Le dernier #Jackdaw (12p) est téléchargeable avec des articles sur les guerres ; la lutte des universités ; le coût de la vie et donc l’#inflation ; les luttes de locataires ; la pseudo alternance Labour/Tories ; l’urgence climatique, le #greenwashing et la lutte du prolétariat italien…
Emily Fox likes this.
unioncommunistelibertaire.org/…
Répression : Procès du « 8 décembre », toutes et tous terroristes ?
En octobre dernier se tenait le procès des « inculpé·es du 8 décembre » sous le chef d’accusation d’association de malfaiteur terroriste. Il s’agit du premier procès pour terrorisme visant la gauche depuis 2012. Les vides du dossier ont abouti à des condamnations basées davantage sur les idées des prévenu·es que sur leurs actes, posant la question : toute critique radicale de l’État et de la police est-elle terroriste aux yeux des juges ?
À l’aube du 8 décembre 2020, la DGSI et le RAID arrêtent neuf personnes à Rennes, Toulouse, Vitry-sur-Seine et Cubjac. Sur le coup celles et ceux que l’on finira par désigner comme les inculpé·es du 8 décembre ne comprennent pas ce qui leur tombe dessus, réveillé·es en pleine nuit par la police antiterroriste qui défonce leurs portes et les braque avec des fusils d’assaut. À l’issue des gardes à vue, sept personnes sont mises en examen pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes ». Cinq d’entre elles sont placées en détention provisoire sous le statut de détenus particulièrement signalés (DPS), dans des conditions particulièrement difficiles.
En février 2022, Florian D., appelé Libre Flot, entame une grève de la faim. Il est alors le dernier inculpé encore en détention provisoire, maintenu à l’isolement depuis plus d’un an. Après 37 jours de grève, le juge d’instruction acceptera finalement sa demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire pour raisons médicales, son état de santé devenant critique [1]. En parallèle, l’État est condamné en juillet 2023 pour les fouilles à nu subies de façon systématique pendant sa détention par Camille, seule femme prévenue dans l’affaire [2]. Dès l’instruction, le message est clair : la notion de présomption d’innocence ne s’applique pas aux détenu·es lambda, à plus forte raison à celles et ceux à qui l’on a collé l’étiquette de terroristes.
Après trois ans de procédure leur procès s’est ouvert le 3 octobre et aura duré quatre semaines. Dès le premier jour la présidente du tribunal donne le ton, se disant prête à faire « la police de l’audience », prévenant qu’elle n’hésitera pas à exclure des personnes du public où de nombreux soutiens sont présents. Les audiences seront souvent marquées par des rires devant les absurdités du dossier, comme lorsqu’un document présenté comme une carte des Champs Elysées le 14 juillet se révèle en fait être un mème, ou quand des sons au sein d’un enregistrement audio présentés comme des tirs de fusil automatique s’avèrent en fait être les chocs d’une cuillère sur un bol [3].
Construction policière
Au fil du procès, il apparaît de plus en plus évident que le dossier a été construit pour coller à une narration pré-établie par la DGSI. Celle-ci présente Libre Flot comme un « leader » ayant cherché à constituer un groupe autour de lui en vu de commettre des attentats. Le principal élément qui lui est reproché : un séjour au Rojava en 2018 pendant lequel il a combattu Daesh au coté des YPG. Les enquêteurs y voient le signe d’une radicalisation.
L’accusation va s’appuyer pour l’essentiel sur la saisie de quelques armes de chasse, non déclarées pour certaines, et surtout sur un séjour en Dordogne au milieu du premier confinement sanitaire pendant lequel certain·es inculpé·es ont pris part à des parties d’airsoft et fabriqué des explosifs artisanaux. Le parquet national anti-terroriste (Pnat) y voit un entraînement para-militaire. Pour la défense, il s’agit simplement d’un groupe d’amis trompant l’ennui pendant le confinement. Les rares documents disponibles vont dans ce sens, montrant une ambiance amicale et alcoolisée. Dans les sept mois suivant de surveillance policière il n’y aura plus d’occurrence des activités incriminées.
Surtout, si les documents sont rares, c’est par la volonté de la DGSI et grâce au soutien du tribunal. Sur les plus de 11 000 séquences audio enregistrées seules 86 sont retranscrites et versées au dossier. Des images vidéo provenant d’une caméra installée par les renseignements pendant le séjour disparaissent du dossier, à cause d’une « erreur non intentionnelle d’un opérateur » d’après la DGSI. Tout laisse deviner une sélection d’éléments à charge, quand ils ne sont pas directement fabriqués, comme certains enregistrements dont l’écoute à l’audience révélera un contenu bien différent de leurs transcriptions. Devant toutes les questions soulevées par l’enquête la défense a voulu citer comme témoins deux agents de la DGSI l’ayant élaboré. Ils ont tous les deux refusé de comparaître, avec le soutien de la présidente du tribunal qui aurait put les y contraindre mais a refusé de le faire.
Une grande partie des interrogatoires vont finalement tourner autour des opinions politiques des inculpé·es. On interroge la lecture de Kropotkine et Blanqui. On questionne les inculpé·es sur leurs tatouages ou leur alimentation. On utilise chaque élément de surveillance, relevant des phrases dites sous le coup de la colère, ou alcoolisé au milieu de la nuit, comme des éléments à charge. L’utilisation d’outils comme Signal ou Tor est aussi pointée du doigt, le simple fait de protéger sa vie privée devenant un motif de suspicion terroriste [4].
Prison ferme pour une suspicion d’intention
Après un mois d’attente, le délibéré a été rendu le 22 décembre. Tou·tes les inculpé·es sont déclaré·es coupables et condamné·es à des peines allant de 5 à 2 ans de prison et à une inscription au FIJAIT (voir encadré) pour six d’entre eux.
Dans la brève motivation donnée à l’audience la présidente déclare que si il n’y a pas « la preuve d’un projet abouti », elle considère que les inculpé·es en avaient « l’intention ». On arrive là à l’aboutissement du fantasme policier d’une justice d’anticipation : on ne condamne plus les actes, on ne condamne plus les projets d’acte, non, on n’hésite plus à condamner à de la prison ferme sur la seul base de l’hypothèse d’une intention. En d’autres termes, on acte la possibilité de condamner toute personne jugée un peu trop proche d’une idéologie révolutionnaire, à plus forte raison si celle-ci critique l’État et la police.
Six des inculpé·es ont annoncé faire appel. Face à un combat judiciaire qui s’annonce long, il sera important de continuer à les soutenir face à la violence de la justice anti-terroriste pour éviter que leur condamnation ne soit qu’une étape de plus dans l’escalade de la criminalisation des opinions et engagements politiques révolutionnaires, anticapitalistes, anarchistes et internationalistes.
