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Il y a 130 ans : la Commune anarchiste de Montreuil
De 1892 jusqu’aux grandes arrestations d’anarchistes de 1894, il existe à Montreuil-sous-Bois (Seine) une petite « Commune anarchiste », fondée sur les principes érigés par les grands théoriciens du mouvement libertaire, Pierre Kropotkine et Élisée Reclus. Méconnue, on n’en trouve trace que dans de rares écrits de l’époque, qui l’évoquent comme une tentative exemplaire de communisme-anarchiste.
Vaux, Aiglemont, Méry-sur-Oise… Des tentatives communautaires anarchistes nous est essentiellement parvenue une riche histoire des milieux libres du tout début du xxe siècle. Autant de tentatives de retour à la nature menées par des anarchistes du courant individualiste pour qui la révolution sociale n’était plus à espérer. À quoi bon transformer la société ? L’important est l’émancipation de soi, pour soi, ici et maintenant. Mais on oublia le premier de ces essais. Car à la fin du xixe siècle, des compagnons aux conceptions bien éloignées de l’individualisme donnent déjà forme, à Montreuil-sous-Bois, à un tout autre projet.
L’ébéniste Méreaux
Aux origines de l’histoire de la Commune anarchiste de Montreuil se trouve celle du militant qui en est le centre de gravité : Émile Méreaux. Ce discret ébéniste de Charonne est peu connu ; on se souvient de lui comme de celui qui a assuré la gérance du Révolté lorsqu’en 1885 le journal genevois est amené à Paris par Jean Grave. Jamais très éloigné du notoire rédacteur anarchiste, Méreaux apparaît à de nombreuses occasions dans les mémoires de ce dernier [1]. « Esprit juste, avisé, intelligence réfléchie plutôt que brillante » [2], c’est un militant de terrain dont le riche parcours passe sous les radars, rien n’étant écrit sous son nom. Pourtant, toute sa vie, il est un infatigable et acharné propagandiste pour la cause, « convaincu jusqu’au fanatisme » [3] des théories libertaires.
Dans les années 1880, il est déjà très actif dans un parti anarchiste alors en plein développement. Comme nombre de ses camarades politiques, il appelle régulièrement à l’agitation au sein des réunions. Cette ardeur se mue en un « révolutionnarisme réfléchi » [4] à la suite des deux années de prison purgées à Poissy pour avoir fait feu sur des agents à la sortie d’un meeting de Louise Michel, boulevard Ménilmontant à Paris. Libéré en 1890, il est devenu plus tempéré mais ses aspirations révolutionnaires n’ont pas cessé pour autant : appliquer les idées des théoriciens du mouvement, développées dans les feuilles éditées par son ami Jean Grave, devient la nouvelle direction donnée à ses efforts.
Vie et mort de la commune
Dès avril 1891, ils sont quelques compagnons de l’est parisien à se réunir chaque semaine chez lui, rue Armand-Carrel à Montreuil. La révolution sociale doit advenir, mais elle n’est pas pour eux l’affaire d’un grand soir ; l’anarchisme est encore jeune, il faut au préalable en installer les idées. Au « courant négatif » de la propagande révolutionnaire, celui de la lutte, doit s’adjoindre un « courant positif », qui doit d’abord « démontrer ce que sera la société future » [5] ; celui qui sera la preuve en actes, « par la production, par l’échange anarchiste, de la supériorité de notre économie sur l’économie politique et bourgeoise actuelle » [6]. Fin 1892, le groupe s’est donné un nom, la « Commune anarchiste » et s’est doté d’un objectif, « la mise en pratique des idées communistes anarchiques » [7].
Le projet est lancé. Les compagnons commencent par s’organiser autour d’un atelier d’ébénisterie, où ils se retrouvent après le travail pour produire des meubles, sans salaire. Libre à chacun d’en prendre un, mais priorité doit être laissée aux besoins les plus pressants ; c’est la prise au tas, sans estimation de valeur – celle défendue par Kropotkine dans La conquête du pain [8], publiée la même année.
L’affaire roule mais il devient nécessaire de s’élargir. Un appel est lancé à ce que d’autres compagnons les rejoignent, se groupant par corporation de métier. Pour que leur œuvre tienne au long cours, les communiers savent que leur sont indispensables les richesses de la terre – « le pain », aurait autrement dit Kropotkine. Prioritaires sont donc les artisans dont le savoir-faire serait utile aux paysans anarchistes des communes environnantes, que l’on irait aider sans frais dès les labours du mois de février 1893. Ce projet n’aboutit pas mais l’appel est entendu : en mars, la commune s’enrichit de la présence de peintres, cordonniers, ménagères, terrassiers, maçons. Les informations manquent pour reconstituer la suite de l’histoire. Seuls d’épars témoignages permettent d’estimer les développements ultérieurs de l’expérience ; l’un provient d’un de ses fondateurs, Lucien Guérineau : « Ce fut surtout un endroit d’exemple de communisme-libertaire et d’entr’aide dans des choses utiles. Au travail chacun y donnait son coup de main dans les soirées après le labeur chez le patron. On y raccommodait mutuellement les chaussures, on s’improvisait cordonnier, menuisier, ébéniste, ferblantier, matelassier, etc. pour confectionner des bancs, des tables, des couvertures de machines à coudre, pour étamer les cuillers, souder des trous aux casseroles, etc. Aucune rétribution n’existait pour le travail, c’était la prise au tas pour les besoins des choses nécessaires à chacun et à la famille. Chaque semaine une conférence avait lieu sur des sujets techniques, scientifiques et sociologiques. »
[9]Selon Guérineau, Reclus leur rend visite, faisant forte impression sur les compagnons. Il est « charmé de l’innovation » [10]. De telle manière que près de deux cents habitants des environs auraient signé une pétition pour réclamer la libération des compagnons suite à leur arrestation, sans succès pour autant. La Commune, œuvre de militants de terrain, ne fut pas assez grande pour être évoquée par plus d’une poignée d’écrits. Lorsque Reclus et Grave, s’essayant à décrire « l’idéal anarchique » ou « la société future » [11], butent sur le fait de devoir en fournir un exemple, c’est l’expérience montreuilloise qu’ils citent. Malgré sa courte existence, n’a-t-elle pas en cela atteint l’objectif qu’elle s’était fixé, d’avoir laissé entrevoir à quelques compagnons ce que pourrait être la société de demain ? Seul vestige laissé à la postérité : La Clairière, une pièce de 1900 de Maurice Donnay et Lucien Descaves, décrivant la vie et la mort d’une petite colonie libertaire. La Commune de Montreuil en donna à Descaves, selon ses propres dires, « le cadre, le décor et le scénario » [12], mais aussi les personnages, inspirés du groupe des communiers qu’il rencontra en 1899 ; « ardent et réfléchi, homme de pensée et d’action » [13], Méreaux se reconnaît dans Rouffieu, le principal protagoniste.
La pièce donne en 1903 son surnom à la Clairière de Vaux, milieu libre soutenu entre autres par Reclus, Donnay et Descaves. À Vaux, il semble qu’on ignora que le nom était lié à une petite commune suburbaine, une décennie plus tôt… dont les ambitions furent éminemment plus politiques.
Elie Oriol, musée de l’Histoire vivante, Montreuil
[1] Jean Grave, Le mouvement libertaire sous la IIIe République, 1930
[2] Dr Durand, « L’ébéniste Méreaux et les “Soirées ouvrières” de Montreuil », Bulletin de la Société des amis du vieux Montreuil, no 6, juillet 1939
[3] Charles Malato,De la Commune à l’anarchie, 1894
[4] Charles Malato, « Mémoires d’un libertaire - De Paris à Paris par Londres », Le Peuple, 4 janvier 1938
[5] La Révolte, no 14, 17 décembre 1892
[6] La Révolte, no 11, 26 novembre 1892
[7] La Révolte, no 9, 12 novembre 1892
[8] Pierre Kropotkine, La conquête du pain, 1892
[9] Lettre de Lucien Guérineau à Max Nettlau en date du 1er janvier 1928, International Institute of Social History, Nettlau papers, ARCH01001.2839
[10] Ibid.] et exprime seulement sa crainte que le pouvoir, voyant s’étendre la Commune, lance contre elle son arsenal répressif. Le temps lui donne raison. Fin 1893, la terreur anarchiste inquiète. Les attentats se multiplient, et lorsque la bombe d’Auguste Vaillant explose à l’Assemblée nationale le 9 décembre 1893, la réponse immédiate fut le vote des « lois scélérates » quelques jours plus tard. Dès le 1er janvier 1894, des centaines d’anarchistes sont arrêtés dont les communiers qui sont emprisonnés plusieurs mois sans jugement. La Commune anarchiste de Montreuil s’arrête ainsi. Toutefois, l’aventure de Méreaux et de ses compagnons se poursuit. Dès 1895, ils se rassemblent à nouveau pour former un groupe d’enseignement mutuel qui devient par la suite les Soirées ouvrières de Montreuil, doyenne du mouvement des Universités populaires.
Une pièce de théâtre et puis après ?
