconté en 1897, avec son délicieux sens de l’anecdote, Charles Malato dans Les Joyeusetés de l’exil. L’historienne franco-britannique Constance Bantman, qui a essoré les rapports de police britanniques et français et a même sondé les archives du Quai d’Orsay, nous en livre une histoire bien plus complète : elle en établit les étapes, les tendances, la géographie.
Les réfugié·es se croisaient à l’épicerie de l’ex-communard Victor Richard et à la librairie d’Armand Lapie. On se passait « la presse de l’exil », des feuilles de chou libertaires comme L’International, Le Tocsin ou Le Père Peinard. On s’asseyait au restaurant des Vrais amis ou dans les diverses colocations, et surtout les clubs – dont le plus célèbre était le club Autonomie. Délabré, exigu, mais équipé d’une cantine où se coudoyaient anarchistes français, italiens ou allemands, ce club servait aussi de dortoir aux réfugiés qui ne savaient pas encore où se loger. Évidemment, il attirait aussi les mouchards de la police et les journalistes en mal de sensationnalisme… Grande âme, Louise Michel prodiguait tout ce qu’elle pouvait de secours pécuniaire aux nécessiteux – quitte à se faire exploiter par quelques escrocs. Elle ouvrit même quelque temps une École anarchiste internationale pour instruire les enfants des réfugié·es !
Mais globalement « la Petite France » ne laissa pas de bons souvenirs. C’était une ambiance de survie dans la misère, dans l’attente, dans une promiscuité assez délétère faite d’entraide autant que d’acrimonie. Un groupe d’aigris s’intitulant L’Anonymat employa par exemple son énergie à placarder sur les murs des affiches au vitriol – pas moins de 14 en quatre ans ! – contre les « pitres » et les « pleutres » Malato, Pouget, Louise Michel ou Malatesta. Détestation des « pontifes » par les obscurs ? Pas seulement. Une vraie divergence politique s’affirmait. L’Anonymat incarnait en fait la protestation outrée d’une minorité anti-organisationnelle et individualiste contre le tournant syndicaliste alors en train de s’opérer dans le mouvement anarchiste.
Pour expliquer ce tournant, l’historien Jean Maitron mettait le projecteur sur le seul Pouget et son célèbre article « À roublard, roublard et demi » dans l’édition londonienne du Père Peinard, introduit en France par des filières clandestines. Constance Bantman rouvre le dossier, creuse, et met en lumière le rôle de cercles de discussion transnationaux, mêlant des anarchistes anglais (Mowbray), italiens (Agresti, Malatesta, Merlino) et français (Pouget, Hamon, Malato) autour de The Torch. Ce petit journal méconnu a fait vivre le débat dès 1892. Observant l’évolution des trade-unions britanniques vers l’action directe (on évoquait alors un « new unionism »), The Torch affirma la nécessité d’une stratégie révolutionnaire au sein du syndicalisme fin 1893. Malato relaya ces thèses dans Le Tocsin, puis Pouget, avec son talent propre, dans Le Père Peinard.
Il y eut par la suite bien d’autres passerelles et échanges, ce qui conduit Bantman à nuancer le « contraste prétendument canonique entre les syndicats britanniques bien établis et conservateurs et, d’autre part, la CGT révolutionnaire française, puisqu’ils s’influençaient mutuellement et présentaient tous deux des synthèses de conceptions réformistes et révolutionnaires ». C’est un des fruits – pas le seul – de ce « premier exil libertaire » exploré par ce très bon livre.
Guillaume Davranche (UCL Montreuil)
Constance Bantman, Un premier exil libertaire. Les anarchistes français à Londres, 1880-1914, Libertalia, 2024, 356 pages, 12 euros.
L'#UnionCommunisteLibertaire est signataire et diffuse l'appel en soutien à Ritchy Thibault : contacts@communisteslibertaires.org Pour les demandes de signature et envoi d'infos !
L'UCL37 reprend ses formations sécu militante (MP/DM) et est dispo pour toute initiative #AntiRepression !
politis.fr/articles/2024/05/fa…
Face à la répression contre Ritchy Thibault : faire bloc et être solidaire
TRIBUNE. Co-fondateur de Peuple révolté et porte-parole de PEPS, Ritchy Thibault fait l’objet, tant de la part d’Emmanuel Macron que de Jordan Bardella, d’un acharnement répressif que les signataires de cette tribune dénoncent avec force.