N. Bartosek
[1] « Après 37 jours de grève de la faim, le militant détenu en isolement Libre Flot a été libéré », 7 avril 2022, sur Basta.media.
[2] « L’État condamné pour des fouilles à nu illégales pendant une détention provisoire pour “terrorisme d’ultragauche” », 11 juillet 2023, sur Streetpress.com.
[3] « Procès de “l’ultragauche” : “On était des débilos qui s’amusaient à faire des gros pétards” », 12 octobre 2023, sur Mediapart.fr.
[4] « Affaire du “8décembre” : le droit au chiffrement et à la vie privée en procès », le 2 octobre 2023, sur Laquadrature.net.
Pour soutenir les inculpé·es :
soutien812.blackblogs.org
soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org
solidaritytodecember8.wordpress.com (soutiens internationaux)
Le FIJAIT, fiché hess
Le fichier des auteurs d’infractions terroristes (FIJAIT) fait parti de l’arsenal de mesures sécuritaires introduites par la « loi renseignement » de 2015, adoptée par le gouvernement Valls dans le contexte des attentats de la même année.
Outre un fichage des personnes condamnées, le FIJAIT impose aussi des obligations légales, sous peine d’une sanction pouvant aller jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende : obligation de pointer tous les 3 mois en commissariat pour justifier de son domicile, déclaration obligatoire de tout changement d’adresse et de tout déplacement à l’étranger au moins 15 jours avant le départ. Ces obligations sont imposées pour 10 ans, un délai suspendu pendant une éventuelle peine de prison : le délai ne commence à courir qu’à la sortie d’incarcération.
Initialement présenté comme un outil de lutte contre le terrorisme islamiste, portant le sous-entendu raciste qu’il ne concernerait que la minorité musulmane, l’application du FIJAIT a évidement été rapidement élargie. La « loi séparatisme » de 2021 va étendre son application aux condamnations pour provocation aux actes de terrorisme et leur apologie. Sur les sept inculpé·es du 8 décembre, six ont été condamnés à une inscription au FIJAIT, malgré une « absence de projet » reconnue par le tribunal.
Emily Fox likes this.
#AlternativeLibertaire février n°346 est en kiosque
Sommaire : lstu.fr/al346
Le trouver : lstu.fr/trouver-al
S’abonner : lstu.fr/al-abo
Soutenir / adhérer : lstu.fr/souteniral
Emily Fox likes this.
#DefenseIVG #Integrisme
Emily Fox likes this.
facebook.com/events/1505977710…
#antifa #NantesMetropole #LoireAtlantique
Emily Fox likes this.
unioncommunistelibertaire.org/…
Lire Grégory Chambat : Quand l’extrême droite rêve de faire école : Une bataille culturelle et sociale
L’école est une véritable obsession pour l’extrême droite, c’est ce que nous démontre Grégory Chambat qui nous propose un tour d’horizon des attaques de l’extrême droite contre l’école. Pour combattre l’extrême droite sur ce terrain, il est nécessaire d’en connaître les méfaits mais cela ne suffit pas. L’auteur nous engage à reprendre le combat pédagogique pour une école véritablement émancipatrice.
Dans ce court, mais dense, ouvrage, Grégory Chambat, enseignant et militant syndical, coanimateur la revue et de site Questions de classe(s), est l’auteur de plusieurs ouvrages : sur l’extrême droite à l’école, L’école des reac-publicains (Libertalia, 2016) ; sur les résistance à l’école caserne : L’école des barricades (Libertalia, 2014), Apprendre à désobéir, petite histoire de l’école qui résiste (avec Laurence Biberfeld, Libertalia, nouvelle édition 2021) et Pédagogie et révolution. Questions de classes et relecture pédagogique (Libertalia, nouvelle édition 2015).
Autant dire que l’auteur maîtrise son sujet ! Comme un prolongement de L’école des réac-publicains, Grégory Chambat, revient ici sur une obsession souvent minorée de l’extrême droite : l’école. En effet l’extrême droite rêve de « faire école », au double sens du terme (quand on voit comment la droite et la macronie se sont évertuées à faire entrer dans une seule loi sur l’immigration toutes les ignominies de l’extrême droite on se dit que la première partie de ce programme est déjà en bonne voie de réalisation).
Une obsession permanente des extrêmes droites
Pour comprendre « l’intérêt jamais démenti » de l’extrême droite pour l’école il faut, nous dit Grégory Chambat, « revenir sur son histoire et ses combats pour une école de la soumission et de la ségrégation scolaire ». Si l’école est une cible privilégiée de l’extrême droite c’est parce qu’au fil des siècles l’institution scolaire « s’est érigée en garant de l’ordre établi ».
Ainsi l’histoire de cette institution de puis la Révolution est celle d’un champ de luttes entre des rares aspirations émancipatrices (souvent du côté des instituteurs et institutrices) et des volontés de conserver et légitimer un ordre social établi. C’est non seulement le rêve des réactionnaires mais également celui de républicains tels que Lamartine ou Jules Ferry. Dans cette histoire, une constante : faire de l’institution scolaire la responsable de la perte de grandeur de la France.
Le laboratoire vichyste
C’est bien évidemment sous Vichy que s’est mis en oeuvre le « programme scolaire » de l’extrême droite. Il est à noter que les instituteurs, institutrices et les professeur·es furent les premières victimes des lois de Vichy (avant même que soit déclaré l’état français !). S’ensuivit une attention toute particulière aux questions scolaires, l’école devant être le fer de lance de la « Révolution nationale » portée par Pétain.
C’est d’ailleurs encore sur l’école que s’est reconstruite l’idéologie de l’extrême droite contemporaine autour du Grece (Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne) et de sa revue théorique Nouvelle école.
Une éducation identitaire
La (longue) liste des responsables de la baisse du niveau scolaire, vu de l’extrême droite, donne à voir, en creux, ce que serait une éducation à sa botte. Dans la liste des fautifs et fautives, que nous restitue Grégory Chambat on y trouve : les immigré·es, les pédagogues, les sociologues, les historien·nes , mai 68, les syndicalistes, les woke, les féministes, les pauvres, les handicapé·es, les déviant·es, les inadapté·es ! Ce qui constitue « une forme de reconnaissance de la pertinence du combat de toutes celles et tious ceux qui ne se satisfont pas de l’école telle qu’elle est et luttent pour un système éducatif émancipateur dans une société égalitaire » conclut l’auteur.
Rappelant que cette école de l’extrême droite existe déjà dans de nombreux pays, Grégory Chambat conclut en nous proposant des pistes pour construire la riposte. Ce combat sera, selon lui, à la fois syndical, social, pédagogique, historique, collectif et culturel. Un salutaire livre de combat à partager largement dans les salles de profs et au-delà !