La Commune eut une influence locale. Selon Daniel Halévy, « la propagande était continuelle et simple, les voisins amenaient les voisins et les choses allaient à souhait »[[Daniel Halévy, Essais sur le mouvement ouvrier en France, 1901
[11] Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, 1902 ; Jean Grave,La société future, 1895
[12] André Gaucher, « Nos interviews – Chez les auteurs de La Clairière », La Presse, 13 avril 1900
[13] Lucien Descaves, « Le Congrès des U.P. », Le Journal, 22 mai 1904
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Jérusalem : Le quartier arménien, l’oublié de la colonisation Israélienne
Alors qu’Israël continue son entreprise de génocide à Gaza et à étendre ses colonies en Cisjordanie, le sort du quartier arménien de Jérusalem est resté discret dans les médias. S’il faut se concentrer sur l’horreur subie par les Gazaoui·es et sur un cessez le feu immédiat, ces événements mélangeant capitalisme, corruption et colonialisme sioniste démontrent que ce dernier s’étend aussi aux autres communautés.
Le quartier arménien est le cœur de la présence arménienne à Jérusalem depuis 1600 ans malgré une population de seulement quelques milliers de personnes. Ce chiffre est d’ailleurs en baisse depuis quelques années suite à l’augmentation des loyers, à l’installation de colons juifs et à l’interdiction par Israël d’y construire de nouveaux bâtiments.
En 2021, un prêtre arménien a conclu un accord, au nom du Patriarcat de l’Église arménienne, avec un promoteur immobilier d’origine juive pour céder près de 25% du quartier arménien pour un montant en dessous de sa valeur et y construire un complexe hôtelier de luxe. Les termes de l’accord n’ont pas été entièrement communiqués à la population locale, dont l’essentiel vit dans des propriétés appartenant à l’Église. Jusqu’en 2023, année où la vérité éclate. Des maisons habitées mais aussi une partie du Séminaire seraient concernées, mettant en danger la présence historique arménienne dans la ville. Au vu des termes extrêmement favorables pour le promoteur, de forts soupçons de corruption existent, au point que le prêtre signataire a dû être exfiltré aux États-Unis suite aux protestations des habitantes et habitants du quartier. Le Patriarcat a annoncé avoir été trompé par ce prêtre et a dénoncé l’accord, souhaitant l’annuler. Des procédures judiciaires sont toujours en cours.
Profitant de l’attention portée au début de l’offensive israélienne sur Gaza fin 2023, le promoteur a procédé à diverses intimidations pour déloger les Arméniens et Arméniennes, faisant appel à des colons de Cisjordanie Israéliens venus avec bulldozers, chiens et armes pour intimider la population. Des affrontements violents ont eu lieu et des bulldozers ont déjà commencé à détruire une partie des terrains. La communauté arménienne s’est cependant mobilisée, avec notamment des barricades et une surveillance constante afin d’éviter d’autres incursions. Ce qui n’a pas empêché de nouveaux affrontements en décembre 2023.
Une situation qui rappelle le Haut-Karabagh
Si l’intention initiale du promoteur visait plutôt l’exploitation de terrains fonciers de grande valeur, elle est à mettre en contexte avec l’appel par de nombreux colons à « judéiser » Jérusalem. La jonction du capitalisme et du colonialisme s’est donc faite autour d’un objectif commun : chasser les personnes d’origine arménienne et les autres non-juifs de Jérusalem malgré leur implantation ancienne, comme lorsqu’un patriarche Grec a cédé des terrains à des groupes sionistes d’extrême droite en 2005.
Tandis que les Arméniennes et Arméniens du Haut-Karabagh ont été chassé·es de leurs terres ancestrales par l’Azerbaïdjan en 2023 avec le soutien militaire de l’État d’Israël, celles et ceux qui vivent à Jérusalem ont peur de subir un sort similaire. Il faut donc demander l’annulation de cet accord immobilier qui porte le sceau de la corruption, rétablir la pleine possession de leur quartier aux personnes qui y habitent et assurer la fin de la colonisation sioniste à Jérusalem et en Palestine.
Antonin (UCL Marseille)
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Face à la répression politique, défendons la liberté d’expression du mouvement social !
Les députés LFI Danièle Obono et Mathilde Panot, le militant trotskiste Anasse Kazib, la journaliste Sihame Assbague, la militante franco-palestinienne Rima Hassan, le syndicat Solidaires-Etudiant·es EHESS, le syndicaliste CGT Jean-Paul Delescaut... Ces dernières semaines, de plus en plus de militantes et de militants solidaires de la cause palestinienne ont été attaqués pour « apologie du terrorisme ». On a tenté de les salir, de les bâillonner, et avec elles et eux c’est l’ensemble du mouvement anticolonialiste qui est attaqué.
Ce jeudi 18 avril devait se tenir à l’université de Lille une conférence organisée par La France insoumise et l’association Libre Palestine, animé par Jean-Luc Mélenchon et la militante palestinienne Rima Hassan. Un arc d’alliance rassemblant des élus du PS à l’extrême droite s’est mobilisé pour faire annuler la rencontre : critique contre le logo de Libre Palestine, amalgame entre antisionisme et antisémitisme, refus de la possibilité de tenir des débats politiques à l’Université…
L’administration universitaire a fini par annuler l’événement. Dans la foulée, le préfet a interdit à Jean-Luc Mélenchon d’organiser un meeting dehors pour protester contre cette annulation. Le même jour, le secrétaire de la CGT du Nord, Jean-Paul Delescaut, était condamné à un an d’emprisonnement avec sursis pour « apologie du terrorisme ». Son crime ? Un tract de la CGT 59 après l’offensive palestinienne du 7 octobre 2023, dans lequel elle analysait celle-ci comme une réponse à la politique de colonisation israélienne.
Défendre la cause palestinienne est légitime
Nous condamnons sans équivoque toute dérive antisémite qui se produit au nom de la cause palestinienne. Mais la solidarité avec un peuple victime de la colonisation est légitime. Lutter pour la Palestine, c’est lutter contre notre propre impérialisme, au vu de notre responsabilité dans l’instabilité de la région, des accords Sikes-Picot à l’expédition de Suez. Une solidarité de principe qui n’est en rien un soutien aveugle et inconditionnel ni aux politiques ni aux choix militaires des organisations palestiniennes.
Tandis que la politique du gouvernement et de l’armée israélienne est qualifiée de « génocide » jusqu’à l’ONU et que des milices de colons israéliens ont assassinés plusieurs centaines de personnes en Cisjordanie ces derniers mois, la pression en France est toujours plus forte contre toutes celles et ceux qui se solidarisent avec le peuple palestinien et affirment son droit légitime à la résistance. Droit qui ne saurait justifier des crimes de guerre. Parmi les armes idéologiques utilisées massivement par les défenseurs en France du gouvernement fasciste de Nétanyahou, on trouve l’assimilation de toute tentative d’explication de la violence à un soutien idéologique au Hamas. Ou encore l’affirmation que toute critique contre l’État d’Israël relève de l’antisémitisme.
Cette complicité entre Macron et Nétanyahou ne peut que faire monter l’antisémitisme dans notre pays d’où il n’a hélas jamais disparu, tandis que les discriminations racistes ne sont pas considérées de la même manière par l’Etat et que les musulmans sont devenus les boucs-émissaires de tous les maux de ce pays.
Le durcissement autoritaire de l’Etat français s’aggrave. D’un côté la répression policière violente contre les manifestations. De l’autre la disqualification de toute voix dissidente, englobée dans le fourre tout du « terrorisme ». Un dangereux recul démocratique visant pêle-mêle les militants écologistes, syndicalistes, internationalistes.
L’UCL apporte tout son soutien aux militantes et militants politiques, syndicaux, associatifs poursuivis, et réclame l’arrêt des agressions politiques, médiatiques et juridiques contre l’ensemble des acteurs du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien.
Union communiste libertaire, le 20 avril 2024.
Merci à #FabricePicard pour cette mise en avant de l'#UnionCommunisteLibertaire après une belle série lors de la formation #VigilanceEtInitiativesAntifascistes à Brest. Lisez ce très bon article de #PierrePlottu et construisez les #ContrePouvoirs antifascistes !
#UCLantifa
liberation.fr/politique/la-soc…
La société civile contre l’extrême droite : «Ce n’est pas parce qu’on n’a pas essayé la mort-aux-rats qu’il faut en boire»
Alors que l’acceptation ou la résignation vis-à-vis du lepénisme gagne du terrain, une partie de la société continue à refuser le fatalisme et à se mobiliser contre l’extrême droite.Maxime Macé (Libération)
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Secteurs féminisés : Luttes et victoires des femmes au travail
Retour sur une réunion publique organisée par l’UCL Grenoble le 2 mars dernier sur le thème « luttes et victoires des femmes au travail » qui comportait une table ronde avec des femmes syndicalistes venues nous parler de leurs luttes.
Le 6 mars 2023, nous avions tenu une réunion publique sous forme de conférence pour présenter la brochure « Les enjeux de la syndicalisation des secteurs féminisés ». Nous avions fait le choix de raconter plusieurs histoires de luttes victorieuses de femmes comme, entre autres, celles des Penn Sardin en 1924, ou plus récemment des ouvrières du pays Basque en 2021. En plein combat pour les retraites, les retours du public traduisaient la foi en la grève féministe et l’espoir dans le 8 mars. C’est sur cet enthousiasme insufflé par les récits de lutte d’hier et d’aujourd’hui que nous avons misé cette année.