Notre camarade Ritchy Thibault a reçu un appel du commissariat de Boulogne-Billancourt ce 13 mai l’informant qu’il était visé par une enquête préliminaire pour « menace de crime ou délit contre un élu public » suite à une plainte de Jordan Bardella. Il est reproché à Ritchy des propos tenus dans une émission le 16 mars 2023 dans laquelle il avait affirmé face au président du RN qui se sentait menacé : « Oui, le fascisme est une menace à éradiquer. »
Ritchy est voyageur, fils de parents gitan et manouche. Durant la Seconde guerre mondiale, son peuple a subi un génocide, souvent invisibilisé alors que des centaines de milliers de Roms et de Voyageurs ont été exterminés par les nazis et les régimes collaborateurs.
Alors que Bardella se moquait de lui pendant qu’il évoqua son histoire, Ritchy a répondu politiquement et avec responsabilité à l’actuel représentant de l’extrême droite française, président d’un parti dont les fondateurs ont contribué à enfermer ses ancêtres dans des camps en France et partout en Europe.
Un racisme ancien et violent
Hier, c’est Jean-Marie Le Pen qui était condamné pour son négationnisme, aujourd’hui c’est le descendant d’un peuple ayant subi un génocide qu’on inculpe parce qu’il refuse l’oubli et la négation de l’histoire des crimes du fascisme !
Il y a une inversion grave de la culpabilité qui met en danger la mémoire des crimes contre l’humanité perpétrés par l’extrême droite il y a moins d’un siècle. D’autant que les voyageurs subissent en France un racisme ancien et ultra-violent. Des aires d’accueil sont régulièrement attaquées par armes à feu. Les voyageurs sont constamment pointés en bouc-émissaire par l’extrême droite.
Oui, avec Ritchy nous affirmons que l’extrême droite est une menace à éradiquer, nous devons nous occuper du cas du RN dans la bataille politique et culturelle sans concession pour éviter la répétition du pire.
Des gardes à vue abusives
Cette inculpation intervient dans un contexte où Ritchy Thibault subit, depuis plusieurs mois, un acharnement répressif insupportable qui doit être dénoncé avec force. Durant la période de mobilisation contre la réforme des retraites, au cours de l’année 2023, il a fait six gardes à vue totalement abusives, toutes classées sans suite.
Au mois de février au salon de l’agriculture Ritchy a interpellé Macron en lui rappelant de ne jamais oublier « qu’on est dans le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber la tête des monarques ». Ce rappel historique renvoie au passé révolutionnaire de la France et de sa République, qui après avoir fait tomber au sens propre la tête de Louis XVI, a fait tomber au sens figuré celle de nombreux monarques, de Charles X à Louis-Philippe qui ont tous deux été contraints d’abdiquer sous la pression populaire.
Pour ses propos, Ritchy a passé 48 heures en garde à vue ; il est désormais poursuivi pour menace de mort suite à une plainte déposée par le cabinet d’Emmanuel Macron en son nom. Il sera jugé le 9 août au tribunal judiciaire de Paris, porte de Clichy, à partir de 13 h 30. Seulement quelques jours après cette procédure arbitraire, il s’est vu contrôler abusivement un dimanche en début d’après-midi par une dizaine de policiers juste en bas de chez lui.
Criminalisation des luttes
Il est important pour nous, comme pour lui, de rappeler que cette répression n’est pas un cas isolé mais qu’elles ont dit long sur une période de criminalisation de nos luttes et de fascisation de l’appareil d’État. En attestent les multiples convocations pour apologie du terrorisme des camarades qui soutiennent la résistance du peuple palestinien.
Les monarques doivent tomber et le fascisme être éradiqué !
Face à la répression, la meilleure réponse c’est de faire bloc et d’être solidaire. C’est la raison pour laquelle nous appelons à un rassemblement le lundi 3 juin à partir de 13h30 devant le commissariat de Boulogne-Billancourt au 24 avenue André-Morizet, avant l’audition de Ritchy dans le cadre de l’enquête préliminaire qui fait suite à la plainte de Bardella.
Nous appelons également à un rassemblement massif le 9 août à partir de 12h devant le tribunal judiciaire de Paris à la porte de Clichy dans le cadre de son jugement pour « menace de mort » contre Macron.
Ni Macron ni Bardella ne nous feront baisser la tête car, oui, les monarques doivent tomber et le fascisme doit être éradiqué !