David (UCL Savoies)
Grégory Chambat, Quand l’extrême droite rêve de faire école : Une bataille culturelle et sociale, Éditions du Croquant, 130 pages, 10 euros.
Emily Fox likes this.
Manif demain 15h Pl. de la Liberté à #Tours contre la #LoiImmigration : abrogation immédiate et sans conditions, fermeture des #CentresDeRetentionAdministrative, régularisation de tout·es les #SansPapiers !
#UneSeuleClasseOuvriere #NoBorders #NoNations #StopDeportations
Le 3 février, contre la Loi immigration on lâche rien !
Les fortes mobilisations des 14 et 21 janvier 2024 contre la loi immigration, loi raciste et xénophobe, ont permis de faire connaître au grand public un certain nombre de dispositions parmi les plus nauséabondes et retirées par ailleurs par le Conseil Constitutionnel.
Ce qui en reste demeure l’une des pires loi anti-immigrés. Non seulement elle les précarise davantage mais de plus elle favorise le dumping social entre tous les travailleur/ses.
Elle facilitera grandement les conditions d’expulsions, sans respect des droits fondamentaux, rendra plus précaire l’accueil des réfugié.es et plus difficile les conditions de vie, pas seulement pour les sans-papiers, mais pour l’ensemble des personnes d’origine étrangère.
Nous dénonçons l’ouverture de nouveaux « Camps » de rétention administratif (CRA), qui sont des lieux d’enfermement et de privation de liberté pour des familles avant l’expulsion, comme celui qui vient d’ouvrir à Olivet (45).
En conséquence nous appelons à une nouvelle mobilisation le samedi 3 février à 15 h place de la Liberté à Tours pour l’abrogation de la Loi Immigration.
Contre le racisme, la xénophobie et pour défendre une politique migratoire d’accueil et de solidarité, pour une véritable égalité des droits humains et des papiers pour tous·tes.
Notre collectif s’inscrit dans les mobilisations unitaires nationales initiées depuis le 14 janvier jusqu’à l’abrogation de cette loi scélérate.
Collectif Interorga unitaire contre la Loi immigration.
Signataires :
Associations et collectifs : Action Féministes Tours, AMMI-Val d'Amboise, ATTAC 37, Chrétien Migrants, CIMADE37, Collectif des Intermittent•es et Précaires d'Indre-et-Loire - CIP37, Collectif Notre Santé en Danger 37, Collectif Pas d’Enfants à la Rue, Convergence Services Publics 37, Dernière Rénovation Tours, Emmaüs 100 pour 1, Extinction Rébellion, FEUTRE, ICEM - Pédagogie Freinet 37, Le CAT, LISTE, Organisation de Solidarité Trans Tours, Réseau Féministe 37, RESF 37, La Retirada 37, LDH 37, Le collectif des sports et loisirs pour les migrants chinonais, Les Soulèvements De La Terre Touraine, Naya, Stop Harcèlement De Rue Tours, La Table de Jeanne Marie, Tours Antifa, Utopia 56, Le Mouvement de la Paix.
Syndicats : FSE, SET, SOLIDAIRES 37, Solidaires étudiant.es, USL 37, UD CGT 37.
Organisations politiques : C'est au Tour(s) du Peuple - CATDP, Les Ecologistes 37, GES37, Les Jeunes Ecologistes 37, Les Jeunes Insoumis·es 37, Jeunes Socialistes Touraine, LFI37, MJCF37, NPA37, Parti des Travailleurs 37, PCF 37, PCOF37, Parti de Gauche 37 - PG37, POI37, PS37, UCL37.
Emily Fox likes this.
unioncommunistelibertaire.org/…
Argentine : Dès maintenant, enrayer la tronçonneuse
L’accession au pouvoir de Javier Milei va considérablement aggraver la situation sociale d’une Argentine déjà à bout de souffle. Les premières annonces plantent le décor : suppression de postes dans le public, augmentation des prix de l’énergie et des transports (+900 %), inflation brutale et licenciements annoncés... Contrairement à ce qu’il affichait dans ses discours, ce n’est donc pas « la caste politique » mais bien les pauvres qui vont devoir payer. La question se pose alors : comment va-t-il tenir ?
Il ne faut pas commettre l’erreur de penser que Javier Milei est un nouveau Trump. Ce n’est pas un fasciste au sens classique, mais un vrai libertarien. Son objectif n’est pas de renforcer l’État, mais de l’affaiblir en vue d’une société plus autoritaire, certes, mais dévouée aux profits et aux lois du marché. Pas moins de neuf ministères ont été supprimés, regroupant tout ce qui concerne le secteur public dans deux super-ministères fourre-tout, tandis que quatre des ministères restant seront dédiés à la sécurité et à la justice.
Sur le plan économique, on pourrait rapprocher le programme de La Libertad Avanza (LLA) de celui de Trump, mais l’Argentine a plus à perdre que les USA. Même si le pays vit une situation sociale et économique catastrophique et que les services publics souffrent énormément, ces derniers existent encore et représentent l’un des ultimes remparts dans cette situation extrêmement fragile. On imagine bien que Milei ne pourra pas supprimer d’un coup l’ensemble du système public, mais il s’attaquera à son démantèlement par tous les moyens.
En matière de privatisation, il a déjà annoncé ses premiers objectifs : YPF (le pétrole) et Aerolíneas Argentinas (l’aviation civile), deux secteurs stratégiques.
Côté social, le ministère dédié aux droits des femmes et des minorités a été supprimé et le droit à l’avortement est remis en question. La rhétorique antiféministe de Milei ou de sa vice-présidente, Victoria Villaruel, catholique intégriste, laisse également présager de graves attaques contre la communauté LGBTI.
Dans les jours suivant l’élection, on a d’ailleurs pu observer la détérioration de plaques commémoratives, des agressions homophobes et la dégradation d’un bar LGBTI.
Victoria Villaruel, plus fasciste que libérale
Villarruel représente la face sécuritaire et nostalgique de la dictature de LLA. Ses opinions et ses antécédents familiaux soulèvent des préoccupations quant à son influence sur la politique argentine. Sa position de vice-présidente lui confère le poste clé de présidente du Congrès (l’assemblée nationale), une place de choix qui la met au centre de l’échiquier politique. Fille de militaire et négationniste, elle conteste le chiffre des 30 000 disparu·es de la dictature, revendiquant un chiffre moindre d’environ 8 000, et défend la théorie dite des « Deux démons » selon laquelle les crimes commis pendant la dictature étaient une réponse proportionnée au « terrorisme de gauche », et ce pour justifier les crimes et les tortures à l’encontre des opposant·es.