S’inspirer de deux expériences locales et faire du lien
Deux syndicalistes CGT étaient invitées à la table ronde. L’une est aide à domicile à ADF38, la seconde ingénieure à STMicroelectronics (ST). Chez les aides à domicile d’ADF38, exemple-type de secteur féminisé, il y a 4 hommes (dont le directeur) pour 200 salariées. La camarade a relevé les injustices de la convention collective de cette branche. Parmi leurs revendications : la prise en compte des kilomètres entre domicile et travail et des heures de traval dissimulées, un meilleur plan de formation, des locaux, du matériel, des chèques restaurant, la suppression des trois jours de carence, l’augmentation des salaires et enfin la réduction du temps de travail à 32 heures payées 35 heures. La camarade de STMicroelectronics nous a raconté l’action en justice victorieuse qui a conduit à épingler le géant de l’industrie grenobloise pour discrimination de genre et en raison de la grossesse en 2023. Les défis actuels des militantes de ST sont la facilitation des temps partiels des ouvrières et la lutte contre les écarts de carrière : en fin de carrière, l’écart salarial entre hommes et femmes est encore de 20%.
Outre la hiérarchie genrée et l’inertie imposée par la présence de syndicats réformistes, les deux contextes sont différents. Si les salariées d’ADF38 – de fait, exclusivement entre femmes – identifient sans problème l’injustice qu’elles subissent, les ingénieures de ST, lorsqu’elles parviennent à prendre conscience qu’elles ne sont pas épargnées par le sexisme, doivent encore batailler avec leurs collègues et camarades hommes. La discussion sur les modes d’action a abordé la syndicalisation. La réforme des retraites a permis à la CGT d’ADF38 de recruter. L’ancrage territorial via l’Union locale de Fontaine a fourni aux travailleuses le point d’appui matériel qui leur manquait : un espace pour parler et s’organiser. Chez ST, l’afflux de jeunes recrues fortement féminisées, étrangères et racisées met le syndicat face à son image historique et à la responsabilité qui est désormais la sienne : s’adresser à ces nouvelles camarades et les joindre à la lutte.
Adapter les modes d’action aux contraintes des métiers
Dans les secteurs féminisés, la grève demeure un outil essentiel, mais à améliorer : « les salariées veulent, mais beaucoup ne peuvent pas », souligne la camarade aide à domicile. La coordination avec les familles des usager·es leur permet actuellement de dégager du temps militant, à condition d’avoir un lien de confiance. Les salariées réfléchissent alors à de nouveaux modes d’action : mini-blocages stratégiques en se rendant toutes au même moment à l’unique micro-ondes ou aux deux seuls ordinateurs, grève des bilans attendus à échéance régulière par le département...
Cette réunion publique s’inscrit dans un contexte local où les secteurs féminisés sont au premier plan des luttes. Fin février, les salariées d’Elior-Derichebourg (société de nettoyage privée en charge des locaux de l’administration de l’État en région grenobloise) se sont mises en grève suite à l’annonce, sans concertation, de la mutation forcée de treize salariées d’une semaine à l’autre. Ces travailleuses déconsidérées, mal payées, souffrant parfois de problèmes de santé, seraient envoyées travailler en CHU ou en EHPAD sans formation adéquate.
Leur lutte s’est vite reliée au cas de l’Institut d’études politique de Grenoble, dont le nettoyage est en voie d’externalisation. Personnels et étudiant·es sont actuellement mobilisé·es pour empêcher ce projet, car la privatisation du ménage contribue à la casse du service public et à la corvéabilité accrue des employé·es dont Elior-Derichebourg est le résultat flagrant. Ce 8 mars, Rachel Kéké – figure emblématique de la lutte victorieuse des femmes de ménage de l’Ibis Batignolles devenue députée LFI – est venue médiatiser, s’entretenir et défiler avec les employées de ménage grévistes aux couleurs de la CGT.
En parallèle, l’UD CGT de l’Isère a organisé une conférence-débat sur les intersections entre la loi raciste « Immigration » et les secteurs féminisés. L’UD a travaillé sérieusement sur le mot d’ordre de la grève féministe, si bien que le cortège CGT du 8 mars à Grenoble était d’une visibilité inédite. L’UCL Grenoble continue d’encourager l’essor de ces lignes féministes et antiracistes au sein de la CGT iséroise.
Billie et Artémis (UCL Grenoble)
Syndicalisons les secteurs féminisés !
Aides à domiciles, ouvrières de nettoyage, infirmières, assistantes d’éducation (AED), caissières, accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH), ect. Nos métiers sont indispensables au fonctionnement du système capitaliste, ce qui nous donne une force : si on s’arrête, le monde s’arrête ! S’organiser collectivement pour de meilleures conditions de travail apparaît donc nécessaire, via des syndicats de lutte, de masse, et autogestionnaires. Beaucoup de travail reste à faire pour créer ces syndicats, les pérenniser, les massifier et les mettre en lien.
Notre campagne pour la syndicalisation des secteurs féminisés porte différents objectifs : convaincre de la pertinence de l’afficher comme une priorité politique, mais aussi mettre en lien des syndicalistes d’une même localité, car nous pensons que les liens tissés entre les luttes et les personnes nous permettent d’augmenter nos forces. À Fougères, Rennes, Grenoble, Lyon…
Nombreux sont les groupes locaux qui ont organisé des événements autour de la brochure, nombreuses sont les discussions qui ont déjà été menées sur le sujet. Nous espérons qu’elles pourront insuffler de nouvelles déterminations et participer au renforcement de la lutte syndicale féministe au sein de ces secteurs.
#BreizhEnepfaskour
Le tract #UnionCommunisteLibertaire du grand ouest pour la manif de demain à #SaintBrieuc 14h parc des promenades (12h pour le picnic) : il y a aura un cortège UCL et plus largement un cortège libertaire ainsi qu'une table de presse UCL avec notamment #AlternativeLibertaire !
Contre l'extrême droite : coordonner, rassembler, construire les contre pouvoirs antifascistes
Depuis les événements de Callac, l’extrême-droite en Bretagne est dramatiquement sur le devant de la scène. Nous ne comptons plus les agressions de militant·es ou à l’encontre des minorités de genre, les attaques et tags ciblés, les menaces contre les médias progressistes ou les lieux de culte musulmans…
Le fascisme, roue de secours du capitalisme
Nous ne pouvons pas dissocier ce qui se passe en Bretagne d’un contexte global.
Longtemps, le monde politique a rejeté l’idéologie d’extrême-droite, se posant en " rempart " face au FN devenu Rassemblement National. Ce « barrage républicain » montre aujourd’hui son vrai visage : un cynique outil de maintien du pouvoir entre les mains des mêmes personnes. En témoignent des années de politiques libérales, et de casse sociale qui mettent dans la pauvreté de plus en plus de personnes, tout en détruisant les mécanismes de solidarité collective. Le gouvernement actuel ne se cache même plus de faire ce que l'extrême droite souhaite, comme l’illustre la dernière loi Immigration, la répression du mouvement social (syndicalistes, écologistes, solidarité internationale avec la Palestine, meeting de la France Insoumise etc.) et l'opération " Mayotte place nette " qui s'attaque entre autre au droit du sol et aux droits élémentaires des migrant·e·s... Le tout, sous un tonnerre d'applaudissements du RN.
Le système politique en place par son autoritarisme et son fanatisme idéologique en faveur des capitalistes, a créé les conditions favorables à la montée de l'extrême droite que nous affrontons aujourd’hui.
BZH enepfaskour !
La mobilisation du 21 avril à Saint Brieuc est une étape pour affirmer en masse le refus des idées d’extrême droite. Mais au-delà de cette manifestation, ce sont bien des réponses politiques qu’il faut apporter. Le fascisme a toujours été un instrument de maintien du pouvoir de la bourgeoisie en contexte de crise, et la montée des nationalismes dans le monde nous alerte sur l’urgence d'affirmer et de construire un autre modèle de société.
En effet, il n’est plus possible d'espérer adapter notre système politique et économique pour le rendre plus viable. Précarisation croissante d’une large majorité, racisme affiché par les puissants, urgence écologique, recul des droits des femmes et LGBTQI+... Le constat est sans appel. Si nous laissons les pouvoirs en France et partout ailleurs faire de nos vies un champ de profit, il n'y aura aucune limite pour contenir leur avidité.
Aussi, il est urgent de construire le pouvoir populaire en renforçant notre implication dans les organisations de masses et de classe. Face à la fascisation de la bourgeoisie et des élites politiques, soyons prêt·e·s à rendre les coups en organisant la solidarité, l'autogestion et le rapport de force sur nos lieux de vie, de travail et d'étude. Soyons également présent·e·s dans les organisations antiracistes, anti-impérialistes, féministes et LGBTI+ qui agissent au quotidien contre l'extrême droite, ses idées et ses lois. Partout où c'est possible, créons du lien : notre implication révolutionnaire dans le renforcement et la coordination de ces luttes quotidiennes sera la clé de voute de la victoire antifasciste !
Contre l'extrême droite, révolution sociale et libertaire !
Il nous faut donc remettre en question le capitalisme, qui produit une classe d’exploité·es et de précaires, et transformer les fondements patriarcaux et racistes de nos institutions actuelles
Pour nous, combattre les idées d’extrême-droite, c’est combattre le terreau favorable à son émergence et son implantation, et donc, changer de système : car le capitalisme engendrera toujours la misère et favorisera le repli sur soi.
Combattre les idées d'extrême-droite, c'est donc :
- lutter contre la précarisation grandissante de la société, en resocialisant le travail : c'est nous qui produisons, c'est nous qui décidons !
- se réapproprier nos outils de décision démocratique : démocratie directe et autogestion !