Signataires
Collectifs et organisations
Attac
Au Poste
Collectif René Vautier
Ensemble ! – Mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire
Fédération syndicale étudiante
Info’com-CGT
La France insoumise
Les Insurgés
Les Jeunes insoumis.es
L’Offensive
Mr Mondialisation
NPA – L’Anticapitaliste
NPA Révolutionnaires
NPA Jeunes révolutionnaires
Peuple révolté
Pour une écologie populaire et sociale (PEPS)
Radio cause commune 93.1
RED-Jeunes
Riposte alimentaire
Tsedek
Union communiste libertaire
L’Union étudiante
Union syndicale lycéenne
Personnalités
Omar Alsoumi, Urgence Palestine
Nils Andersson, militant
Ariane Anemoyannis, porte-parole du Poing levé
Rodrigo Arenas, député de Paris LFI
Ludivine Bantigny, historienne
Marion Beauvalet, militante LFI Paris 10e
Yessa Belkhodja, Collectif de défense des jeunes du Mantois
Amal Bentounsi, Collectif urgence notre police assassine
Yassine Benyettou, Secrétaire national de RED-Jeunes
Olivier Besancenot, porte-parole de NPA – L’anticapitaliste
Carlos Bilango, député LFI du Val-d’Oise
Martine Billard ancienne députée de Paris, La France insoumise
Youcef Brakni, militant des quartiers populaires
Claude Calame, universitaire
Jean-Pierre Cavalié, militant
Sophia Chikirou, députée de Paris LFI
Mounia Chouaf, élue à Ivry-sur-Seine
Anina Ciuciu, avocate
Rita Dagher, productrice de film
Christophe Dettinger, boxeur et militant
Boris Dolivet, El Diablo, artiste
Imane Douis, Sud Rail
Alma Dufour, députée LFI
David Dufresne, journaliste, fondateur de Au Poste
Karen Erodi, députée LFI
Mireille Fanon-Mendès-France, Fondation Frantz Fanon
Patrick Farbiaz, militant écologiste et membre de la Fondation Copernic
Jean Fauché, PEPS 81/ Alternatives et autogestion
Emma Fourreau, co-animatrice des Jeunes insoumis.es
Yves Frémion, ancien eurodéputés écologiste, militant PEPS
Gabriel, militant à Tsedek
Ilan Gabet, militant et étudiant
Bruno Gaccio, auteur
Merlin Gautier, co-animateur de PEPS
Laurent Gayer, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po Paris
Haïkel Guémar, syndicaliste Solidaires informatique
Michelle Guerci, journaliste, militante antiraciste et féministe
Magda Jouini, militante du Front de mères
Anasse Kazib, porte-parole de Révolution permanente
Andy Kerbrat, député LFI/PEPS
Pierre Khalfa, Fondation Copernic
Mornia Labssi, inspectrice du travail CGT
Amine Laggoune, historien
Annie Lahmer, Conseillère régionale écologiste
Aude Lancelin, journaliste et fondatrice de QG
Yvan Le Bolloc’h, artiste
Olivier Le Cour, universitaire
Cory Le Guen, militant Écologiste
Claire Le Strat, Fondation Copernic
Faouzi Lellouche, Gilet jaune
David Libeskind, avocat
Mathieu Mangeot, association Émanciper
Christian Martinez Perez, universitaire
Florent Massot, éditeur
Odile Maurin, élue à Toulouse et militante contre le validisme
Caroline Mecary, avocate
Akli Mellouli, sénateur du Val-de-Marne, écologiste
Bertrand Mertz, avocat
Bénédicte Monville, militante écologiste, élue à Melun
Manes Nadel, Union syndicale lycéenne
Romain Nauthonnier, militant
Richard Neuville, Ensemble !
Dominique Paturel, chercheuse
Jean François Pélissier, co-porte-parole d’Ensemble !
Willy Pelletier, sociologue et membre de Coudes à coudes
Ricardo Perreira, journaliste indépendant
Pablo Pillaud-Vivien, rédacteur en chef de Regards
Thomas Portes, député LFI
Frédérique Pressmann, réalisatrice de cinéma
Millot Raymond, auteur
Fabrice Riceputi, historien
Eléonore Schmitt, porte-parole de l’Union étudiante
Azelma Sigaux, porte-parole de la REV, révolution écologique pour le vivant
Anne-Sophie Simpere, auteure
Gwenn Thomas-Alves, président de l’Union syndicale lycéenne
Usul, vidéaste pour Blast et Backseat
Sabrina Waz, militante décoloniale
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Casse de l’assurance-chômage : encore une attaque contre l’ensemble des salarié·es
La ministre du Travail l’a annoncé fin avril : par décret, dès le 1er juillet, la durée d’indemnisation du chômage sera réduite à douze mois. En deux ans, cette durée a été divisée par deux ! Cela nous concerne toutes et tous : plus de la moitié des salariés sont confronté·es, dans leur vie professionnelle, à au moins une période de chômage.