Elle mobilise les éléments les plus dangereux de l’électorat de LLA et est à bien des égards sa facette fascisante. C’est ce que montrent divers posts sur les réseaux sociaux tel que celui d’un tiktokeur d’extrême-droite qui a menacé plusieurs représentants du mouvement social en déclarant au sujet des futures mobilisations : « portez des gilets, car de notre côté, les balles ne seront pas en caoutchouc ».
Cependant, il est nécessaire de prendre du recul sur quelques points. Le vote en faveur de Milei a largement bénéficié du ras-le-bol général de la population face à des années d’inflation et de dévaluation, qui ont culminé en une année 2023 record : 145 % d’inflation et 40 % de la population sous le seuil de pauvreté.
Désaveux en perspective
Il y a donc une attente de la part de son électorat qui espère voir ses promesses se concrétiser, notamment celle de la dollarisation, l’un des arguments majeurs de sa campagne. De notre point de vue, il est certain que tout ne fera qu’empirer pour celles et ceux qui se trouvent déjà dans des situations intolérables. Les multinationales ont commencé à profiter de l’occasion en augmentant les prix de leurs produits jusqu’à +100 %, arguant une future dérégulation du marché. Le mécontentement d’une partie de son électorat risque donc de se manifester rapidement, et il n’est pas impossible de voir un embrasement général.
Mais une explosion sociale ne sera pas sans danger. Les menaces émanant des secteurs les plus réactionnaires de la société sont à prendre au sérieux. Et l’envie des militaires et de la police, ayant voté à environ 90 % pour Milei, d’en découdre avec le mouvement social est évidente. Les politiciens de droite et d’extrême-droite n’hésitent pas à encourager leurs partisans à descendre dans les rues pour empêcher par la force les futures mobilisations.
Il faut donc espérer, d’une part, que Milei ne pourra pas mettre trop vite en place certaines de ses mesures.
N’ayant pas la majorité à l’Assemblée, c’est probable. Et d’autre part, qu’une grande partie de son électorat, déçu, fera rapidement volte-face. Notre camp s’organise déjà pour faire face et n’a pas l’intention de baisser les bras. Mais un fort soutien internationaliste sera crucial, notamment pour faire face aux attaques contre le droit à l’avortement.
L’Argentine a pour elle une longue histoire de résistance et une société fortement politisée. Les organisations sociales sont capables d’instaurer un rapport de force, notamment le secteur piquetero [1] qui, même s’il est déjà dans le viseur, est capable d’organiser une riposte, se liant avec toutes les organisations défendant les droits humains et les secteurs syndicaux combatifs tel que les deux CTA (Centrale des travailleurs d’Argentine). Tout n’est donc pas joué d’avance.
Bast (Commission Internationale)
[1] Mouvement de travailleurs « sans emploi » dont les actions prennent souvent la forme de coupage de route au moyen de piquetes (barrages). Voir le dossier Argentine d’Alternative libertaire n°142 – juillet-août 2005.
Emily Fox likes this.
unioncommunistelibertaire.org/…
Syndicalisme étudiant : Le renouveau ou l’impasse ?
Le syndicalisme étudiant est aujourd’hui en pleine recomposition. Ces dernières années ont en effet vu la création de nouveaux syndicats, dont une majorité se réclamant du syndicalisme de lutte. Malgré cela les étudiant·es n’ont pas été une force fortement impliquée dans les mobilisations du mouvement social contre la réforme des retraites. Dès lors, cette recomposition montre-t-elle les faiblesses du militantisme étudiant ou est-elle annonciatrice d’une nouvelle dynamique ?
Un retour récurrent de la dernière mobilisation contre la réforme des retraites est le faible niveau d’investissement des étudiant·es. Bien que l’intersyndicale ait réalisée des chiffres records de mobilisation depuis 1995, sa contrepartie étudiante n’a pas su montrer un même niveau d’unité ni de mobilisation. Pourtant, depuis 2019 ce n’est pas les syndicats étudiants qui manquent : avant 2019 il y en avait deux (SESL et l’UNEF) en 2023 il y en a cinq !
Ces différentes organisations présentent plusieurs approches du militantisme étudiant qui se distinguent. D’abord, l’Union Étudiante (UE) se place dans la continuité réformiste de l’UNEF. La FSE, aussi issue de l’UNEF, incarne une ligne d’avantage idéologisée et revendiquée communiste. Les CGT-SELA montrent une certaine dynamique mais cette structure souffre de divisions en interne menant à l’existence de deux entités nationales : la CN-SELA et l’UN-SELA.
Enfin, Solidaires Étudiant-e-s, (SESL) peine à se renouveler depuis 2013. Porteuse du syndicalisme autogestionnaire et rattaché à l’Union Syndicale Solidaires, SESL incarnait un syndicalisme de lutte face à la vieille UNEF. Mais aujourd’hui SESL semble ne plus arriver à suivre les nouveaux enjeux du syndicalisme étudiant.
Solidaires Étudiant-e-s dépassé
Née de la fusion de SUD étudiant et de la première FSE, SESL n’a depuis pas réussit à s’accaparer une victoire d’ampleur. Alors que son prédécesseur SUD étudiant avait réussi à sortir son épingle du jeu en 2006 lors de la mobilisation contre la loi LRU en étant les derniers à ce mobiliser jusqu’au bout. SESL est depuis en manque de victoire et ce malgré sa participation à plusieurs mouvements sociaux étudiant. Cela peut s’expliquer par une incapacité de SESL de se doter d’une stratégie commune en pleine mobilisation, menant à devoir naviguer à vue et laissant les syndicats locaux s’organiser de leur côté.
De plus, il existe un profond problème de formation au sein de SESL, que ce soit les nouveaux et nouvelles militant·es qui ne suivent pas toujours de cycle de formation de base ou les secrétaires fédéraux/locaux qui n’ont pas besoin d’avoir suivi de formation adéquats pour prendre des responsabilités. Créant de nombreux et nombreuses primo-militant·es à SESL, ce qui s’explique, entre autres, par le fort turn-over que connaît le syndicalisme étudiant, qui mène à la montée de prise de responsabilité trop rapidement, mais également par le manque de politique de formation fédérales forte.
Toujours à la recherche d’une identitée propre
Ce manque entraîne une confusion sur ce qu’est le rôle de SESL, beaucoup s’y investissent comme si elles et ils étaient dans une organisation politique et non dans un syndicat. Solidaires étudiant-e-s con-naît également une division politique interne que l’on pourrait illustrer dans un clivage « Autonomiste vs Fédéraliste ». Les deux s’opposent sur la nature du fédéralisme de SESL, les « autonomistes » défendent son décentralisme et l’autonomie des syndicats locaux. Alors que les « fédéralistes » souhaitent plus de centralisme et faire de la fédération l’entité principale de SESL.