- s'organiser sur les bases de l'anti-racisme et de l'anti-impérialisme :
- lutter contre le patriarcat sous toutes ses formes : non au sexisme institutionnalisé, à l'homophobie et à la transphobie ! Les mêmes droits pour tous et toutes !
- replacer l'écologie au centre de notre modèle économique : contre le capitalisme et ses crises, produisons local, utile, écologique !
- soutenir les luttes contre l'extrême droite et la montée des fascismes partout : en Bretagne, en France, en Europe (Italie, Hongrie, Allemagne...) et dans le Monde ! Nos luttes sont internationalistes !
FACE AUX CRISES CAUSÉES PAR LE CAPITALISME, L’EXTRÊME-DROITE N'EST PAS LA SOLUTION : C'EST LE PROBLÈME !
CONTRE LE CAPITALISME ET LE NEO-FASCISME : SOCIALISATION, AUTOGESTION, REVOLUTION !
LE 21 AVRIL, NOUS MARCHONS A SAINT-BRIEUC,
TOUS LES JOURS, ORGANISONS-NOUS POUR CONSTRUIRE UN AUTRE FUTUR !
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Bevañ an etrebroadelouriezh, Bretagne internationaliste
Afin de commémorer le combat d’un militant breton s’étant battu pour la révolution au Rojava, une rencontre a eu lieu en février à Rennes. L’occasion de réfléchir et débattre d’une question essentielle pour tous les révolutionnaires, l’internationalisme.
Le 10 février 2024 était organisée une rencontre internationaliste à Rennes : « Bevañ an etrebroadelouriezh » (« vive l’internationalisme » en breton). Cette rencontre est née de la volonté d’organiser un hommage à Kendal-Breizh/Olivier Le Clainche, militant breton indépendantiste et libertaire qui avait rallié la révolution au Rojava (partie Kurde du nord de la Syrie) en 2017.
Il a rejoint les combattantes et combattants des YPG-international, participé à la libération de Raqqa et à l’offensive de Deir ez-Zor contre Daesh, avant de se joindre à la défense d’Afrin alors violemment attaquée par la Turquie d’Erdogan et ses milices djihadistes.
C’est dans cette région, bastion du mouvement révolutionnaire Kurde, qu’il est tombé martyr le 10 février 2018. Afin de rendre hommage à Kendal-Breizh et à ses combats, une journée sur de l’internationalisme a été organisée.
L’initiative a été portée par sa famille, ses ami⋅es et camarades ainsi que par le réseau internationaliste francophone de soutien aux luttes kurdes « Serhildan » et le CDKR (Centre démocratique kurde de Rennes).
Elle a rassemblé plus de 200 personnes d’organisations et de localités différentes. Cette journée a démontré la force que peut avoir la lutte internationaliste et les applications concrètes qu’elle peut prendre, au-delà des grandes théories.
En son cœur : prendre soin de ses morts et connaître leurs histoires, réfléchir à nos stratégies de luttes et produire des critiques collectives. Elle a rendu compte de l’importance de construire l’internationalisme localement et matériellement.
Tisser des solidarités entre les peuples
La journée a débuté par des hommages rendus à Kendal Breizh. Le CDKR a nommé les « liens du sang » unissant Olivier à la « famille » de celles et ceux qui luttent pour la révolution. Les ami·es et camarades ont chanté et lu des poèmes en breton, en kurde, en français. Les camarades du bataillon des YPG-international ont envoyé une vidéo.
Une lettre qu’il avait écrite lui-même au cas où il venait à en mourir a été lue par une amie. Habitude dans la tradition du mouvement de libération kurde, un lieu était prévu pour commémorer les martyrs tombé⋅es dans la défense d’Afrin. Les personnes présentes ont été invité⋅es à ajouter les photos de gens auxquels ils et elles souhaitaient rendre hommage.
Ici, les défuntes et défunts ne s’oublient pas, ils et elles font partie de la trame collective et relient celles et ceux qui luttent. L’après-midi a débuté par la présentation d’un travail historique sur les luttes internationalistes en Bretagne : de l’influences des internationales à la Révolution espagnole, en passant par les liens entre luttes de libération nationale.
Des entretiens de militants et militantes ont illustré ce que peut vouloir dire un engagement internationaliste en Bretagne. La connaissance de cette histoire nous permet de perpétuer cette solidarité entre les peuples, de s’en réclamer et d’opposer ces expériences concrètes au sentiment d’impuissance qui peut nous traverser face à l’ampleur de l’offensive du capital.
Elle nous permet de ne pas oublier nos morts et mortes, d’apprendre de leurs combats et de leurs limites. C’est aussi là le sens d’entretenir la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie en se battant pour des causes justes.
S’interroger sur les enjeux et les pratiques
Une table ronde a ensuite été l’occasion de faire dialoguer des acteurs et actrices de l’internationalisme d’aujourd’hui. Nous nous sommes interrogé·es sur les enjeux, les pratiques internationalistes et la complémentarité des modes d’actions des organisations invités : l’accent est mis sur la formation aux théories et pratiques des kurdes pour l’Académie de la Modernité Démocratique (association de diffusion du paradigme du mouvement confédéraliste Kurde), la solidarité concrète et politique avec les précurseurs révolutionnaires pour le Secours Rouge International (organisation de soutien politique aux révolutionnaires subissant la répression), une pratique d’échanges sous forme de voyages d’étude de brigades internationalistes, et l’investissement dans les luttes locales des pays visités pour Askapena (organisation internationaliste Basque).
Toutes ont souligné la nécessité d’apprendre des autres luttes pour renforcer les leurs.
Pour clore la journée, artistes du Kurdistan et de Bretagne se sont relayé⋅es sur scène pendant que la salle dansait sur des pas traditionnels, les danseurs et danseuses de fest-noz ne déméritant pas dans leur apprentissage des danses kurdes !
L’internationalisme : un enjeux crucial pour les révolutionnaires
Nous ressortons de ce moment politique avec de la force, des réflexions et l’envie de continuer à avancer sur ce chemin. Les capitalistes et les puissances impérialistes sont extrêmement organisés mondialement. Pour nous défendre et opposer des alternatives émancipatrices, nous devons en faire autant.
L’internationalisme s’est développé au fil du temps dans des structures aux idéologies différentes : le socialisme ou les luttes de libération nationale de gauche. Ils ont permis de mettre en commun des expériences, d’identifier des ennemis communs et de construire des analyses partagées quant à l’émancipation des peuples à une époque donnée.
Nous avons le rôle d’entretenir la mémoire, de transmettre cette riche histoire, de revendiquer cet héritage et tirer les leçons des différentes stratégies qui ont eu cours, pour penser notre pratique actuelle de l’internationalisme.
On peut questionner la période de référence quand on étudie l’Histoire de l’internationalisme : la solidarité entre les peuples a pré-existé à la théorisation du socialisme. De même, les luttes internationales débordent largement le cadre traditionnel, en témoignent les luttes écologistes et féministes construites sur des bases locales solides.
Dans un monde où l’offensive du capital est féroce économiquement et politiquement, les espaces de partage, de célébration et de réflexion tel que l’hommage à Kendal Breizh sont plus que jamais cruciaux et ouvrent des portes aux imaginaires de luttes collectives renouvelées.
UCL Finistère
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Intersectionnalité : Pour des luttes écologiques antiracistes et populaires
Les quartiers populaires sont à l’intersection des dominations et subissent plus fortement les conséquences de la pollution et du réchauffement climatique. Pourtant, les liens entre mouvement écologiste et luttes de ces quartiers peinent encore à se créer malgré des premiers pas encourageants.
Les quartiers populaires sont au croisement de diverses formes de domination. L’État raciste y déploie des mécanismes coloniaux qui rendent la vie des habitant·es extrêmement difficile : réduction des services publics, autoritarisme accru au détriment de l’éducation, exclusion géographique avec moins de transports en commun, violences policières… À cela s’ajoute une qualité de vie fortement impactée par les crises environnementales. Les quartiers populaires sont recouverts de béton ce qui renforce les îlots de chaleurs.
À l’inverse les quartiers plus riches des métropoles accumulent les espaces verts (privés ou publics) qui permettent un rafraîchissement lors des canicules.
[1]Les quartiers populaires sont construits dans des zones non prisées des villes, souvent à proximité des autoroutes ou des sites industriels, les exposant ainsi à une pollution importante. Par exemple, à Lyon, les écoles classées en REP/REP+ (Réseau d’éducation prioritaire) sont trois fois plus nombreuses dans les zones fortement polluées par le dioxyde d’azote (NO2) (dépassant les 40 μg/m³, la valeur limite réglementaire annuelle)
[2]Des luttes en parallèle…
Pour faire face à ces injustices sociales et écologiques, les habitant·es des quartiers populaires s’organisent à travers des collectifs de lutte, des syndicats de personnes concernées, etc., pour défendre : le droit d’accès à la piscine avec le maillot couvrant, l’amélioration les menus des écoles… En parallèle, existent les luttes contre les grands projets inutiles et pour la réappropriation des terres : les mégas bassines, No TAV… Mais, ces deux sphères de lutte peinent à se rencontrer et plusieurs éléments peuvent l’expliquer.