En six ans, le gouvernement a démoli méthodiquement l’assurance chômage. Avant 2019, il fallait avoir travaillé au moins quatre mois sur les 28 derniers mois pour ouvrir des droits pendant au moins quatre mois ; il faut désormais avoir travaillé 6 mois sur les 24 derniers mois. De même, pour recharger ses droits, il faut avoir travaillé 6 mois au lieu d’un mois avant 2019.
En plus de rendre l’accès à l’indemnisation plus difficile, le montant des allocations a été réduit depuis 2021, parce que le gouvernement a modifié son mode de calcul, en supprimant le principe qu’un jour travaillé ouvre droit à un jour indemnisé. Autre recul majeur depuis 2023 : la durée d’indemnisation a été réduite de 25 %, passant de 24 mois maximum à 18 mois. Et de 36 mois à 27 mois pour les plus de 55 ans, pour qui trouver un travail est plus difficile.
La conséquence de cette destruction des droits au chômage est un appauvrissement et une précarisation des travailleuses et travailleurs privés d’emploi. Les allocations ont baissé de 16 % en moyenne, pour arriver à un montant moyen qui dépasse de peu 1 000 euros. Cette baisse a concerné un million de personnes depuis 2019 : beaucoup de jeunes, d’intérimaires et de demandeurs d’emploi soumis aux contrats courts. Depuis 2019, le nombre d’ouvertures de droit à lui reculé de 30 000. Quant au nombre de personnes percevant une indemnité chômage, il a lui aussi dégringolé pour descendre bien en deçà de la moitié des inscrits à France Travail.
Toutes et tous concernés !
Cette nouvelle attaque sur les droits à la protection contre la perte d’emploi concerne l’ensemble des travailleuses et travailleurs, avec ou sans emploi. En réalité, plus de la moitié des salariés sont passés par une perte d’emploi et une inscription au chômage dans leur carrière. Alors incriminer les chômeurs, c’est s’incriminer soi-même, sur un marché du travail dégradé par le patronat et par l’État. D’autant qu’avec la suppression annoncée de l’ASS, le temps qui séparera l’emploi en CDI du RSA va se réduire à douze mois. Cela pour le plus grand bénéfice du patronat qui précarise toujours plus l’emploi.
La protection contre le chômage, c’est collectif
Le patronat sera largement bénéficiaire de cette réforme. La pression à la reprise d’emploi à n’importe quelle condition pèsera autant sur les chômeuses et chômeurs que sur les travailleuses et travailleurs en activité. Pendant ce temps, l’État fera des économies budgétaires sur le dos des plus fragiles et continuera à subventionner les entreprises en payant à leur place des apprentis.
Nous combattons l’idée que le chômage est la faute des chômeuses et des chômeurs, que l’arlésienne « croissance » va créer des emplois, et qu’il faut « travailler plus pour gagner plus ». C’est pourquoi l’UCL défend une assurance chômage de haut niveau, financée par la hausse des cotisations patronales. Et pour réduire le chômage : réduction du temps de travail avec embauches correspondantes.
Union communiste libertaire, 20 mai 2024
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Elections européennes : la Peste Brune lorgne sur l’Europe
De tous les processus électoraux de la démocratie bourgeoise, les élections européennes sont celles qui intéressent le moins les masses populaires. C’est aussi celles que l’extrême droite choisit pour mobiliser ses électeurs et électrices, afin d’apparaître comme le premier parti de France. En tant que militant·es libertaires et antifascistes, nous ne souhaitons pas participer à cette mascarade, mais il est important pour nous de rappeler que l’extrême droite ne défendra jamais notre classe, et qu’elle ne l’a jamais fait.