Cette opposition née d’un repli localiste que connaît un certain nombre de syndicats SESL se désintéressant des affaires fédérales, cette dérive ne fait qu’amplifier les problèmes structurants de la fédération tout en ne cherchant pas à les résoudre. En effet, le fonctionnement actuel de la fédération demande une participation active des syndicats en son sein et s’en éloigner entraîne un blocage structurel qui ne permet pas de résoudre ce clivage. Face à ce constat, Solidaires étudiant-e-s ne pourra sortir de cette crise que par la victoire d’une de ces lignes sur l’autre.
Une recomposition du milieu militant étudiant
Le paysage étudiant est désormais le suivant : un pôle réformiste rangé sous la bannière de l’UE, produit de la fusion de l’Alternative et des tendances réformistes de l’UNEF et un pôle de lutte divisé entre SESL, la FSE, l’UNEF-TACLE et les CGT-SELA. Néanmoins, ces différences sont complètements invisibles, rendant la multiplication des syndicats sur les universités absurdes aux yeux des étudiants, qui ne comprennent pas l’intérêt ou la différence entre chaque.
En l’absence de réelles victoires, au vu des méthodes limitées permises par le syndicalisme étudiant, les syndicats étudiants sont de plus en plus vus comme des associations de jeunes politisé∙es de gauche et non comme des structures d’entraide, d’organisation pour les étudiants face à la fac. Pour l’année scolaire 2022-2023, année de mobilisation pour la jeunesse, SESL revendiquait… 500 syndiqués (soit 0,05% des étudiant·es). SESL est ainsi plus proche d’une organisation groupusculaire que d’un syndicat. La première préoccupation du syndicalisme étudiant doit être sa massification.
Le syndicalisme étudiant est face à un triple enjeu : la transformation profonde de l’ESR et du profil étudiant avec la libéralisation de l’ESR ; la fragmentation des organisations par le militantisme libéral, et le manque d’organisation de la jeunesse dans des cadres syndicaux.
Certaines organisations semblent prendre la mesure de ces enjeux et entame des processus d’unification comme la FSE et l’UN-SELA. D’autres, comme l’UE, prennent le pari du réformisme et embrasse la dynamique du militantisme individuel. Timoré et tiraillé entre ces deux tendances SESL et à un croisement historique de son développement. SESL doit être en capacité de se réformer pour éviter les dérives localistes et promouvoir une attitude unificatrice des forces syndicales plutôt qu’une attitude sectaire et libérale et ne pas se confondre avec une simple organisation de jeunesse. Elle doit se concentrer sur la massification et les enjeux politiques touchant les étudiants pour créer une conscience « de classe » parmi ces derniers afin de pouvoir répondre efficacement en tant que syndicat sur nos lieux d’études.
Léora (UCL Nantes), Akhane (UCL Amiens) et Lou G. (UCL Grenoble) de la Commission jeunesse de l’UCL
Emily Fox likes this.
unioncommunistelibertaire.org/…
Face à l’urgence écologique : Pas de COP28, sortons du capitalisme
Du 30 novembre au 12 décembre 2023 s’est tenue la 28e Conférence des Parties (COP28) à Dubaï. Deux semaines de discussions qui, sans surprise, n’ont été ni engageantes, ni concluantes pour apporter des solutions concrètes au dérèglement climatique causé par les activités industrielles. Pour lutter contre le réchauffement de la planète, la seule solution possible c’est de sortir du capitalisme.
Chaque année, avec le dérèglement climatique, des nouveaux records sont atteints : record de l’année la plus chaude jamais enregistrée, record d’émissions de CO2, record de températures atteintes... Aujourd’hui, ce sont des millions de personnes qui en subissent les effets et ce nombre ne va cesser de croître au fur et à mesure que l’impact se déploiera partout sur la Terre. Le GIEC rappelle que chaque hausse de température de 0,1°C entraîne le décès d’au moins 100 millions de personnes.
L’augmentation de la chaleur rend les conditions de vie et de travail insoutenables et est l’une des sources de l’insécurité alimentaire et de l’augmentation de la fréquence de phénomènes météorologiques extrêmes et meurtriers ainsi que de la diffusion accélérée de maladies. Face à cela, les gouvernements enchaînent les COP les unes après les autres, affirmant chercher des accords pour limiter le désastre écologique. Mais une fois encore, la COP28 s’est montrée incapable de proposer des solutions réelles et s’est pliée et alignée aux exigences des lobbys d’énergies fossiles.
COP28, au service des énergies fossiles
Dès le choix de Sultan Al Jaber comme président de la COP28, PDG du groupe pétrolier émiratie ADNOC et ministre de l’industrie, le peu d’intérêt accordé à la sortie des énergies fossiles était clair. Surtout, lorsqu’on voit les positions qu’il a prises. En effet, selon lui, il n’y aurait pas de preuves scientifiques indiquant qu’une sortie des énergies fossiles permettrait de limiter l’augmentation des températures mondiales à 1,5°C et sans énergies fossiles, on retournerait à l’époque des hommes des « cavernes » [1]. Ce sont ces positions qui sont sorties victorieuses puisque, dans le document consensuel final, il n’est pas question de sortir des énergies fossiles, mais seulement de leur réduction, et de limitation des forages.
Ce n’est qu’un petit pas, rien d’ambitieux ni d’engageant, et c’est bien, là, le résultat des pressions des pays pétroliers sur les négociations pour ne pas cibler les énergies fossiles [2]. Pour ne pas froisser l’industrie pétrolière, les pistes de solutions envisagées résident dans des innovations technologiques qui n’existent pas encore... Le capitalisme vert a de beaux jours devant lui : deux jours après la COP28, Total Énergies a annoncé signer un nouveau permis d’exploration au Suriname pour développer un projet pétrolier produisant 200 000 barils par jours [3].
L’urgence d’un nouveau modèle de société
Par essence, capitalisme et écologie ne fonctionnent pas de paire, la preuve en est avec cette COP qui est celle ayant réuni le plus de lobbyistes des énergies fossiles (six représentants Total Énergies accrédités par la France !). Le capitalisme, c’est la concentration des ressources par une minorité privilégiée, qui cherche à toujours en accumuler plus pour s’enrichir davantage en y implantant des activités industrielles néfastes pour l’environnement.