Premièrement, comme on a pu l’observer après l’assassinat de Nahel, quand un mouvement émanant des quartiers populaires prend forme, on note une certaine méfiance et un temps d’observation s’applique par manque de (re)connaissance de ces luttes. Deuxièmement, les modes d’action sont différents. Par exemple, une action tenue secrète ou illégale entraîne une sélection des potentielles participant·es. Nous vivons dans un État raciste et autoritaire, qui fait que les risques encourus par les personnes ne sont pas les mêmes selon leur racisation. Ainsi, vouloir faire de la désobéissance civile sans réelle stratégie autre que la massification, implique, forcément, un filtre sur les participant·es. De plus, les habitant·es de quartiers populaires subissent du racisme à outrance, un racisme qui les exclue tous les jours, les faisant sentir pas chez eux », donc comment on peut s’attendre à une quelconque défense des terres dans un territoire qui n’est pas « notre ».
Enfin, le peu d’espaces communs existant nous cloisonne, ce qui entrave notre solidarité de classe. Redynamiser les Unions locales des syndicats, les bourses du travail, les maisons des habitant·es ou encore créer des maisons de l’écologie populaire (tel que Verdragon) [3] sont des pistes pour recréer des espaces communs de solidarité et de lutte.
… qui gagneraient à s’entraider
Cependant, quelques liens existent et mériteraient d’être renforcés. En 2020, il s’est déroulé une manifestation conjointement organisée par le Comité Adama et Alternatiba sous le slogan commun : « Génération Adama, Génération climat : on veut respirer ». Cette solidarité face à la répression est importante, il est ainsi nécessaire de construire des liens pour lutter ensemble et faire preuve d’une réelle entraide de classe. Cela ne pourra avoir lieu sans une remise en question profonde des dynamiques racistes présentes au sein des organisations majoritairement blanches.
Oum et Léo (UCL Grenoble)
Fatima Ouassak, Pour une écologie pirate, La Découverte, 198 pages, 17 euros.
[1] Correia, Mickaël, Huet, Donatien et Rossi, Cédric, « Inégalités climatiques : comment les riches accaparent les espaces verts » », Médiapart.
[2] Deguern, Séverine, Desfontaines, Valérie, Soret, Jodie, Stahl, Mina, Talantikite, Wahida, Vandentorren, Stéphanie et Vasseur, Pauline, « De l’injustice sociale dans l’air. Pauvreté des enfants et pollution de l’air », rapport final de l’UNICEF, octobre 2021
[3] Verdragon, Maison de l’Écologie Populaire, est un lieu/projet co-construit par Alternatiba Paris et Front de mères plus d’info dans l’espace consacré sur le site Front2meres.org.
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Extractivisme : Les luttes écologistes au-delà des frontières
Du Pérou à Grenoble et partout dans le monde, l’extractivisme dépasse les frontières pour piller les sols et dominer le vivant. Pour y faire face, apportons une vision internationaliste et décoloniale dans nos luttes écologiques.
L’extractivisme représente un mode capitalistique et colonial d’accumulation des richesses et repose sur l’extraction d’importantes quantités de ressources naturelles (fossiles, minières, forestières, etc.) principalement destinées à l’exportation vers les empires coloniaux.
Comme le décrit Eduardo Galeano dans son livre Les veines ouvertes de l’Amérique Latine, le pillage des terres et sous-sols de l’Amérique Latine, ainsi que l’exploitation de la force de travail et de l’esclavagisation des peuples autochtones, sont étroitement liés à la formation et à la configuration du capitalisme mondial.
L’extractivisme, renouvellement du colonialisme, met en lumière le fait que les communautés résidant sur des terres riches en ressources sont dépouillées de ces dernières. De nombreux chercheurs et chercheuses évoquent la « malédiction des ressources », soulignant que ces précieuses ressources sont exploitées pour alimenter l’économie des pays occidentaux, laissant aux populations autochtones des gains financiers minimes, voire négatifs tout en pillant leur sol et sous-sol et polluant leur environnement. Ce système perpétue diverses formes de domination en déplaçant les richesses du Sud global vers le Nord global.
Prenons l’exemple de La Oroya [1], une ville d’environ 33 000 habitant·es, située dans la chaîne de montagnes centrale du Pérou. Depuis 1922, elle a été le site d’une fonderie métallurgique principalement exploitée par l’entreprise américaine Doe Run-Peru. Le complexe a longtemps été la principale source d’emploi de la région, cependant, l’activité métallurgique a entraîné une grave pollution de l’air, du sol et de l’eau. En 2000, La Oroya a été classée parmi les dix villes les plus polluées au monde, avec des niveaux alarmants de plomb dans le sang des habitant·es (97 % des enfants âgés de 6 mois à 6 ans ont encore des niveaux élevés de plomb dans le sang). Certains parents ont mené une action collective au siège de l’entreprise Doe Run, aux États-Unis.
Le capitalisme détruit la terre et les corps
En 2009 des mesures sont enfin prises contre l’exploitant américain et le complexe métallurgique est fermé. Mais, c’est loin d’être une victoire, la population locale continue de subir les conséquences néfastes de la contamination persistante tout en faisant face au chômage, ce qui pousse les syndicats à réclamer la réouverture du complexe afin de pallier le manque d’emploi.
Cet exemple, parmi tant d’autres, appuie la nécessité d’une révolution des modes de production qui passe par la maîtrise de la production par les travailleuses et travailleurs. Cette révolution constituera le moteur essentiel de la lutte contre le système colonial et extractiviste, mettant ainsi fin à l’exploitation intensive des sols et sous-sols de régions entières, à l’exploitation du vivant et des populations autochtones, à la surproduction et une remise en cause des procédés industriels polluants…
Les luttes écologiques à l’heure de la mondialisation
De l’autre côté de l’Atlantique, dans le bassin grenoblois, une lutte contre l’agrandissement du site de Crolles de STMicroelectronics bat son plein avec le collectif StopMicro. L’entreprise, qui produit des semi-conducteurs, consomme une quantité significative d’eau dans un territoire où la compétition pour l’accès à l’eau est intense. Après l’agrandissement, l’industriel prévoit de tripler sa consommation d’eau par rapport à 2021 ce qui représente une aberration écologique dans une région déjà en tension hydrique. La CGT ST Crolles, s’est également prononcée sur le sujet et appelle les salarié·es à se saisir des enjeux environnementaux que pose leur activité et critique la direction sur le manque d’ambition pour trouver des solutions effectives.
Face à cette lutte contre l’agrandissement de STMicroeletronics, certain·es défendent l’argument de la relocalisation de la production, mais en réalité, l’agrandissement de l’usine de Crolles ne va pas remplacer une usine ailleurs, mais s’y ajouter. Cependant, il est important de reconnaître l’effet rebond des réglementations environnementales françaises qui engendrent une délocalisation de la production et donc des pollutions et un pillage des sols d’autres régions. Il est donc nécessaire d’apporter un prisme décoloniale dans les luttes contre les grands projets inutiles. Ainsi, à côté d’une révolution de la production il faut mener une révolution des échanges en défendant l’autonomie productive. Libérées des dépendances des multinationales, les territoires, à l’aide de la production locale et des circuits d’échange courts, doivent être en mesure de subvenir à leurs besoins, évitant ainsi les pollutions et pillages d’autres territoires.
Si la lutte contre l’agrandissement de STMicroeletronics et celle de la ville péruvienne La Oroya sont géographiquement opposées, elles ont un ennemi commun de taille : le capitalisme qui réussit à s’adapter et à se renouveler en utilisant d’autres dominations afin de perpétuer son essor. Ainsi, pour préserver les ressources et le vivant, nous devons mener des luttes écologiques, décoloniales, anticapitalistes et internationales par-delà les frontières.
Léo et Oum (UCL Grenoble)
[1] Environemental Justice Atlas ejatlas.org
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Détails sur frontcommun22.wordpress.com
#UCLantifa #RiposteAntifasciste #AutodesfenseProletarienne
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Marseille antifasciste les 3/4 mars, 2 jours pour éclipser la flamme
#LePen et #Bardella avaient choisi #Marseille pour lancer leur campagne européenne. En réaction, des milliers de personnes ont défilé contre le RN et participé à un rassemblement antifa
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Marseille antifasciste les 3 et 4 mars Deux jours pour éclipser la flamme – UCL - Union communiste libertaire
Le Pen et Bardella avaient choisi la cité phocéenne pour lancer leur campagne européenne. En réaction, des milliers de personnes ont défilé contre le RN (ici dans le tunnel du boulevard National), et…UCL - Union communiste libertaire
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Congrès syndical national : Solidaires à un tournant
Le 9e congrès national de l’Union syndicale Solidaires aura lieu du 22 au 26 avril. Comment fonctionne un congrès à Solidaires et quels en sont les principaux enjeux ?
Le congrès sera l’occasion de revenir sur les trois dernières années. Au-delà des questions internes, se posent les questions de l’efficacité de notre action sur les salaires, de la lutte contre la régression des droits, la montée de l’extrême-droite, la résurgence de la guerre en Europe et l’accélération de la crise climatique.
Quelle démocratie dans Solidaires ?
La question démocratique est une pierre angulaire du courant syndical autogestionnaire qu’incarne Solidaires en France. Mais qu’en est-il vraiment dans l’organisation du congrès ?
Le comité national (parlement de l’Union où sont représentés les syndicats nationaux et les UD unions départementales) a décidé en juillet 2023 des thématiques du congrès.
Ensuite des commissions, coordonnées par le secrétariat national et ouvertes à la participation de chaque syndicat national et chaque UD, ont eu lieu à l’automne. Elles ont débouché sur une « version 0 » des textes qui doivent faire consensus pour servir de base afin d’être amendés. Puis le comité national de janvier 2024 a validé ces textes.