Depuis 2019, deux ans après l’échec du FN au second tour de l’élection présidentielle, le parti d’extrême droite, historiquement eurosceptique, a changé de ligne politique concernant l’Europe. Fini le « Frexit » [1], qui s’est avéré être un repoussoir, le parti d’extrême droite appelle maintenant à des « changements de l’intérieur ». Ce désir nouveau de créer une « Europe des Nations » avec ses alliés réactionnaires – et avec en ligne de mire en particulier la création de nations blanches et chrétiennes – trouve un écho en France. Le FN/RN est arrivé en tête aux élections européennes de 2019 avec 5 286 939 voix (de trop), soit 23,34 % des votants, obtenant ainsi 23 sièges pour le groupe européen Identité et Démocratie. Rappelons quand même les 50,12 % d’abstention et que l’addition des scores des « partis de gauche » les plaçait devant l’extrême droite en termes de voix.
Pour les élections de juin 2024, la liste du FN/RN aligne des « figures » de la « société civile » évidemment adoubées pour leur racisme. La tête de gondole Bardella bien sûr, mais aussi Malika Sorel-Sutter, essayiste spécialisée dans la « décomposition française » (qui serait due à l’immigration bien sûr) ou l’ancien directeur de Frontex, Fabrice Leggeri, qui a démissionné de l’organisation sous le coup de plusieurs scandales et est menacé de sanctions disciplinaires. Celui-ci avait tenté à l’époque de faire de l’organisation une milice de défense des frontières et balayait les obligations d’aides aux personnes exilées en danger. Le dernier trophée, encore un syndicaliste policier, Matthieu Valet, ancien porte-parole du Syndicat Indépendant des Commissaire de Police (SICP – membre comme Alliance Police de la CFE-CGC…), lui aussi « sous le coup d’une enquête du service déontologie de la Préfecture de Police » comme le rappelait le Canard enchaîné, pour avoir détourné à son profit un millier d’euros de bons d’achat SNCF destiné à « plusieurs gardiens de la paix ».
Le rêve d’une Europe blanche et chrétienne
Au Parlement européen, un cordon sanitaire existe encore, contrairement à l’Assemblée nationale, empêchant le groupe de mener à bien toutes ses vues. Mais le groupe FN/RN est surtout là pour son propre intérêt : Jordan Bardella notamment, siège en commission des pétitions où il n’a pas mis les pieds depuis mai 2022. Comme tout bon apparatchik, il lui faut juste une rentrée d’argent (public bien sûr) pour demeurer à plein temps le président du premier parti néo-fasciste de France. Grâce à cela, il peut continuer à passer son temps sur tous les plateaux de télé à vomir son mépris des personnes immigrées, des grévistes, des travailleurs et travailleuses, surtout les plus précaires. Rappelons que le premier « emploi » de Bardella lorsqu’il avait 20 ans était déjà celui d’assistant parlementaire européen… soupçonné alors d’emploi fictif par l’Office européen de lutte antifraude ! Le groupe FN/RN se déplace en fait au parlement surtout pour les caméras, mais aussi, bien sûr, pour rencontrer des lobbyistes à se mettre dans la poche. Il se frotte également à des rapprochements stratégiques de la droite sur des sujets communs, par exemple très récemment la remise en question de l’application de la loi pour « la restauration de la nature ».
Au Parlement, le RN/FN en défense des dominants
Dans ses votes on peut voir que le FN/RN n’a pas changé, malgré sa volonté de dédiabolisation. Par exemple, il s’est positionné en 2020 contre une résolution ayant pour but de réduire l’écart des salaires entre femmes et hommes, ainsi que sur la remise en cause du droit à l’avortement par leurs amis polonais. Si le parti se targue d’avoir intégré la question écologique, lors d’un vote de février 2023 sur l’interdiction des ventes de voitures neuves à moteur thermique il s’est encore positionné contre. Les parlementaires se sont également abstenu·es sur une taxe carbone aux frontières, comme quoi leur protectionnisme ne s’applique pas à tout ! Ils trouvent également à chaque fois une bonne raison pour approuver la PAC (Politique agricole commune), alors qu’elle est responsable de la destruction de la petite paysannerie et encourage l’agro-industrie en subventionnant davantage les grosses exploitations.
Le FN/RN montre également dans certains de ses votes une attitude ambiguë sur les sujets concernant les travailleurs et travailleuses. Par exemple son abstention sur la réglementation du travail détaché – qui permet au patronat français d’attaquer le droit social en le mettant en compétition avec des travailleurs·ses qui dépendent de celui de leur pays d’origine – en 2018, sous prétexte qu’elle « n’allait pas assez loin » soulève des interrogations. De même, quand le FN votait en 2016 pour le secret des affaires contre « l’espionnage industriel », il ne s’assurait en rien des risques que le texte faisait peser sur les lanceuses et lanceurs d’alerte, ou le journalisme d’investigation. Encore une fois, le « protectionnisme », c’est surtout pour les patrons.