Il est vital de diffuser massivement un projet de société anticapitaliste où cette minorité ne dicte plus la façon dont les activités économiques, agricoles, énergétiques s’implantent mais les personnes qui vivent et travaillent sur ces terres. Elles seront plus à-même de gérer les ressources pour répondre aux besoins de la société. La lutte pour préserver l’environnement est aussi internationaliste ! Soyons solidaires des peuples qui vivent déforestations et accaparements des ressources au profit d’entreprises occidentales, comme le projet Total en Ouganda dénoncé par de nombreuses associations comme Human Rights Watch.
Elsa (UCL Grenoble)
[1] Carrington, Damian et Stockton, Ben, « Cop28 president says there is ‘no science’ behind demands for phase-out of fossil fuels », The Guardian, 3 décembre 2023.
[2] Le secrétaire général de l’OPEP a demandé à ses membres de pas signer les documents ciblant les énergies fossiles, comme le rappelle Mickaël Correia, « COP28 : un accord en deçà de l’urgence climatique », Mediapart, 13 décembre 2023.
[3] « Crise climatique : TotalEnergies signe un nouveau permis d’exploration offshore au Suriname, deux jours après la fin de la COP28 », France Info, 16 décembre 2023.
Emily Fox likes this.
unioncommunistelibertaire.org/…
Lois racistes : la mobilisation populaire est notre rempart, pas la Constitution 28/01
Ce 25 janvier, le Conseil constitutionnel a censuré 32 des 86 mesures de la loi Darmanin-RN. Tant mieux. Mais il serait extrêmement dangereux de croire qu’un tel « bouclier juridique » peut contenir durablement la furie nationaliste montante. La mobilisation populaire est notre rempart, pas la Constitution.
Tout ceci n’est que manœuvre politique. Il faut se rappeler que le président lui même, dépassé par sa droite, avait saisi en dernier recours le Conseil constitutionnel, afin de se dédouaner d’avoir passé une des pires lois depuis des décennies en terme de répression et de racisme. Le Conseil constitutionnel a donc joué le rôle de garde-fou en retirant le pire de la loi, mais rien n’est terminé. Les motifs de censure par le Conseil reposent sur la forme et non sur le fond. Ils ne sont pas rejetés comme étant non conformes à la Constitution et rien n’empêcherait que ces même mesures d’un racisme hideux ne soient repris dans un autre texte de loi.
Parmi les mesures racistes restantes :
– la déchéance de nationalité pour les Français binationaux coupables de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ;
– la non-délivrance ou le non-renouvellement du titre de séjour en cas de « non respect des principes de la république » ;
– la fin de la collégialité des jugements de demande d’asile ;
– l’exclusion des enfants d’origine étrangère de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) faisant l’objet d’une OQTF à leur majorité.
Cette loi, dans ses différentes versions, marque un tournant certain, de fascisation de notre société, d’un président prêt à inscrire la préférence nationale et la déchéance de nationalité en s’alliant avec le RN, d’une radicalisation du gouvernement vers l’extrême droite et d’un racisme immonde qui se déverse sur les plateaux télé, pour parler d’« antisémitisme couscous », de la manière dont devraient s’habiller les lycéennes, ou encore la justification des morts sous les coups de la police.
L’impunité du policier responsable du viol de Théo s’ajoute au spectacle. Face à cela, la mobilisation politique n’aura pas amené autant de monde qu’impliquerait la gravité de cette loi.
Il est pourtant crucial de ne pas s’installer dans l’idée démobilisante que le Conseil constitutionnel est un « filet de sécurité » qui sera toujours là pour bloquer la dérive autoritaire d’un futur gouvernement nationaliste. Un cadre constitutionnel peut être brisé ; une partie de la police et de l’armée, dont les velléités putschistes sont connues, ne demandent que cela.
La mobilisation populaire, solidaire, massive, est le meilleur rempart pour les en dissuader.
Emily Fox likes this.
unioncommunistelibertaire.org/…
25 novembre 2023 à Paris : La question palestinienne percute le féminisme
Ce 25 novembre, des manifestations se tenaient partout en France contre les violences faites aux femmes, parfois de manière unitaire, et parfois dans un climat de divisions. À Paris, la manifestation a été représentative de ces divisions qui marquent parfois le mouvement féministe, sur lesquelles se sont ajoutées, cette année, des différences d’appréhension de la violences faites aux femmes en Palestine et Israël.
La manifestation parisienne du 25 novembre cette année a été marquée par l’attention particulière portée sur les souffrances subies par les femmes palestiniennes, mais également par des dissensions de plusieurs natures.
Le cortège, massif et regroupant près de 50000 manifestant·es, disposait de 3 pôles : le premier, les organisations et collectifs féministes, était le plus fourni et insistait notamment sur les violences subies par les enfants et adolescent·es trans, le second était en soutien à la Palestine, venu à l’appel d’Urgence Palestine, et le troisième regroupait les syndicats et organisations politiques.
Bien que toutes présentes au sein d’une même manifestation, les différentes organisations ont peiné à travailler de concert en amont. En effet, des divisions entre NousToutes, des syndicats et d’autres associations furent à déplorer, et ont conduit à des appels séparés entre NousToutes et le mouvement syndical. Ce manque d’unification du cortège montre également que le travail de jonction entre le féminisme, l’anti-impérialisme et le soutien à la cause palestinienne reste à faire pour aboutir à un mouvement uni et vigoureux. Ces dissensions, bien que présentes dans plusieurs ville, ne représentent heureusement pas toute la réalité, puisque, dans plusieurs villes, un travail unitaire de long-terme a pu aboutir.
« Féministes à la Hamas »
Par ailleurs, dès le début de la manifestation, des rumeurs, qui se sont avérées fausses, avaient annoncé la venue du groupe fémonationaliste Némésis. Finalement, ce sont 150 personnes qui, à l’initiative du collectif conservateur Nous vivrons, sont venues perturber la manifestation avec des slongans tels que « féminicide de masse, féministes à la Hamas » (au sujet de l’attaque du 7 octobre) et « féministes complices ». Ce collectif se défini comme un collectif citoyen d’action contre l’antisémitisme, il s’agit vraisemblablement d’ancien·nes militant·es de l’UEJF (Union des Étudiants Juifs de France) et de SOS Racisme.
Bien qu’aucun heurt n’ait été à déplorer, ce moment doit être analysé dans le contexte actuel d’une extrême droitisation général des discours. Si les personnes qui y ont pris part ne semblent pas être d’extrême droite, elles ont néanmoins tenté de créer une opposition entre femmes israéliennes et palestiniennes. En instrumentalisant les violences subies par les femmes israéliennes, elles ont affirmé que soutenir les femmes palestiniennes serait faire le jeu du Hamas, empêchant ainsi la convergence entre lutte féministe, lutte anticoloniale et soutien au peuple palestinien.