Ensuite, les syndicats et UD ont fait des amendements. Une commission s’est réunie pour intégrer ceux qui améliorent les textes de façon consensuelle. Restent maintenant les amendements qui portent des idées/positions nouvelles, demandent des suppressions ou des réécritures massives qui seront eux discutées en congrès.
En congrès et dans l’Union, c’est la pratique du consensus qui prime, pour éviter un système de « minorité/majorité », pourvoyeur de tensions internes et de risques de scléroses sectaires. Ainsi chaque commission de congrès discute les amendements maintenus et voit s’ils peuvent être intégrés.
Elle a toute latitude pour réécrire des propositions et les intégrer. S’il n’y a pas de consensus, la structure qui porte l’amendement peut décider de le retirer ou de le soumettre au vote du congrès. Là il faut ⅔ des voix en « pour » dans le collège des structures nationales et dans celui des UD pour que l’amendement soit validé.
Bref, aller au vote n’est pas le meilleur moyen de faire passer une position.
Pour la tenue des débats, Solidaires s’est doté d’une charte des congressistes « Pour un congrès solidaires libre d’oppressions, inclusif et accueillant » et d’une cellule spécifique mise en place pendant le congrès.
Mais il parle de quoi ce congrès ?
Sur le fond, il y a 3 résolutions. La première « Notre syndicalisme dans un monde en crise » aborde les positions, les alliances (en particulier l’Alliance Écologique et Sociale, ex-Plus Jamais Ca) et priorités des 3 ans à venir pour faire face aux urgences sociales et écologiques, à la montée de l’extrême droite, etc.
La seconde « Enrichir, adapter et faire évoluer notre revendicatif » permet d’approfondir certains sujets, en particulier concernant les droits des femmes (congés menstruels, disposer de son corps, violences conjugales IVG), les handicaps et le validisme et la construction d’un syndicalisme inclusif, le renforcement de la protection sociale (élargie aux questions alimentaires, de logement, environnementales, etc.).
La troisième résolution, « Notre outil syndical », posera la ¬question de l’unité et de la recomposition intersyndicale. Elle abordera également le développement de l’Union dans les secteurs et territoires, la place des instances de représentation des personnels dans le syndicalisme Solidaires, le renforcement de la formation, la démocratie interne et la mise en place d’un protocole en cas de présence d’extrême droite au sein de Solidaires.
Un Syndicalisme alternatif toujours d’actualité ?
Solidaires, qui vient d’avoir 25 ans, a dû faire face ces der¬nières années à différents problèmes. Le plus sérieux reste certainement le « conflit du commerce » qui a mis en exergue les pratiques antidémocratique de ce qui s’appelait la « fédération commerce et service ». Hélas, si l’Union a montré sa capacité de réaction et de défense collective en suspendant cette fédération, elle est restée au milieu du guet en ne pouvant l’exclure : il faut pour cela l’unanimité et certains syndicats pour des raisons différentes, n’ont pas suivi la grande majorité des structures.
Développant un syndicalisme de lutte et de transformation sociale et ayant appelé explicitement à reconduire la grève au 7 mars 2023, Solidaires a eu une forte exposition pendant le mouvement des retraites. Mais est-ce cela se traduit dans les adhésions et le renforcement de notre syndicalisme ? C’est ce que nous allons devoir vérifier dans une période de transition pour Solidaires qui a vu stagner et peut-être légèrement baisser le nombre d’adhérent·es.
Deux enjeux « intemporels » depuis la création de l’Union seront à nouveau de la partie. D’une part faire en sorte de construire l’Union et d’éviter les égoïsmes de chapelle ou le rapport « intéressé » à l’interpro. D’autre part, avancer sur notre structuration pour faciliter la syndicalisation et accélérer notre développement dans le privé.
Enfin, le congrès discutera de la question de la recomposition syndicale avec l’objectif affiché d’ouvrir à la sortie du congrès une discussion sur cette thématique. Le contexte des échanges entre la CGT et la FSU engagée en fin d’année dernière ouvre des possibles tout en étant compliqué. La FSU continue de travailler avec Solidaires sur ce sujet (même si la CGT prime chez le courant majoritaire Unité et Action, proche du PCF).
Côté CGT, si le discours public rejoint celui de Solidaires sur « les menaces de l’extrême-droite », la porte à une recomposition est pour le moment fermée à cause de tensions qui existent dans certains secteurs, comme le rail. C’est un revirement par rapport à la « période Martinez » plus ouverte vis-à-vis de Solidaires.
Où l’on voit l’impact concret du dernier congrès confédéral de la CGT, avec une « direction » dans laquelle les syndicats du rail, de l’énergie et le PCF occupent une place importante et où une partie de la CGT ne veut pas s’encombrer des « gauchistes » de Solidaires.
Au final, nous verrons à ce congrès si le projet de Solidaires d’un syndicalisme alternatif en lien étroit avec le mouvement social est capable de continuer de s’adapter à la période et de finir sa mue de jeunesse pour entrer pleinement dans sa vie adulte.
Des communistes libertaires à Solidaires
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États généraux de l’information : Des enjeux démocratiques et financiers
Poursuivant la méthode Macron des États généraux qui ne servent à rien, des États généraux de l’information se sont ouverts en octobre 2023 pour des conclusions en juin 2024. Sans illusion sur le sérieux de la concertation, les enjeux sont néanmoins considérables. Une poignée de milliardaires et deux banques contrôlent l’essentiel des groupes médias (presse-radio-télé). Et les mutations technologiques multiplient les risques d’extinction d’une information contradictoire. Un réel pluralisme est pourtant la base d’une vraie démocratie.
De nombreuses lois et règlements régentent la presse écrite et ses riches subventions. D’autres gèrent radio et télévision : attribution de canaux, contrôle des contenus... Celles qui partagent le gâteau publicitaire sont aussi complexes que les droits et devoirs des journalistes : diffamation, protection des sources… Alors quand le gouvernement annonce qu’il va « moderniser » l’ensemble, les professionnel·les se précipitent pour défendre leurs pré-carrés et les citoyens et citoyennes doivent surveiller de près les conséquences sur la démocratie. D’autant que le développement des plateformes numériques, des algorithmes et de l’intelligence artificielle pose de nouveaux problèmes dans le choix des informations mises en avant, dans la reproduction automatique des idées dominantes et la production de fausses nouvelles.
On ne sait rien des projets de Macron, sinon la réaffirmation du droit du propriétaire à choisir la ligne éditoriale des médias qu’il possède. Une même réflexion se mène à Bruxelles. Le « Comité » européen qui veille sur l’audiovisuel élargit ses compétences à la presse écrite en musclant ses prérogatives : sur le secret des sources et la cybersurveillance des médias au nom de la « sécurité nationale », sur la concentration des médias, sur le retrait de contenus au nom de la lutte contre les ingérences extérieures. Ce qui revient à l’officialisation d’une censure qui sanctionnera tout aussi bien des opinions « révolutionnaires » le jour venu.
Des États généraux de la presse indépendante
Autour de Mediapart s’est construit une contre-initiative : les États généraux de la presse indépendante. Une centaine de médias ont produit 59 mesures, présentées le 30 novembre à Paris devant mille personnes puis déclinées en rencontres décentralisées. Alternative libertaire s’est associé à cette dynamique malgré les limites du document car il comporte nombre de revendications intéressantes, contre la concentration des médias ou sur la protection des sources et l’indépendance des rédactions. Ce document est néanmoins très marqué par des revendications corporatistes (aides à la presse réservées aux médias employant des journalistes professionnels) et par une illusion sur l’éthique journalistique dont l’indépendance suffirait à l’impartialité de l’information.
Dans sa longue intervention, Edwy Plenel a enfoncé le clou en opposant médias d’information et médias d’opinion. Faut-il alors brûler la presse politique et syndicale, culturelle, littéraire, associative, scientifique qui repose sur du bénévolat ou des experts et universitaires, presse qui représente une part importante du pluralisme réel ? Faut-il croire au concept de neutralité journalistique ? Or l’attribution du numéro de CPPAP [1] qui permet d’accéder à certaines aides pourrait être réservée aux seuls médias embauchant des journalistes professionnels. Cela provoquerait une hécatombe et Alternative libertaire serait au rang des victimes.
Pour un pluralisme organisé (personne peut nous canaliser)
La liberté d’expression est une notion clé pour une société autogérée. Les révolutionnaires se déchirent sur ces questions depuis l’interdiction des journaux « versaillais » par la Commune de Paris en 1871 ! Mais en dehors d’appels haineux et discriminants, rien ne devrait empêcher que dans le débat intellectuel, politique, démocratique, toutes les opinions puissent trouver leur écho médiatique.
Pour lutter contre les tendances autoritaires de tout État nous restons défenseurs de la liberté absolue de créer un média. Mais en régime capitaliste, la liberté est toujours celle du marché. Défendre un vrai pluralisme suppose un service public organisé et financé par la collectivité. Pour défendre le pluralisme de la presse à la Libération, la France avait mis en place un système égalitaire et coopératif de distribution des journaux afin qu’ils puissent tous être présentés aux lecteurs de manière égale. Nous revendiquons la restauration de ce système aujourd’hui dévoyé, ainsi que son extension à des outils mutualisés d’impression et de distribution (kiosques et abonnés) pour les titres contribuant au pluralisme des opinions politiques, artistiques, syndicales, philosophiques, scientifiques sans publicité. Une même institution devrait voir le jour pour contrer le poids des GAFAM dans la distribution dématérialisée des informations.