Des amitiés pour les oligarques et les racistes
Le parti se démarque surtout pour son soutien à son ami russe, Poutine. En septembre 2020 les europarlementaires d’extrême droite se sont positionné·es contre une résolution condamnant la tentative d’assassinat de l’opposant Alexeï Navalny, et à nouveau en 2021 contre une résolution condamnant les violences commises par la milice Wagner. Même vote contre les diverses motions condamnant l’incursion de Poutine en Ukraine.
Le groupe européen Identité et Démocratie regroupe en son sein plusieurs partis que d’aucuns jugeraient infréquentables… mais pas le RN/FN. On y retrouve ainsi l’AfD qui en Allemagne s’est récemment illustré par l’organisation de réunions planifiant avec des néonazis la « remigration » des personnes étrangères, provocant de grandes mobilisations antifascistes. La Ligue ensuite, membre de la coalition italienne au pouvoir avec la néo-fasciste Giorgia Meloni, qui mène une politique raciste et antisociale, remettant en cause tout autant le droit à l’exil que les revenus minima. On y trouve aussi le Parti de la Liberté d’Autriche (FPÖ), créé par d’anciens nazis, dont des élus ont dû être écartés en 2018 pour ne pas avoir partagé leur adoration d’Hitler assez discrètement, ainsi que le parti pour la Liberté aux Pays Bas (PVV), parti néo-libéral raciste, qui est arrivé en tête des élections législatives anticipées en 2023. Enfin le groupe est composé de plus petits partis comme Le Vlamms Belang en Flandre, Le Parti Populaire Danois (DFP), le Parti Populaire et Conservateur d’Estonie (EESTI), ou Liberté et Démocratie Directe (SPD) en République tchèque.
L’extrême droite européenne : entre identité et libéralisme
Notons que les votes du groupe ne sont pas tout à fait uniformes. Le cas le plus intéressant récemment est celui du vote sur le traité de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande. Si le FN/RN a voté contre, en accord avec leur protectionnisme du capital national, la majorité du groupe s’est positionné pour. Cet exemple montre bien l’opportunisme de l’extrême droite suivant les contextes nationaux, et sa porosité avec les principes du libéralisme économique (le FN aussi s’est longtemps assumé comme un parti libéral sur le plan des affaires).
Le parti dispose aussi de soutien comme le Fidesz hongrois de Viktor Orban, lequel a été exclu du groupe européen de droite, le PPE, pour ses positions radicales contre l’avortement, contre la démocratie et agissant maintenant comme non-inscrit.
Extrême droitisation européenne
Le reste de l’extrême droite européenne se regroupe au sein des Conservateurs et Réformistes d’Europe où l’on retrouve Reconquête ! de Zemmour, Fratelli d’Italia de Meloni au pouvoir en Italie, le parti Droit et Justice (PiS) de Pologne connu pour ses positions réactionnaires anti-communistes et viscéralement anti-avortement, récemment écarté du pouvoir, les Démocrates de Suède, fondé par des néonazis, ou Vox en Espagne, nostalgique de la dictature de Franco.
Forte aujourd’hui de 130 sièges sur 705, l’extrême droite européenne (conservateurs eurosceptiques et nationalistes) semble en mesure de gagner une cinquantaine de sièges lors des prochaines élections européennes, selon les projections concernant les intentions de votes. Une certitude cependant, les digues sont prêtes à céder et un gain significatif de sièges ferait des partis d’extrême droite un courant incontournable et sans doute un allié de circonstance du PPE qui durcit son discours à mesure que l’extrême droite se renforce.
Mais la brunisation du paysage politique n’est pas une fatalité. En France, comme partout en Europe et dans le reste du monde, la lutte antifasciste des masses populaires est nécessaire pour faire avancer nos intérêts dans le sens de la démocratie directe, de l’autogestion des moyens de production, de la socialisation des richesses : de la lutte des classes en somme, que l’extrême droite espère gommer au profit des bourgeoisies nationales. No Pasarán !
Judi (UCL Caen), Hugues (UCL Fougères), David (UCL Savoies)
[1] La ligne « sortie de l’Union Européenne » était portée par l’ex-Chevènementiste Florian Philippot, ancien conseiller de Marine Le Pen désavoué depuis l’échec à la présidentielle et parti depuis fonder son propre parti, Les Patriotes, sur des lignes souverainistes/complotistes.
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