Cette action, qui a été largement diffusée dans la presse bourgeoise, a justifié un déchaînement de violences sexistes envers les militant·es féministes (cyberharcèlement, menaces…). Pour conclure, cette marche fut un succès par le nombre de personnes présentes, la tentative d’intersection avec le mouvement palestinien et la pertinence des mots d’ordre. Mais nous savons aussi que les luttes antipatriarcales, antiracistes, anti-impérialistes et antifascistes sont liées et nous pensons que ces combats ne pourront être victorieux que par l’existence de cadres unitaires larges et solides.
Des membres de l’UCL Paris Nord-Est
Emily Fox likes this.
#Anarchismus #Kommunismus #antikapitalismus #KlassenKampf #ArbeiterWiderstand #feminismus #IchBinArmutbetroffen
Emily Fox likes this.
unioncommunistelibertaire.org/…
Des solutions radicales pour le monde agricole !
Depuis janvier, le monde agricole est en ébullition. La faute au productivisme, qui a créé un modèle terriblement fragile : solitude, endettement, surconsommation de carburants, d’engrais et de pesticides toujours plus chers… Comme l’épuisement des ressources et le dérèglement climatique font grimper les tarifs, le système craque. Il est temps d’en imaginer un autre.
Les paysans et paysannes nourrissent la société, donc il est évident que la société leur doit une juste et digne rétribution. Il n’y a rien de choquant à ce que de l’argent public alimente un secteur productif vital.
Le problème est qu’aujourd’hui, les subventions de la Politique agricole commune (PAC) sont utilisées pour conformer l’agriculture à un modèle mortifère et sans avenir : investir sans fin (et en vain) dans la mécanisation, les mégabassines, les intrants chimiques, les pesticides, l’agrandissement des structures... Les exploitations les plus vastes sont les plus subventionnées. Les petites et petits paysans sont laissés pour compte.
Le système actuel fonce dans le mur
Des exploitations toujours plus vastes. Entre 1988 et 2020, le nombre d’exploitations agricoles a été divisé par 2,6 ; leur surface a été multipliée par 2,4 [1] ;
Toujours moins de travailleuses et de travailleurs. Si l’on additionne exploitant·es, salarié·es permanent·es et saisonnier·es, leur nombre a été divisé par 2,6 : 2 millions en 1988, contre 759.000 en 2020 [2]. Cela signifie un temps de travail démesuré : 55 heures par semaine en moyenne, les samedis, les dimanches, parfois la nuit [3]..
Une rétribution toujours plus faible. Sur la même période, le revenu net de la branche agricole (RNBA) a globalement baissé de 40% [4], avec des inégalités croissantes : 18% des paysannes et paysans vivent sous le seuil de pauvreté, et jusqu’à 25 % chez les éleveurs bovins, ovins et caprins, et les producteurs de fruits.
Une détresse palpable. Cette logique conduit à l’endettement et à la solitude. En 2020, le risque de suicide chez les agriculteurs-trices était supérieur de 30,9% à celui du reste de la population [5].
Une fuite en avant dans la mécanisation, les intrants chimiques, les pesticides, l’accaparement des semences et de l’eau… En France, 90% des semences sont la propriété de six entreprises. Les volumes d’intrants chimiques continuent d’augmenter chaque année... mais ne parviennent qu’à maintenir le rendement de terres épuisées et stérilisées par cette surenchère.
La fragilité du système, révélée par le dérèglement climatique et la crise énergétique. Le capitalisme épuise les ressources de la planète. La hausse du prix du gaz, du pétrole, de l’électricité, la raréfaction de l’eau, sont structurelles et vont se poursuivre. Le prix des intrants chimiques grimpera en conséquence. Continuer à investir dans des engrais, des pesticides, des mégabassines, s’entêter dans un système sans avenir, c’est condamner les paysannes et paysans à l’étranglement.
Des revendications qui mènent à l’impasse
Revendiquer des subventions ou des détaxes pour pouvoir continuer à acheter du carburant, des engrais et des pesticides, c’est une solution de survie, mais à moyen terme, c’est foncer dans le mur. C’est la logique à laquelle poussent les banques, les semenciers, l’industrie chimique, la FNSEA, la Coordination rurale et l’extrême droite, par soif de profit, démagogie électorale, ou les deux à la fois.
Des revendications qui proposent une autre trajectoire
La Confédération paysanne propose des alternatives : des prix agricoles garantis pour sécuriser les revenus paysans ; l’abrogation des traités de libre-échange, antisociaux et anti-écologiques ; des aides conséquentes pour la transition agroécologique, la priorité à l’installation de jeunes paysans, plutôt que l’agrandissement des structures, l’arrêt de l’artificialisation des terres agricoles, la création d’une « Sécurité sociale de l’alimentation ».
La nécessité d’une transformation anticapitaliste
Mais dans le secteur agricole comme ailleurs, la nécessité est celle d’une sortie du capitalisme.
- comme les autres secteurs économiques vitaux, l’agriculture devrait devenir un service public, fondé sur des normes sanitaires et écologiques qui respecteraient la santé des travailleurs et des consommateurs ;
- toutes les fermes et collectifs de travail volontaires devraient pouvoir s’insérer dans ce service public ;
- le revenu y serait garanti, encourageant l’installation d’agriculteurs et agricultrices, leur accroissement, l’élargissement des collectifs, la réduction du temps de travail ;
- une planification démocratique, selon des échelons territoriaux cohérents, devrait éviter la surproduction ;
- l’importation de produits agricoles devrait être limitée à ce qui ne peut être produit localement.
Il ne s’agirait donc pas de créer des kolkhozes avec un travail caporalisé, mais d’aller vers une socialisation libre et volontaire de l’agriculture, qui corresponde à la fois aux aspirations paysannes à l’autonomie, et aux besoins de la population.
Emily Fox likes this.
Rdv 10h au 93 av de Paris à 500m de la gare RER #MassyPalaiseau
Emily Fox likes this.
à samedi 15h Pl. J. Jaurès #Tours
#FreePalestine
unioncommunistelibertaire.org/?Faut-pas-confondre-sur-le-conflit-Israel-Hamas
Emily Fox likes this.
On se battra jusqu'au retrait : rdv #25janvier 18h Pl. J. Jaures à #Tours
Emily Fox likes this.
youtube.com/watch?v=V94_x1833t…
Emily Fox likes this.
L'#UnionCommunisteLibertaire fait partie des 30 premiers signataires de l'appel à rassemblement à #Montpellier contre le meeting d'#EricZemmour : contre l'#ExtremeDroite, renforçons les contre pouvoirs et construisons l'autodéfense prolétarienne !