Face à Bolloré et aux dérives fascisantes des médias de l’industriel catho-traditionaliste, le Conseil d’État somme l’Arcom [2] d’établir des normes plus strictes de décompte des temps de parole pour y inclure non seulement les invités politiques mais aussi les « éditorialistes » et autres « experts » qui sont en fait des militants. C’est mieux que rien mais n’assure pas un vrai pluralisme garantissant l’expression des minorités. À quand des communistes libertaires au 20h ? À quand une chaîne télé libertaire ? Le « pluralisme interne » soit l’expression garantie de tous les courants d’idées dans un média est en pratique un compromis entre centre droit et centre gauche ! Nous devons nous revendiquer du « pluralisme externe » avec des moyens égaux à tous les courants de pensée pour s’exprimer. Et donc des financements publics indispensables face la confiscation des médias par les milliardaires.
Enfin les États généraux de l’information devraient aussi traiter de la précarité croissante des salarié·es des industries médias : pigistes, auto-entrepreneur·euses en graphisme et correction, bagnard·es de la distribution de la presse… mais là c’est silence complet.
Jean-Yves (UCL Limousin)
[1] La Commission paritaire des publications et des agences de presse, composée de représentants de l’État et professionnels de la presse.
[2] L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, fruit de la fusion du CSA et de l’Hadopi le 1er janvier 2022.
Pour aller plus loin :
Etats-generaux-information.fr
Fondspresselibre.org
Acrimed.org/Medias-francais-qui-possede-quoi
Arcom.fr
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10 milliards d’euros d’économies : Saigner les services publics au profit des vampires capitalistes
À la mi-février, Bruno Le Maire annonçait en direct sur TF1, dix milliards d’économies « sur l’État, pas sur les Français ». Traduction de cette novlangue néolibérale : ce sont les services publics protecteurs qui subiront la saignée, les bourgeois et leurs chiens de garde seront épargnés par les économies. Mais à propos, dix milliards d’économies ça représente quoi exactement ?
Le 21 décembre dernier était adopté à l’Assemblée nationale, après le rejet d’une énième motion de censure de la gauche, le budget de l’État pour 2024. Pour faire passer sans vote ce budget et celui de la Sécurité sociale, adopté début décembre, le gouvernement a usé, jusqu’à la corde, du fameux article 49.3... à dix reprises ! Mais il faut dire que le jeu en valait la chandelle puisqu’il ne s’agissait pas moins selon Élisabeth Borne, alors Première ministre, que de défendre la création « de plus de 2 000 postes de policiers et gendarmes, une hausse des moyens de la justice et de la défense, des revalorisations pour les enseignants et un “budget vert” avec sept milliards d’euros supplémentaires en faveur de la transition écologique » [1]. Ce budget était construit sur une prévision de croissance (comme on dirait dans Les Échos) de 1,4%, c’est du moins le chiffre qui avait été présenté par le Ministère de la sauvegarde des intérêts de la bourgeoisie, également appelé Ministère de l’économie et des finances. Peu importe que ces estimations soient clairement en décalage avec ce que les organismes internationaux prévoyaient pour la France, l’important c’était de nous vendre du rêve de croissance.
Une fois le budget voté il allait falloir assurer le rétropédalage, parce qu’en fait les estimations de croissances sont maintenant estimées à 1% du PIB. Peut importe, Bruno Le Maire se charge de l’annonce au JT de 20 heures de TF1 en mode « la croissanse ralentit partout dans le monde […] cela a un impact sur la croissance française », mais droit dans ses bottes il assure que « la croissance française résiste mieux que les autres grands pays développés » et surtout que rien ne serait « demandé aux français », ce qu’il faut traduire par : pas de hausse d’impôts pour les plus riches –, et que les économies seront faites « exclusivement sur le budget de l’État », ce qu’il faut traduire par : on ne demandera rien aux entreprises. Résultat : 10 milliards d’économies en 2024 et 20 milliards en 2025 à trouver majoritairement dans les budgets de l’écologie, de la santé, du social et de l’éducation.
690 millions d’euros sur le budget de l’Éducation nationale
Si les chiffres sont impressionnants ils restent finalement peu parlants tant on peine à incarner ces sommes dont il est difficile de saisir la matérialité. Le collectif Nos services publics [2], un collectif de fonctionnaires ayant notamment pour but de « mettre au jour et agir contre les dysfonctionnements institutionnalisés de nos administrations », a décortiqué le décret publié le 22 février « détaillant les mesures d’économies budgétaires ». Reprenant les données du gouvernement secteur par secteur il permet de voir concrètement ce que 10 milliards d’économies essentiellement supportées par des secteurs indispensables aux classes populaires.
La plus grosse part des économies sera faite sur les politiques « écologie, développement et mobilité durables », 2 milliards 460 millions. Logique quand on connaît la gravité de la crise environnementale ! 1 milliard d’économies sur le plan de rénovation énergétique ça correspond concrètement à renoncer à rénover entre 100 000 et 150 000 habitations, ce qui représente le nombre de logements d’une ville comme Rennes ou Lille. Sachant que selon l’Observatoire de la précarité énergétique, « 26% des ménages ont souffert du froid chez eux au cours de l’hiver 2022-2023 » [3], les familles monoparentales et les familles nombreuses sont les premières concernées. Autre économie sur les politiques écologiques : 500 millions de réduction du Fond d’accélération de la transition écologique dans les territoires (dit « Fond vert ») ce qui représente la non-rénovation de 48 collèges (mais rassurons-nous à Stanislas ou à l’École alsacienne tout va bien !).
Les forces de l’« ordre » épargnées par les économies
Deuxième secteur particulièrement ciblé par ces économies qui ne « touchent pas les français », l’enseignement et la recherche qui devront participer à hauteur d’1 milliard 590 millions d’euros ! Concernant l’enseignement les 690 millions d’euros d’économies ça représente concrètement l’équivalent de la suppression de 436 écoles primaires, 54 collèges et la fin de l’accompagnement de 14 000 élèves en situation de handicap ! Pour rappel entre les budgets 2023 et 2024, le financement, par nos impôts, de l’enseignement privé, financé à 75% par des fonds publics, est passé de 8 milliards 468 millions à 9 milliards 35 millions. Comme quoi en cherchant bien on aurait pu trouver des marges d’économie ! La recherche est elle aussi saignée avec une baisse de 900 millions d’euros de son budget, ce qui représente concrètement, au choix : la suppression du financement de 1500 projets de recherche ou bien la suppression d’un tiers des cours pour chaque étudiant·e inscrit·e en licence.
Par contre on ne demande que 232 millions d’euros d’économies à la Sécurité (police et armée), gageons que les plus de 78 millions d’euros d’achats de grenades de « maintien de l’ordre » [4], la plus grande commande en plus de dix ans, ne seront sans doute pas impactés par les économies.
S’attaquer aux services publics c’est s’attaquer aux plus précaires
Tandis que les revenus du capital augmentent sans commune mesure avec ceux du travail [5], c’est donc bien sur les couches populaires que pèseront les « efforts » et pendant ce temps là on ne touche pas aux véritables assistés : les capitalistes. Le « soutien à l’économie » ne verra son budget grévé que de 220 millions, ce qui n’est rien rapporté à l’ensemble des aides aux entreprises qui étaient de plus de 157 milliards en 2019, soit « l’équivalent de 6,4% du PIB (8,5% si l’on ajoute les niches déclassées) ou encore de plus de 30% du budget de l’État (41% avec les déclassées) » [6] selon l’IRES (Institut de recherches économiques et sociale) [7]. En 2023, les revenus des plus grosses capitalisations du CAC 40 ont explosé : 153,6 milliards d’euros de profits, 67,8 milliards d’euros de dividendes versés et 30,1 milliards de rachats d’actions pour l’année 2023 [8], mais personne à Bercy n’a semble-t-il songé à aller gratter quelques milliards de ce côté-ci.
Les mesures d’« économies » sont justement ciblées sur les services qui bénéficient aux plus précaires d’entre-nous. Il nous faut défendre nos services publics contre l’État qui n’est que l’expression des intérêts des capitalistes. À ce titre le mouvement massif de grève reconductible qui touche les écoles du 93 depuis maintenant quatre semaines nous montre la voie. Sans résignation et avec détermination fonctionnaires et usagers et usagères des services publics devons défendre notre bien commun contre les « dysfonctionnements institutionnalisés de nos administrations » et leur privatisation. Rappelons-nous que quand tout sera privé, nous serons privé·es de tout !
David (UCL Savoies)
[1] « Le budget 2024 définitivement adopté par le Parlement », Le Monde, 21 décembre 2023.
[2] Voir leur site Nosservicespublics.fr.
[3] « Les chiffres clés de la précarité énergétique (édition mars 2023) », Onpe.org.
[4] « Maintien de l’ordre : la France s’offre plus de 78 millions d’euros de grenades », Politis, 10 novembre 2023.
[5] « Entre 2021 et 2022 le montant total des revenus déclarés par les redevables de l’IFI a augmenté de 31,7% chez les foyers imposés à l’IFI contre 5,7% chez les autres foyers » note l’Observatoire de la justice fiscale, « Qui paie l’impôt sur la fortune immobilière ? », Obs-justice-fiscale.attac.org, 3 février 2024.
[6] « Le coût exorbitant des aides aux entreprises », Alternatives économiques, 21 janvier 2023.
[7] Dans son rapport de mai 2022, Un capitalisme sous perfusion : Mesure, théories et effets macroéconomiques des aides publiques aux entreprises françaises, l’IRES rappelait à juste titre à propos des aides aux entreprises que « Christopher Howard proposait déjà en 1997 l’expression hidden welfare state, laquelle pourrait être actualisée en y ajoutant donc in favor of companies, soit littéralement “un État-providence caché en faveur des entreprises” », « Mesure, théories et effets macroéconomiques des aides publiques aux entreprises françaises », mai 2022, Ires.fr.
[8] « Des milliards d’euros de profits et de dividendes, une année record pour les entreprises du CAC 40 », Le Monde, 7 mars 2024.
10 milliards d'euros d'économies : Saigner les services publics au profit des vampires capitaliste – UCL - Union communiste libertaire
À la mi-février, Bruno Le Maire annonçait en direct sur TF1, dix milliards d'économies « sur l'État, pas sur les Français ». Traduction de cette novlangue néolibérale : ce sont les services publics…UCL - Union communiste libertaire
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Édito : No War But Class War
L’utilisation du terme « réarmement », à sept reprises, durant ses vœux de la Saint-Sylvestre par Emmanuel Macron n’était pas qu’un effet de style. C’était bien la marque d’une volonté de s’inscrire dans une narration guerrière.
Face à la contestation croissante de sa politique antisociale, Macron, sans majorité pour gouverner, cherche à endosser une posture régalienne. Si l’on peut contester le Président, on ne conteste pas le chef des Armées. C’est également une façon de fixer un électorat conservateur et nostalgique d’une grandeur passée. « Réarmement économique », « réarmement de l’État », « réarmement civique », « réarmement industriel » ou « réarmement de la Nation », ou encore « réarmement démographique », tout cela a un arrière-goût rance de vichysme. Tout autant que la « feuille de route » de Gabriel Attal qui fleure bon l’extrême droite comme l’évoque « la mise en œuvre du projet de réarmement et de régénération annoncé ».
Macron a encore franchi une étape depuis en laissant entendre que des troupes françaises pourraient être engagées sur le front ukrainien. Le Président se rêve en chef de guerre. Outre ses effets mobilisateurs, la guerre est un bon business, et la France ne s’en sort pas trop mal. Sur la période 2019-2023 elle devient le deuxième exportateur mondial d’armements devant la Russie. Une industrie fortement soutenue par l’État qui y affecte pas moins de 900 fonctionnaires !
Alors que la casse sociale se poursuit et s’accélère au nom de la maîtrise des déficits, nous devons refuser et dénoncer cette logique guerrière et mener la seule guerre qui vaille : la guerre sociale contre la bourgeoisie et ses valets.
UCL, 23 mars 2024
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Turquie : des fraudes massives pour étouffer la dissidence kurde 03/04
Des élections municipales du 31 mars 2024, on retiendra la déroute de l’AKP, le parti islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdoğan. Dans les régions kurdes sous occupation militaire, les fraudes massives – observées par nos liens directs sur place – n’ont pas empêché la victoire du Dem Parti, le principal parti de la gauche kurde. L’État turc attaque à présent les résultats du scrutin, et la population descend dans la rue.
Au niveau national, c’est le CHP, le parti kémaliste historique (centre-gauche nationaliste) qui a chassé l’AKP de nombreuses mairies. Mais au Bakûr (Kurdistan de Turquie), c’est le Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples (Dem Parti) qui s’impose en remportant dix provinces (contre huit en 2019) et 82 villes, soit 16 de plus qu’en 2019. Cette victoire aurait du être plus grande encore, trois provinces (Bitlis, Kars et Şırnak) ayant été perdues en raison des fraudes électorales orchestrées par le gouvernement AKP : des milliers de soldats ont été amenés en convois pour voter (souvent plusieurs fois) dans les villes du Kurdistan acquises au Dem Parti. Là, la pression du régime est la norme : des policiers et soldats en armes à proximité des isoloirs, des véhicules blindés dans l’enceinte des écoles où l’on vote, des pressions pour voter AKP contre un peu d’argent, ou sous la menace de perdre son emploi, etc.
Tous ces soldats sont stationnés dans les communes frontalières en raison de la guerre menée au Kurdistan d’Irak, mais leur répartition est organisée par l’État turc pour maintenir une pression constante sur toutes les provinces kurdes.
Dans les petites et moyennes villes, la fraude est visible et décomplexée. Quand la presse européenne se félicite d’élections qui se seraient « bien passées », elle répète les éléments de langage de la propagande d’Erdoğan, invisibilisant la situation au kurdistan. Les observateurices du Conseil de l’Europe sont quasi absent·es ; leur délégation n’est allée qu’à Diyarbakır (Amed), où elle n’a pas pu constater les fraudes massives qui ont affecté le reste du pays.
Bras de fer victorieux autour de la ville symbole de Van
Mais la triche et l’intimidation n’ont pas empêché la victoire de l’opposition. A Van, le gouvernement AKP a tenté d’invalider l’élection d’Abdullah Zeydan à la mairie, avant de renoncer devant l’intense mobilisation populaire autour de cette ville symbole du Kurdistan. La mairie restera donc au Dem Parti. La lutte a payé !
Des manœuvres de coup d’État analogues avaient été déployées en 2016 et 2019 pour empêcher le Parti démocratique des peuples (HDP), prédécesseur du Dem Parti, de s’emparer des mairies. À ce jour, les co-maires et élu⋅es municipaux du HDP sont toujours emprisonné⋅es. L’Etat a donc déjà, pendant huit ans, confisqué un pouvoir démocratiquement élu.
La population est dans les rues dans de nombreuses villes du Bakûr pour protester contre cette usurpation et a ainsi obtenu le recul d’Erdoğan. De nombreuses personnes ont été blessées et arrêtées par la police.
La guerre de l’Etat turc contre les Kurdes, à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières
Dans son discours le soir des élections, Erdoğan a répété sa volonté de « sécuriser la frontière avec l’Irak avant l’été » et de créer une « corridor de sécurité » de 30 kilomètres sur le territoire du Rojava, le long de la frontière syrienne. Il réaffirme ainsi sa volonté d’intensifier sa guerre contre les Kurdes par delà les frontières.
La mobilisation – sur place comme au niveau international – détermine le rapport de force qui peut être opposé à l’AKP. L’enjeu est d’enrayer la destitution des maires du Dem Parti largement élus ce dimanche !
Restons vigilant⋅es et mobilisé⋅es, gardons nos yeux braqués sur ce qu’il se passe au Kurdistan !
Vive la résistance du peuple kurde ! Bijî berxwedana Kurdistan !
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rdv 18h45 pl. J. Jaurès contre la conf' du petit duce #Adinolfi organisée par les néofascistes de #DesToursEtDesLys
Prudence maximale à proximité
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Un plan d’urgence pour tous les services publics du 93
En 1998, un vaste mouvement de contestation associant parents, profs et élèves avait gagné un plan d’urgence. Vingt-cinq ans plus tard, la Seine-Saint-Denis reste un des départements les plus sous-équipés au regard de sa population. Ne laissons pas faire, réclamons nos droits !
En 1998 les enseignants et les parents mais aussi de nombreux lycéens de Seine-Saint-Denis menèrent trois mois de mobilisations et de grèves sous le slogan : « On veut des moyens, on n’est pas des moins que rien ». Le résultat fut extraordinaire : 3 000 embauches d’enseignants et 5 000 « emplois jeunes », créations de normes particulières sur les effectifs par classes et pour les écoles les plus en difficultés, 5 milliards accordés pour la rénovation des bâtiments…
Quand la population s'exprime
La lutte fut menée par une « Coordination des établissements en grève » qui fonctionnait en assemblée générale en présence des responsables syndicaux enseignants et des parents d’élèves de la FCPE. Le mouvement en cours peut produire des résultats identiques !
Mais l’État et les gouvernements successifs n’ont pas laissé se dégrader que l’école de notre département. Tout le système de santé est délabré : hôpital, Ehpad, santé mentale, centres de santé municipaux… Il manque des milliers de professionnels et des dizaines de structures d’accueil.
Transports publics sous dimensionnés
Dans les transports en commun nous souffrons quotidiennement du délabrement des réseaux et des horaires inadaptés. Les travaux qui s’éternisent pour ouvrir de nouvelles lignes créent des difficultés incompréhensibles et, avec la densification de population voulue par les pouvoirs locaux et les promoteurs immobiliers, nous savons déjà qu’ils seront insuffisants au moment de leur mise en service.
Dans le logement enfin, l’arnaque des plans de rénovation urbaine est désormais sous les yeux de tous : destruction massive de logements sociaux, construction de copropriétés déjà dégradées et densification délirante en grignotant les peu d’espaces verts qui étaient pourtant nos seuls espoirs pour lutter contre le réchauffement climatique et les canicules urbaines.
Le capitalisme voilà l'ennemi !
Nous refusons de vivre dans un ghetto géant. Nous voulons une réindustrialisation pour de vrais emplois et de vrais salaires : assez de précarité et de jobs au rabais. Nous voulons la reconstruction d’espaces agricoles de proximité plutôt que de nouvelles chaînes de hard discount qui nous vendent des aliments industriels importés de toute la planète.
Mobilisation générale !