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Eric Zemmour, président du parti fasciste Reconquête, condamné plusieurs fois (en particulier pour provocation à la haine raciale, in-
jures publiques à caractères raciste et homophobe...) tient un meeting dans la salle Dieze à Montpellier mardi 23 janvier 2024. Si la réunion publique était maintenue, ce serait une grave première à Montpellier : il est inacceptable qu’un meeting fasciste, durant lequel des torrents de haine raciste vont être déversés, se tienne à Montpellier !
Les organisations signataires appellent à se mobiliser contre ce rassemblement.
Le 22 janvier 2024 à Montpellier
Liste des signataires :
La France Insoumise 34, la Gauche Ecosocialiste 34, le Parti de Gauche 34, Solidaires Étudiant-e-s Montpellier,Union communiste libertaire, Nouveau Parti Anticapitaliste 34, Union Syndicale Solidaires Hérault, Sud éducation 34 (syndicat@sudeducation34.org), Sud santé sociaux, Le Quartier Généreux, Le Massicot Montpellier, RUSF 34, Alternatiba Montpellier, Parti Communiste Français - Fédération de l’Hérault, Mouvement des Jeunes Communistes de France - Fédération de l’Hérault, la Jeune Garde Montpellier, La Carmagnole, Social En Lutte 34, Les écologistes Montpellier, Les jeunes écologistes Languedoc-Roussillon, Les jeunes écologistes Montpellier, Parti socialiste de l’Hérault, Jeunes socialistes de l’Hérault, l’UNEF Montpellier, Humains et Dignes, Ensemble!34, Union Départementale CGT 34, Sébastien Rome Député de l’Hérault, l’Ultraviolette, le GARAM,
Emily Fox likes this.
unioncommunistelibertaire.org/…
Racisme d’État : Restons mobilisé.es contre la loi Darmanin-Le Pen
Après des mois d’un interminable feuilleton dégueulasse dans lequel la droite et l’extrême droite ont joué la surenchère raciste et sécuritaire le vote est enfin advenu. La loi Darmanin-Le Pen a été votée. Les macronistes minoritaires ont cédé sur tous les points : « droit du sol », « préférence nationale », liens entre délinquance et immigration..., tous les marqueurs xénophobes de l’extrême droite sont là, inscrits dans la loi. Sans attendre d’hypothétiques aménagements du Conseil constitutionnel il est urgent de mobiliser notre camp social contre cette loi raciste.
Annoncée par Gérald Darmanin dès la réélection d’Emmanuel Macron en juin 2022, la loi « Pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » votée mardi 19 décembre dernier est un condensé des mesures du programme présidentiel du Rassemblement national : criminalisation et fichage des sans-papiers, systématisation des IRTF (interdiction à résider sur le territoire français) pour les victimes d’OQTF (obligation à quitter le territoire français), expulsion des demandeurs et demandeuses d’asile débouté·es en première instance, restriction du regroupement familial et de l’accès à l’asile…
Avec en prime l’introduction de la « préférence nationale », mesure xénophobe qui renvoie au titre d’un ouvrage publié en 1985 par Jean-Yves Le Gallou, l’un des penseurs de l’extrême droite contemporaine : La Préférence nationale. Réponse à l’immigration. Tout un programme ! Ce slogan a depuis été repris par le FN/RN, décliné en « Les Français d’abord » dans le FN de Jean-Marie Le Pen et en « Priorité national » parmi les 22 mesures phares du programme de Marine Le Pen pour l’élection présidentielle 2022.
En 1998, Catherine Megret , alors maire de Vitrolles, avait instauré une allocation de naissance allouée aux enfants « de parents français ou ressortissants de l’Union européenne ». Mesure pour laquelle elle avait alors été condamnée en justice… mais 1998 c’est loin !
Réélu pour faire barrage au Rassemblement national, Emmanuel Macron s’est évertué depuis à mettre à coup de barre à droite toute aussi bien en politique intérieure : réforme des retraites, réforme du RSA et, aujourd’hui, loi sur l’immigration qui font la joie d’une droite et d’une extrême droite qui pourraient lui intenter un procès pour plagiat ; qu’en politique extérieure ; en s’alliant avec le réactionnaire Victor Orban pour imposer le nucléaire dans le mix énergétique vert de l’Europe ou bien encore en se faisant l’allié acritique de Benjamin Nétanyahou dans sa guerre contre le peuple palestinien.
Du vote barrage à l’adhésion totale
Si nous n’avions pas d’illusion sur le positionnement politique antisocial d’Emmanuel Macron, force est de constater que la lepénisation des esprits est aujourd’hui très largement répandue à tous les échelons politiques et médiatiques, les digues ont été rompues. Ce que les élu·es RN ne parviennent même plus à cacher.
Mardi 19 décembre après le vote de la loi par le Sénat, Marine Le Pen se félicitait d’une « victoire idéologique » du RN, tandis que le lendemain, dans les colonnes du Figaro un député RN ironisait : « Comment vont-ils nous diaboliser en 2027 à l’entre-deux tours, s’ils reprennent la priorité nationale ? Le barrage républicain a sauté deux fois : quand LR a repris la priorité nationale, et quand la macronie l’a aussi fait. »
À l’extrême droite toute
Bien qu’un Zemmour se croit obligé de faire dans la surenchère en déclarant mercredi 20 décembre dans Le Figaro : « La loi immigration, pire que rien ! », certains ne s’y trompent pas à l’image de Santiago Abascal, leader du parti d’extrême droite Vox, qui le même jour déclarait au Parlement espagnol : « Hier la France a approuvé une loi migratoire véritablement restrictive [...] vous pourriez apprendre de certains de ceux qui prétendent être vos amis ».
Les digues, si tant est qu’elles ait été un jour véritablement solides, sont aujourd’hui rompues. La macronie s’est révélée telle qu’elle est, un libéralisme autoritaire, prêt à touts les compromissions avec l’extrême droite pour rester aux commandes et imposer son programme antisocial.
Face à cela un début de sursaut semble s’amorcer. Jeudi 21 décembre une déclaration intersyndicale CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires et UNSA condamnait le texte de loi. Des grèves spontanées dans des lycées et des universités s’organisaient. Dans ce contexte il est plus qu’impérieux que le mouvement social se regroupe et s’organise pour mener le combat sur notre terrain, le terrain social. Cette loi, créée de toute mesure pour servir les intérêts des capitalistes, doit être combattue avec toutes les armes dont nous disposons. Seules l’unité et la radicalité des moyens d’actions permettra de nous faire entendre. Face à la brutalité des attaques du patronat et de l’extrême droite nous devons opposer un front uni du mouvement social.
David (UCL Savoies)
Emily Fox likes this.